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Politique - 17 août 2021

Batailles pour le contrôle des partis politiques: Encore une leçon de Gbagbo aux acteurs Camerounais.

Le 09 août 2021, au cours d’une session extraordinaire du Comité Central de l’aile dissidente du Front Populaire Ivoirien(Fpi) tenue à Abidjan, l’ancien Président de la Côte d’Ivoire de 2000 à 2011, Laurent Gbagbo, par ailleurs membre fondateur du Fpi, a proposé aux cadres et militants qui lui sont restés fidèles, de créer un nouveau parti politique avec le « même contenu.»

C’est selon Laurent Gbagbo, la meilleure manière de contourner l’actuelle direction qui détient la légalité du parti, conduite par Pascal Affi N’Guessan avec qui, il est en profonds désaccords.
L’ancien Chef de l’Etat Ivoirien déclare ne pas vouloir s’engager dans une bataille judiciaire avec son ancien Premier Ministre pour le contrôle du Fpi et préfère qu’on laisse à ce dernier « une enveloppe vide.»

Dans une conférence de presse en guise de réponse le 14 août 2021 à Abidjan, le Président du Fpi, Pascal Affi N’Guessan affirme notamment qu’en décidant de quitter la formation politique, Laurent Gbagbo a choisi

« la rupture, le schisme » et qu’il en porte « la responsabilité politique, la responsabilité morale et la responsabilité exclusive devant les militants du Fpi, les Ivoiriens et devant l’histoire. »

Il convient de préciser que la vie politique de Laurent Gbagbo, considéré par certains comme «le père de la démocratie ivoirienne », se confond avec l’histoire du Fpi dont il représente la figure la plus emblématique parmi les pairs fondateurs.

Son départ pourrait constituer un véritable choc pour les militants et sympathisants du parti divisé depuis la perte du pouvoir par Laurent Gbagbo en avril 2011, à l’issue de la grave crise post-électorale qui avait suivi le second tour de la présidentielle de novembre 2010. Il avait ensuite été emprisonné dans les geôles de la Coup Pénale Internationale de justice (Cpi) pendant sept (07) ans à La Haye aux Pays Bas.

Mais en choisissant de quitter le Fpi plutôt que d’engager un bras de fer judiciaire avec l’actuel direction ou d’autres manœuvres politiciennes pour prendre le contrôle du parti qu’il a déjà eu à diriger dans le passé, l’ancien Chef d’Etat veut se concentrer sur l’essentiel et le plus important.

Comme le disait il y a déjà plusieurs siècles Honoré de Balzac en effet, « un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. »En choisissant le chemin des prétoires, on n’est jamais sûr de rien et davantage en ce qui concerne le temps de la durée d’une affaire.
En dehors par exemple des dilatoires pour retarder le déroulement du procès, des appels peuvent également être interjetés pour contester les premières décisions. On ne peut donc dans ce cas, faire de la politique de manière sérieuse en faisant des projections avec autant d’incertitudes.

En second lieu, par son choix, Laurent Gbagbo veut démontrer qu’il est un véritable animal politique, c’est-à-dire un acteur qui a intrinsèquement une valeur en politique. Et dans ce domaine, tout le monde ne peut s’en prévaloir surtout sous les tropiques.

Eric Boniface Tchouakeu, Chef de Chaîne Radio Siantou. Conseiller éditorial et founding father de Panorama papers

Au Cameroun, par exemple où il est facile de créer une organisation politique, certains continuent à se battre pour le contrôle des partis, parce qu’à eux seuls, ils ne peuvent pas réussir sans ce moule ou cette enveloppe, encore moins bénéficier de certains avantages, ni même avoir accès à certaines ressources financières.

Ce sont là, les raisons profondes des batailles menées par tous ceux qui entretiennent inutilement des querelles de leadership ou des bicéphalismes au sein de certains partis politiques dans le pays, au détriment de l’intérêt supérieur de l’organisation qu’ils prétendent diriger ou vouloir diriger.

Eric Boniface Tchouakeu

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