A cette date-là où il a été vu pour la dernière fois, Eric Golf a été embarqué par deux hommes non identifiés et conduit vers une destination inconnue. Le reporter en provenance de la France se trouvait à l’hôtel Safana au quartier Village à Douala au moment des faits. Il venait de terminer son confinement, relativement aux mesures de prévention adoptées par le gouvernement pour faire face à la pandémie du Coronavirus

D’autres journalistes à travers le pays ont également arboré le bandeau noir, pour exiger la libération de leur confrère. Cette action fait suite à une sortie du Snjc au lendemain de la disparition d’Eric Golf. Dans un communiqué, le syndicat a condamné « l’enlèvement » et la « séquestration arbitraire >> du journaliste.

Ledit communiqué annonçait un mot d’ordre pour lundi 06 avril, si Eric Golf n’était pas libéré. Le jour-dit, le Snjc a appelé les journalistes de Canal 2 International à suspendre toute activité rédactionnelle pour la journée du lundi 06 avril. En signe de solidarité, le syndicat a en outre demandé aux membres de ne couvrir aucune activité gouvernementale lundi et d’arborer un bandeau noir dans la journée du mardi 07 avril.

Dans un message ventilé sur la toile lundi et signé du Président directeur général (Pdg) de Canal 2 International, Emmanuel Cha-tué indique que « contrairement à ce qui se dit notamment sur les réseaux sociaux, notre collaborateur Eric Golf Kouatchou n’a pas été enlevé. Il a été convoqué par les autorités de sécurité jeudi 02 avril dernier à son hôtel à la fin de sa mise en quarantaine pour être auditionné sur certains faits l’impliquant en France en sa qualité de correspondant de Canal2 International (…) ».

Le Pdg fait savoir que depuis la première interpellation d’Eric Golf le 30 mars, Canal 2 est en contact avec lui, ainsi qu’avec les autorités en charge du dossier. Emmanuel Chatué ne fait pas mention de l’endroit où se trouve son employé.

Jusque dimanche soir, plusieurs collègues du journaliste à Douala et des membres de sa famille à Bafoussam assuraient n’avoir aucune information. Joints par Le Joue, des collègues ont indiqué que des recherches avaient été effectués dans des services de sécurité à Douala, en vain.

« Le communiqué de Canal 2 International est un tissu de contrevérités inspiré par la peur et l’insouciance. Le Bureau exécutif national (Ben) va s’occuper des camarades de Canal 2 qui ont bravé les mots d’ordre. D’autres actions vont être annoncées dans les prochaines heures », a martelé Denis Nkwebo, le président national du Snjc.