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Afrique - 22 août 2021

Afghanistan > Chute de Kaboul: Le printemps du terrorisme en Afrique?

En moins d’une semaine après la prise du pouvoir afghan par les Talibans, les djihadistes reprennent le poil de la bête en Afrique. 

La zone des Trois Frontières est l’épicentre de cette donne. Située aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, c’est le théâtre de prédilection du terrorisme ouest africain dans le Sahel. Depuis la chute de Kaboul, cette zone s’active particulièrement comme si elle voulait donner des signaux au nouveau pouvoir taliban. Or, c’est connu, les Talibans, jadis alliés de Oussama Ben Laden, sont aujourd’hui foncièrement opposés à ses fanatiques.

Si tel n’est pas le cas, qu’est-ce qui peut expliquer ce regain d’activisme terroriste dans cette zone où les entrepreneurs du mal s’infiltrent et s’exfiltrent avec aisance à travers les frontières des trois pays? Les Djihadistes veulent-ils créer un État islamiste dans cette zone? Où mieux, veulent-ils donner des signaux aux Talibans après l’effondrement quasi constaté de l’État islamique?

De toute évidence, les faits d’actualité sont là pour interpeller la conscience de tous les stratèges et politiques des États. Ce samedi 21 août 2021, une attaque djihadiste dans une mosquée se solde avec 19 morts et 2 blessés à l’ouest du Niger. Bien avant, le 16 août, toujours dans même zone des Trois frontières, à l’ouest du Niger, précisément à Daney- Date, près de la frontière malienne, les hommes armés à moto ont tiré sur les habitants dans un village, tuant 37 civils.

Le 18 août, juste 48 heures après ce carnage, à Gorgadji, toujours  dans la zone des Trois frontières, cette fois au Burkina Faso, une attaque djihadiste fait 80 morts. Un convoi militaire qui escortait des civils dans le nord du pays, est la cible de ces fous de Dieu. L’autre élément et non des moindres qui incite davantage à s’interroger, est la décision annoncée ce samedi 21 août 2021du retrait par le Tchad, de ses 600 hommes déployés dans la zone des Trois frontières.

Abderrahman Koulamallah, le porte-parole du gouvernement tchadien a parlé d’un retrait concerté, pour un redéploiement stratégique mais dans beaucoup de chancelleries concernées par le terrorisme au Sahel et du G5 Sahel, peu de gens y croient, surtout au moment où les tueries s’activent. Le repli tchadien, ne sonne t-il pas pas comme une mise en garde à Yaoundé d’être plus que jamais vigilant sur ses postes avancés dans le combat contre Boko Haram ?

Ce pays frère est confronté aux bandes rebelles venues du Nord mais la plus grande menace et permanente, demeure Boko Haram. Le Tchad qui est un acteur majeur du G5 Sahel auquel le Cameroun a toujours hésité de faire partie, en amorçant le retrait de ses troupes, confirme aussi que le pays de Paul Biya a vu juste dès les début du déploiement de cette force dans le Sahel. Maintenant que les djihadistes reprennent le poil de la bête, l’heure est au Cameroun de revigorer sa garde.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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