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Cameroun>Port obligatoire du masque: Le gouvernement aboie, la caravane passe, le virus dense

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Alors que le ministre français de la Santé a assorti le non-port du masque d’une amende de 135 euros soit 87 750 Fcfa, les décisions du gouvernement camerounais en la matière ne sont ni appliquées, ni sanctionnées, alors que le nombre de cas des personnes infectées au coronavirus est galopant.

C’est officiel ! Depuis le 20 juillet dernier, le port du masque est obligatoire en France. Dans les espaces publics clos,  les personnes ne respectant pas cette obligation pourront se voir infliger une amende de 135 euros, -soit 87 750 Fcfa-, la même que celle appliquée dans les transports publics, a indiqué le ministère de la Santé, Olivier Véran,  à Franceinfo, le 19 juillet dernier. Alors que le président de la République française projetait l’entrée en vigueur de cette décision pour le 1er août prochain, Olivier Véran a dû rapprocher la date pour éviter une flambée de cas de coronavirus et surtout une nouvelle vague de l’épidémie.Donc depuis lundi et ce, jusqu’à nouvel ordre, le masque sera indispensable dans les cinémas, musées, restaurants, gares, bibliothèques, les commerces, les administrations, les banques et les marchés couverts.

Mais une mesure comme celle qu’a prise le gouvernement français tarde encore à être réprimée au Cameroun. Car bien que le Premier ministre, Joseph Dion Gute, a recommandé le port obligatoire du masque et généralisé dans tous les espaces publics à partir du 13 avril dernier, il n’en est rien jusqu’à ce jour. Le constat fait par les autorités administratives, a amené plusieurs d’entre elles à passer à une vitesse supérieure –la phase répressive- mais cela n’a été que pour une courte durée lorsqu’elle n’a tout simplement pas été effective sur le terrain. L’on se souvient dans ce registre que pour veiller au respect scrupuleux de ces mesures, le préfet du département du Mfoundi, Jean Clause Tsila a annoncé le 12 mai dernier, le renforcement des contrôles sur l’ensemble de sa circonscription administrative.

Amendes pécuniaires

Cette action qui devait se faire sous la houlette des sous-préfets et des forces de maintien de l’ordre à partir du 14 mai 2020, n’est rien d’autre qu’un mort-né. Pourtant le chef du département du Mfoundi indiquait clairement que les contrevenants « s’exposent à des sanctions » et à ce sujet,« les habitants de la cité capitale réfractaires au port systématique du masque dans les lieux publics, seront interpellés et remis en liberté après avoir arboré le masque ». Comme lui, le ministre de la Décentralisation et du développement local (Minddevel), Georges Elanga Obam, a fait un rétropédalage spectaculaire sur la question. Le 13 mai 2020, le Minddevel a adressé un message-fax aux préfets pour répercussion au niveau des maires, afin que ces derniers prennent des dispositions pour infliger des amendes pécuniaires, comprises entre 500 et 2000 Fcfa, aux personnes n’arborant pas les maques dans les lieux publics. Une mesure, a-t-il précisé, qui devait être votée en urgence par délibération du conseil municipal.

Mesures barrières

Mais le 14 mai 2020, soit un jour après sa décision, il a une fois de plus saisi les préfets dans un message faxé pour leur demander de surseoir à cette initiative qui visait préalablement les populations des municipalités, sous réserve de nouvelles instructions sans préciser les motivations de ce rétropédalage. Au moment où le Cameroun a franchi la barre de 15 000 cas de personnes infectées au coronavirus, le gouvernement devrait normalement contraindre les populations à arborer les masques dans les espaces ouverts au public. Car comme l’a indiqué le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, le 21 juillet dernier, « la pandémie n’est pas fini donc si nous voulons rapidement finir avec elle, nous devons renforcer l’observance des mesures barrières ; nous devons porter systématiquement nos masques lorsque nous sortons dans les espaces publics ». L’on se demande donc à quoi servent les forces de maintien de l’ordre en pareille circonstance.

Rostand Tchami


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