Par Christopher Dumfries
Le ministre sud-africain des Relations internationales, Ronald Lamola, a estimé que la question ne devait pas être abordée uniquement sous l’angle de l’immigration en Afrique du Sud. Selon lui, les États africains doivent s’attaquer aux causes profondes des migrations irrégulières, notamment la pauvreté, les conflits armés, le chômage et les effets du changement climatique.
D’après les autorités sud-africaines, au moins 68 000 personnes ont été rapatriées ou expulsées entre juin et juillet, principalement vers le Zimbabwe, le Mozambique et le Malawi. Le gouvernement n’a toutefois pas précisé combien de ces retours étaient volontaires et combien relevaient de procédures d’expulsion.
La question devrait figurer à l’ordre du jour du prochain sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Durban. Le Ghana avait auparavant demandé que l’Union africaine débatte spécifiquement des violences visant les migrants africains en Afrique du Sud. Pretoria s’y est opposée, plaidant plutôt pour une conférence continentale portant sur l’ensemble des enjeux migratoires.
Cette nouvelle poussée de tensions ravive le débat sur la politique migratoire sud-africaine. Si plusieurs responsables réclament une application plus stricte des lois sur l’immigration, ils soulignent également que le statut irrégulier des migrants ne peut en aucun cas justifier les violences, les agressions ou les actes de discrimination dont ils sont victimes.
L’Afrique du Sud accueille l’une des plus importantes populations migrantes du continent. Ces dernières années, les difficultés économiques, le chômage élevé et les inégalités ont favorisé une recrudescence des discours anti-immigration et des épisodes de violences xénophobes contre des ressortissants africains installés dans le pays.

https://shorturl.fm/HKfvr