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Cameroun > Sdf: Ni John Fru Ndi à pile ou face

Les décisions prises par la Chairman du social democratic front (Sdf) le 7 juin 2022 n’ont pas fini de déchaîner une avalanche des réactions qui le désavouent toujours un peu plus dans les rangs de sa famille politique.

Par panorama
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Par Léopold DASSI NDJIDJOU 

Quelle légitimité détient encore Ni John Fru Ndi à la tête de son parti ? Une question rhétorique qui a le mérite de mettre à nu tout le dilemme que traverse le leader charismatique du Sdf connu au début des années 1990. En décidant de se retirer à la fin de son actuel bail à la tête du parti à la balance, l’enfant terrible du Nord-Ouest a ouvert la boîte de pandore où sommeillaient toutes les ambitions politiques de ses lieutenants.

Au moment où les différents acteurs comptent les jours pour le remplacer au prochain congrès du parti l’année prochaine, voici que le Chairman a surpris tout le monde en prenant des décisions comprises comme une détermination délibérée d’œuvrer pour faciliter la succession à un de ses plus proches collaborateurs à la tête du parti, en l’occurrence Joshua Osih.

Mal lui en a pris certainement à en juger par la dimension des vagues suscitées par cette prétendue initiative. A titre individuel et collectif, les réactions fusent de toutes parts, au point où l’opinion se demande si le patron, à défaut de faire marche arrière, ne risque pas de perdre totalement le contrôle de son parti s’il prenait encore la moindre initiative. Tout se passe un peu comme dans un jeu de roulotte russe, où le joueur pose lui-même le pistolet sur sa tempe, appuie sur la gâchette, avec l’espoir que l’unique balle ne partira pas.

A examiner ce qui se passe, l’homme est presque dans l’impasse, car non seulement il est contesté dans les rangs mais aussi et surtout les hommes qui ont bénéficié de sa confiance le lâchent. C’est le cas d’Agbor Balla qui a défrayé la chronique en déclinant l’offre de sa nomination au Nec. C’est à se demander si le Chairman ne l’avait pas consulté. C’est une sorte de poignard administré en plein dos. Et ce n’est pas un cas isolé en l’espèce. Le Chairman est désormais à pile ou face.

Alors qu’il avait décidé par exemple de relever le Secrétaire général du parti de ses fonctions et de le nommer au Shadow cabinet au poste de ministre de l’Agriculture et du développement rural, Jean Tsomelou, tout en le remerciant pour la confiance placée sur sa personne, a refusé ouvertement le poste dans une lettre qui a fait des vagues sur les réseaux sociaux et les choux gras des médias. Que dire de Jean Robert Wanko qui a donné sa démission le 23 juin dernier à travers une lettre écrite, lui le président régional du Sdf en Allemagne.

Jean Robert Wafo, le ministre de la Communication et des médias du Shadow cabinet, remplacé, n’avait pas déjà manqué de réagir pour donner l’alerte à la tempête dévastatrice qui allait souffler sur le parti avec les décisions de son président.

« Il me semble important de noter que les mouvements de ce jour font courir au parti un risque de rupture brutale mais irrémédiables avec les idéaux de ses pères fondateurs »,

avait-il prévenu et mis en garde.

Le plus grand mal assené à Ni John Fru Ndi et les siens est venu de la réunion des grands cadres du Sdf, tenue le 22 juin dernier à Mbouda où ils demandaient à leur leader de respecter les textes du parti, pour ne pas dire de revenir sur sa décision. John Fru Ndi est désormais dos au mur. S’il révise sa décision qui est elle-même déjà remise en cause par les bénéficiaires, il perdrait à coup sûr la face une fois pour toujours et quitterait la tête du parti par une très petite porte.

Par contre, s’il s’entête à ne pas agir dans le sens demandé par ses camarades, le parti risque de lui imploser entre les mains, sans qu’il ne sache plus trop bien où se situer. En observant la liste de Mbouda, on voit très bien que la désertion des lieutenants du Chairman à défaut d’être total, est impressionnante. Va-t-il saisir la balle au bond, sauver sa propre face devant l’histoire en laissant aux deux factions ouvertes de son parti d’en découdre ?

Il est acquis que désormais toute action de sa part résonne comme le cliquetis sur la gâchette d’un fusil qui met la balle en place. Silence, à pile ou face, l’aggiornamento du parti fera des victimes, en commençant peut-être par la tête.

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