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Cameroun > Droits d’auteur: Dernières volontés de Willy Mendo

Suite à la première phase Les dernières volontés de Willy Mendo l'apurement des arriérés dus au droit d'auteur et droits voisins, laquelle s'est évaluée à 340 millions de Fcfa, un artiste-musicien camerounais est monté au créneau pour fustiger les montants dérisoires octroyés à ses pairs, ainsi qu'à lui-même.

Par panorama
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Par Serge Aimé Bikoi

Willy Mendo, auteur-compositeur, auteur du titre à succès c “Lions indomptables”, aujourd’hui atteint d’un double cancer, sort de l’ornière et exprime ses récriminations à l’opinion publique nationale et internationale. Dans un voice note qu’il a fait circuler sur la messagerie instantanée “WhatsApp”, W. Mendo, en s’adressant à ses collègues, délie sa langue et pourfend les membres de la commission de recouvrement desdits arriérés, au rang desquels figurent, entre autres, l’ancien président du conseil d’administration de la Cmc (Cameroon music corporation), Sam Mbende, Joseph Angoula Angoula, l’ex-Directeur général de cet organisme de gestion collective de droit d’auteur. Selon W. Mendo, ces deux figures de proue sont des cerveaux de la mise en forme de cet apurement que les artistes nomment prosaïquement une forme de répartition des arriérés qui leur sont dus depuis 2005. Mais derrière cet écran de fumée lié à cet apurement, se cache, dit-il, “une manœuvre de dilapidation des fonds dont certains praticiens de l’art musical éclairés et éveillés se rendent compte deux semaines après la première phase”. Voici la transcription intégrale du cri de cœur de W. Mendo!

“Je suis votre collègue, l’artiste, Willy Mendo. Chers collègues, je vous prie d’écouter ce voice jusqu’à la fin. Votre collègue, W. Mendo, que je suis, est très malade. J’ai un double cancer. Et cela fait exactement trois mois et trois semaines que je suis hospitalisé au centre hospitalier de Bligny dans la région parisienne. Je suis en train de faire des chimiothérapies par rapport à mes deux cancers.

Chers collègues, si je fais ce voice aujourd’hui, c’est pour vous dire que parmi nous, il y a des gens qui ont la pierre à la place du cœur. Il y a des collègues qui ont la pierre à la place du cœur. Il y a le partage d’argent parce que je ne vais pas appeler ça répartition qui est en train de se faire au Cameroun et le patron de ce partage, c’est un collègue, Sam Mbende. Et l’exécutant de ce partage s’appelle
Monsieur Angoula Angoula. La liste des artistes sélectionnée par ces deux personnes est une liste catastrophique, car l’on parle des arriérés de 2005 à 2009 de la Cmc et de la Socam. Quand vous choisissez 600 artistes, le reste des artistes, vous les mettez où ? Les critères de sélection sont lesquels ? Chers collègues, ça c’est une parenthèse. Le nom de Willy Mendo ne figure pas dans cette fameuse liste de partage d’argent. Et je voudrais poser la question à ces deux messieurs. Messieurs, les critères de sélection des gens(artistes) qui ont droit au partage de l’argent sont lesquels, car s’il s’agit d’être ancien sociétaire honoraire, je le suis. S’il s’agit des œuvres qui passent à la Crtv dans les radios, dans les bars, j’ai une œuvre qui est intemporelle, qui s’appelle “Lions indomptables”, qui que ce soit dans les fêtes des Brasseries, des sociétés et des radios, à tout moment que les lions indomptables sont en compétition, ce morceau est diffusé. Alors, c’est un miracle que mon nom ne se retrouve pas dans cette fameuse liste de partage d’argent.

