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Afrique - Afrique - 5 janvier 2022

Cameroun / Dossier Opération épervier 20 ans après > Objectifs: A quoi sert le Programme national de gouvernance

A sa création en 1995, le Programme national de gouvernance a pour mission de favoriser des réformes visant à faciliter la mise en place d’un environnement favorable à l’activité économique.

Par J.O.N

C’est dans ce sillage naissent le Comité interministériel élargi au secteur privé ; le Conseil de régulation de la compétitivité ; le Comité de compétitivité ainsi que le Conseil du partenariat industriel. Des plateformes dont il faut user pour se souvenir de leur existence.

De même qu’il faut interroger la mémoire profonde pour se rappeler de l’efficacité des reformes annoncée à certaines époques. Sans exhaustive, la réforme de l’administration publique, le nouveau statut de la fonction publique qui annonce la déconcentration de la gestion des effectifs de la fonction publique et la formalisation des procédures de décentralisation paraît aux oubliettes.

De même que l’on interroge la nécessité de mettre en place la loi d’orientation générale et celle sur les communes et régions sans que leur application ne soit à l’ordre du jour. Idem de la reforme de la justice, de l’application réelle du nouveau code de procédure pénale ; de l’efficacité de la loi sur l’organisation de la Chambre des comptes et l’audit du système judiciaire. Entre autres.

Virage

L’affaire «Albatros» en question
Les collusions autour des détournements liés à l’achat de l’avion destiné au président de la République révèlent l’ampleur du mal dans les sphères proches du pouvoir.

On l’aurait volontiers «Biya FlyGate», mais il ne faut pas manquer de respect à l’ingéniosité des camerounais, comme on le dit chez nous. Ils ont décidé de l’appeler «l’Affaire Albatros». Nom d’un grand oiseau palmipède que l’on retrouve dans les mers australes et au nord du Pacifique. Seulement, c’est une histoire camerounaise. Une histoire qui vient conforter cette opinion qui pense que la pandémie que constituent les détournements des deniers publics au Cameroun est bien entretenue dans les hautes sphères de l’administration camerounaise.

Une affaire qui tend aussi à asseoir, chez les pourfendeurs de l’opération d’assainissement de la gouvernance publique lancée par Paul Biya que cette opération présente des failles. C’est l’histoire d’un détournement de fonds alloués à l’achat d’un avion promis au déplacement du président de la République. Certainement le dossier ayant le plus de ramification dans l’histoire de l’Opération épervier. Autant le souligner, l’initiative d’acheter cet avion intervient alors que le gouvernement camerounais a signé des engagements lui interdisant d’engager des dépenses «somptueuses».

Hauts fonctionnaires

Le premier épisode de cette affaire concerne une somme polémiquée de 29 millions de Dollars. Elle met principalement en scène l’ancien ministre Secrétaire général de la présidence de la République, Jean Marie Atangana Mebara et l’ancien directeur général adjoint d’Aircraft portfolio management (Apm), Hubert Patrick Otele Essomba.

L’accusation contre les deux hommes ainsi que leurs complices porte sur le motif de tentative de détournement de deniers publics en coaction. Lors des différentes audiences qui se tiennent au Tribunal de grande instance du Mfoundi, il est reproché aux accusés d’avoir tenté d’obtenir «frauduleusement», la somme de 29 millions de Dollars appartenant à l’Etat du Cameroun et versé à Gia international Inc corporation, une société de crédit bail servant d’intermédiaire entre l’Etat du Cameroun et la compagnie Boeing. Une transaction ouverte entre 2001 et 2004 pour l’achat d’un BBJ-2.

Dans le même temps, il est reproché à l’ancien Sgpr et ses complices d’avoir «abusivement» rompu un contrat conclu entre la compagnie Cameroon airlines (Camair), présenté comme acquéreur de l’avion, et Gia. Tentative de détournement qui s’explique par le mandat donnée à Apm pour recouvrer l’argent versé pour cet achat. Un recouvrement qui aurait pu s’effectué n’eût été l’insolvabilité de Gia. Une affaire mêlant de hauts fonctionnaires camerounais à des sociétés écran à travers le monde.

Snh et Standard chartered bank

La deuxième phase de cette affaire, lors des débats, se rapporte à une autre tentative de détournement de deniers appartenant à l’Etat du Cameroun. Elle implique une fois de plus l’ancien secrétaire général de la présidence de la République et de nombreux autres personnalités de la République.

Après l’échec du recouvrement confié à Apm auprès de Gia, le consortium de hauts commis de l’Etat (selon des sources, nombreux sont en liberté) décide de s’approprier les 29 millions de Dollars auprès de la Société nationale des hydrocarbures (Snh) en charge du déblocage des fonds.

Une chaîne est mise en place au sein de la haute administration dans l’optique de faire virer cette somme à la Standard chartered bank à New York. La stratégie consiste alors de faire croire que cette somme sert au remboursement du paiement par cette banque des créances que la Camair doit à la Société Ansett Worldwide aviation services (Awas). Le virement n’aura pas lieu faute de production des justificatifs à la Snh par les commanditaires.

Camair

Outre l’ancien Sgpr de la présidence de la République et le directeur général adjoint d’Apm, le troisième épisode de l’affaire dite Albatros met en scène de nouveaux personnages. Les faits énoncés en audience et jamais mis en cause par les accusés indiquent les susnommés ainsi que l’ancien secrétaire général adjoint de la présidence de la République, Ephraïm Inoni et le directeur général d’Aircraft portfolio management, Joseph Walls (de nationalité britannique) ont obtenu un million de Francs Cfa appartenant au Cameroun dans l’optique de payer un loyer imaginaire dû à Ansett Worlwide. Une somme virée sur ordre de l’ancien Sgpr à Apm, avec la complicité de nombreux hauts fonctionnaires en poste.

Une affaire qui se complique lorsque les enquêteurs découvrent ladite transaction n’apparaît pas dans la comptabilité de la Camair. Une affaire dans laquelle apparaît le nom de l’ancien administrateur-directeur général de la Camair, Yves Michel Fotso accusé d’avoir joué un rôle déterminant dans l’affaire à chapelet qu’est l’achat du BBj-2 et ses ramifications. Idem de Marafa Hamidou Yaya, autre ancien Secrétaire général de la présidence de la République, réputés proches l’un de l’autre.

Connexions maffieuses au sommet

Comme dans toutes les autres affaires liées à l’achat de l’avion présidentiel, la justice s’est penchée sur le cas des principaux acteurs. Des sources proches des différents dossiers de l’affaire Albatros confessent aujourd’hui avoir réduit la chaîne. Reste que l’histoire révèle l’implication de l’ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis, Jérôme Mendouga (à l’époque des faits) impliqué dans une affaire de détournement de la somme de 720 millions de Francs Cfa en complicité avec l’ancien Sgpr, Jean Marie Atangana Mebara.

Une somme partagée entre les deux hommes et leurs multiples complices dans la machine gouvernementale. De même que les sources proches de l’enquête et de la justice soulignent que ce fut le cas dans l’affaire du détournement de la somme de 657 millions représentant le différentiel du montant de 4 milliards que l’ancien Sgpr avait fait viré par la Snh.

Un feuilleton qui présente la face désormais connu de nombreux hauts commis de l’Etat, souvent très proches du président de la République dans l’habitude de détournement des deniers publics. Une affaire qui met également en lumière la difficulté de la justice à faire rendre gorge à la chaîne de complices qui étend souvent ses ramifications jusqu’à des strates insoupçonnées.

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