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Europe - 1 semaine ago

Angleterre > AstraZeneca: le point sur les effets secondaires du vaccin

Des rares cas de thromboses sont observés parmi les personnes ayant reçu le vaccin AstraZeneca. Le lien de cause à effet est possible même s’il n’a pas été prouvé, mais la balance bénéfice-risque reste positive.

Des cas de thrombose, un vaccin suspendu puis ré-autorisé, et de nouvelles personnes décédées de caillots sanguins après avoir reçu l’injection… Les annonces successivement inquiétantes et rassurantes s’enchaînent comme des perles autour du vaccin Oxford-AstraZeneca, dont le capital confiance se retrouve fortement ébranlé. On fait le point.

Combien de personnes ont eu une thrombose après le vaccin ?

L’agence britannique du médicament (MHRA) a annoncé ce samedi qu’à la date du 24 mars, 30 personnes ayant reçu le vaccin AstraZeneca ont développé une thrombose, c’est-à-dire un caillot sanguin obstruant une veine et empêchant la circulation du sang, pour 18,1 millions de doses administrées. Parmi ces personnes, 22 ont été victimes de thromboses veineuses cérébrales, une forme rare d’accident vasculaire cérébral (AVC) où une veine du cerveau se retrouve bouchée par un caillot. Les 8 autres personnes ont eu des thromboses à un autre endroit du corps, associées à un déficit de plaquettes (une thrombopénie). Sept résidents du Royaume-Uni parmi ces 30 vaccinés à problème ont succombé à leur accident vasculaire.

En Allemagne, l’Institut Paul-Ehrlich a répertorié 31 cas suspects de thrombose veineuse cérébrale avec 9 décès, sur 2,8 millions de doses AstraZeneca injectées.

En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a indiqué ce vendredi 2 avril que «douze cas» de thrombose sont survenus en France, «dont quatre décès» sur 1,9 million d’injections. Ces cas sont survenus dans un délai médian de neuf jours après le vaccin, surtout chez des femmes sans antécédent médical particulier. Neuf patients ont moins de 55 ans et trois patients plus de 55 ans. L’infectiologue Odile Launay, membre du comité français sur les vaccins anti-Covid, explique à l’AFP que cela fait penser à un syndrome «assez exceptionnel» de coagulation anormale, que l’on voit plutôt d’habitude dans le cas d’infections sévères. On l’appelle la coagulation intravasculaire disséminée (CIVD).

Au total dans le monde, on recense aujourd’hui 62 cas de thromboses veineuses cérébrales, chez des personnes ayant été vaccinées avec le produit d’AstraZeneca.

Le vaccin est-il en cause ?

Probablement. L’ANSM souligne qu’il s’agit de «thromboses des grosses veines atypiques par leur localisation (cérébrale en majorité, mais également digestive), pouvant être associées à une thrombopénie ou à des troubles de coagulation». Ce ne sont pas des thromboses banales mais un phénomène «très atypique». L’agence française a donc estimé fin mars qu’il existe un risque «rare» lié au vaccin AstraZeneca, en se basant sur «le caractère très atypique de ces thromboses, leurs tableaux cliniques proches et le délai de survenue homogène».

De son côté, l’enquête de l’Agence européenne des médicaments (EMA) sur ces thromboses n’a pour l’instant pas pu établir formellement la responsabilité du vaccin AstraZeneca. Le lien de cause à effet n’est pas prouvé, mais «il est possible», résume l’agence qui se réunira à nouveau sur le dossier du 6 au 9 avril. «Des analyses supplémentaires sont en cours.»

D’autres autorités de santé ont une opinion plus tranchée devant ces coïncidences plus que troublantes. «Il faut arrêter de spéculer pour savoir s’il y a un lien ou pas. Tous ces cas ont eu ces symptômes trois à dix jours après l’inoculation d’AstraZeneca. Nous n’avons trouvé aucun autre facteur déclencheur», a témoigné Pål André Holme, chef d’une équipe de l’Hôpital national d’Oslo qui travaille sur ces cas, le 27 mars à la télé norvégienne. «L’agence norvégienne des médicaments estime qu’il y a un lien probable avec le vaccin», rapporte l’un de ses responsables, Steinar Madsen.

Le vaccin AstraZeneca est-il dangereux ?

Il faut rapporter les cas de thromboses au nombre de personnes vaccinées. Au Royaume-Uni, 18,1 millions de doses du vaccin Oxford-AstraZeneca ont été administrées et 30 cas de thrombose seulement ont été observés. Ce qui donne un risque de 0,0002 %, soit moins d’une chance sur 600 000 de développer un caillot. En France, on tombe sur 0,0006 % de risque soit une chance sur 160 000.

Dans la classification des effets indésirables, un effet est «fréquent» s’il survient chez plus d’une personne sur 100, «rare» s’il survient chez moins d’une personne sur 1 000 et «très rare» s’il arrive moins d’une fois sur

10 000. Les risques de thrombose avec le vaccin AstraZeneca sont donc extrêmement rares et exceptionnels.

On a bien plus de chances d’attraper une forme grave ou mortelle de Covid. C’est pourquoi l’Agence européenne des médicaments confirme que la balance bénéfice /risque reste positive de la vaccination avec AstraZeneca. La MHRA britannique partage cet avis : 

«Les avantages du vaccin AstraZeneca continuent d’être largement supérieurs aux risques et le public devrait continuer à recevoir le vaccin quand il est invité à le faire.»

Camille Gévaudan avec Libération

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