Angoula Angoula a demandé à Willy Mendo de faire une requête. La question que je voudrais poser à Angoula Angoula est: Monsieur Angoula Angoula, nous sommes arrivés en France au même moment. Nous sommes des frères, nous avons mangé ensemble dans les mêmes maisons. Nos femmes nous ont préparé à manger. Tu sais qui est Willy Mendo. Quand tu demandes à Willy Mendo de faire la requête, c’est comme si tu demandais à un novice qui vient d’arriver et dont on ne connaît pas les œuvres de faire une requête. Si vous vous êtes rendu compte que le nom de Willy Mendo ne figurait pas dans vos listes, il suffisait de l’ajouter tout simplement puisque tout le monde sait que Willy Mendo passe dans les radios, dans les cérémonies qui concernent les lions indomptables au Cameroun. Là c’était, juste, une petite parenthèse. Donc j’ai eu personnellement Angoula Angoula au téléphone et Sam Mbende. Ils ont dit: “Willy Mendo, ton nom n’est pas sur la liste des gens qui doivent percevoir cet argent, mais puisque tu es malade, tu es hospitalisé, on va te donner une aide sociale”. J’ai dit : “Ok, j’attends”. Et quelques jours plus tard, M. Angoula me dit qu’ils ont décidé, avec son président, de m’octroyer une somme de 250.000 Fcfa. Je dis bien 250.000 Fcfa. Une somme dérisoire, qui fait environ 300 et poussière d’euros ici en France. J’ai dit Ok j’ai voulu refuser, mais tout de suite, un sixième sens m’a dit: Mendo, c’est pas déjà leur argent. Prends déjà ce qu’il te donne et ça te servira, dans les jours à venir, de preuve de ce que les gens, qui sont en train de partager cet argent, n’ont pas de cœur, car je suis votre collègue. Peut-être que ça sera mon dernier message, parce que avoir deux cancers, mes collègues, c’est pas une chose facile. Si j’étais au Cameroun, je serais parti depuis la nuit des temps. Je suis encore en vie parce que je suis dans un pays développé, où la médecine est très avancée et les médecins surveillent ma santé de jour comme de nuit. Et c’est pour cette raison que je suis à l’hôpital depuis plus de trois mois. Je ne suis pas allé chez moi. Et quand vous avez un collègue qui est malade, qui a une pathologie chronique, vous venez en aide sociale à ce collègue pendant que vous avez recouvré un milliard 200 millions de Fcfa, c’est 250.000 Fcfa que vous jugez bon de donner à ce collègue. Je dis bien 250.000 sur un milliard 200 millions de Fcfa. Il faut donc comprendre le degré, je dis bien le degré… Les mots me manquent de qualifier cette attitude me manquent. Ce n’est même pas un manque de respect. C’est un manque d’humanisme, car je suis dans une situation de vulnérabilité. Je suis vulnérable à l’heure où je vous parle.

Je ne sais pas combien de temps il me reste à vivre ici sur terre par rapport à ma pathologie. C’est une façon de se moquer de moi, de dire Ah Willy Mendo, c’est qui? On s’en fout. Donnez-lui ces miettes-là ! Alors que ces deux messieurs savent que Willy Mendo, dans la vie sociale, pèse. Je n’ai vraiment pas besoin de 250.000 Fcfa parce que 250.000 n’augmente rien et n’enlève rien dans ce que j’ai. Je suis père de douze enfants. J’ai préparé ma petite vie pour être à l’abri de certaines choses. Mais quand on se trouve dans ma situation, et que l’on subit ce manque de respect et cette humiliation vis-à-vis de ses collègues, qui connaissent la valeur de l’homme, c’est tout simplement regrettable. C’est pour cela que je tenais à faire à ce voice pour dire aux collègues d’être unis, que l’argent du droit d’auteur, c’est pas l’argent d’une famille. C’est l’argent des ayant-droits. Ces arriérés, ces recouvrements que vous faites, appartiennent à tous les artistes. Je dis bien à tous les ayant-droits. Et vous n’avez pas d’éléments de contrôle pour faire une répartition. J’aurais appris que Sam Mbende était expert en droit d’auteur. Monsieur l’expert, est-ce une répartition que vous êtes en train de faire ou un partage d’argent à têtes chercheuses ? Je suis très déçu par votre attitude. Je suis très déçu par votre façon que vous faites à la considération de vos collègues. Je suis la personne qui soutiens mes collègues quand ils en ont besoin. Ça c’est des sommes que je donne à certains quand ils m’appellent qu’ils ont des problèmes, de simples petits problèmes, pas de maladie. Mais quand vous avez recouvré un milliard 200 millions de Fcfa, et que votre collègue est au chemin de la mort, c’est 250.000 que vous envoyez à ce collègue. Vous n’avez pas de cœur. Vous avez la pierre à la place du cœur. Mais j’ai fait des requêtes au niveau de la présidence de la République pour que l’on m’explique exactement pourquoi je n’ai pas droit à cet argent, car au Cameroun, il y a encore, quand même, une haute autorité capable de nous délivrer de ces mains des hommes qui n’ont ni cœur, ni compassion pour ceux qui souffrent.

Cet argent aurait pu servir, aider des milliers d’artistes qui ont des enfants qui doivent aller à l’école. Si chaque artiste pouvait, au moins, les derniers, avoir 100.000 Fcfa avec cette grosse somme que vous êtes en train de partager à têtes chercheuses, ça allait régler la plupart des problèmes de ceux qui n’en ont rien. Chers collègues, une petite question : Cet argent est-il l’argent de vos parents ou l’argent qui appartient aux artistes, aux ayant-droits ? Je voulais donc faire ce petit voice pour faire comprendre aux gens qui jubilent, qui envoient des messages d’encouragement, qui prennent ces personnes comme des dieux vivants, qui nous disent que cette fois-ci, il y a eu beaucoup d’argent pour faire des répartitions, mais pas de répartitions pour faire le partage entre amis. Et que nous avons quelqu’un qui se dit expert en droit d’auteur à la tête de ce partage. Chers collègues, ces deux messieurs ont des nationalités étrangères. Et demain, puisque ce problème est en train d’aller très loin à la justice, ces personnes sont prêtes à quitter le Cameroun et à nous laisser dans la merde après avoir pillé l’argent qui revenait aux artistes. Moi j’ai pris la résolution de porter plainte, car je suis un ayant-droit. J’ai toutes les preuves qui démontrent que je suis un artiste qui a et qui fait partie de ceux qui doivent bénéficier de ces répartitions au cours des années citées.

Je suis Willy Mendo. Je ne sais pas si demain, nous allons encore nous rencontrer, car ma vie, actuellement, dépend du Très haut seigneur. J’ai des pathologies chroniques qui ne se soignent pas intégralement de nos jours. Seul le seigneur est la force que j’ai et le courage aussi que j’ai pour affronter et lutter contre cette maladie vont me sauver. Et s’il arrive que je parte, puisque c’est le chemin de tout le monde, la seule chose que l’on ne puisse pas éviter ici sur terre, c’est la mort. Le jour de la naissance, la seule chose qui nous attend et que l’on ne peut pas éviter, c’est la mort. S’il arrive que je parte, accompagnez Willy Mendo avec la musique, pas avec les pleurs dans la joie et dans la gaité. Chers collègues, c’est avec beaucoup de peine dans mon lit d’hôpital au Centre hospitalier de Bligny que je vous fais ce voice. Je n’ai pas voulu vous ameuter durant ces trois mois que je passe à l’hôpital, mais j’ai été obligé de faire ce voice par rapport à ces deux personnes qui n’ont pas de considération pour leurs collègues qui sont dans des états de vulnérabilité. Merci ! J’espère que Dieu va me permettre et va me donner la force de vous revoir. Merci !
Voice de 18 minutes 55 secondes de Willy Mendo très souffrant dans un lit d’hôpital.

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