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Biens mal acquis – France > Immobilier: Franck Emmanuel Biya a acquis pour près de 3 millions d’euros en 2004 ( l’Obs)

Le journaliste révèle que la France est un lieu privilégié pour la famille de Paul Biya, le président de la République du Cameroun, au pouvoir depuis 1982. Son fils aîné, Franck Emmanuel Biya, aurait ainsi acquis, pour près de 3 millions d’euros en 2004, à l’âge de 33 ans, une maison avec piscine dans le domaine privé très couru du Cap-Martin, à deux pas de Monaco. L'information est contenue dans un document enquête publié dans les colonnes du journal français l'Obs et révélé par le journaliste Emmanuel Freudenthal: ''Un travail fastidieux et long de plusieurs mois''.

Par panorama
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Par Pierre Laverdure OMBANG

”Lorsque nous avons demandé à Franck Emmanuel Biya comment il avait amassé la somme nécessaire à cet achat, il n’a pas répondu. Dans la famille du président camerounais, il n’est pas le seul atteint par la fièvre immobilière.”,

écrit E.

Freudenthal qui fait lire plus loin que Frank Emmanuel Biya n’est pas le seul qui aurait acquis, en France, des biens immobiliers à coup de millions d’euros.

Chantal Vigouroux Biya …La femme du président

”La femme du chef de l’Etat, Chantal Biya, est, elle, bien moins discrète que son beau-fils, comme en témoignent ses coiffures extravagantes et ses séjours clinquants à Genève avec son mari. Elle est « sans profession », d’après les documents officiels de ses entreprises, ce qui ne l’a pas empêchée de dépenser plus de 2 millions d’euros pour acheter trois appartements dans le 16ème arrondissement de Paris, à Levallois-Perret et à Nice entre 1997 et 2009 – dont deux payés cash et le troisième financé par un emprunt à la Bnp.” renchérit le journaliste.

Des achats qu’il dit avoir confirmé par l’intermédiaire d’un sénateur camerounais, Pierre François-Xavier Menye Ondo, qui est aussi notaire et son associé, avec seulement 1 % des parts dans deux de ces achats. ”Ce dernier nous fait parvenir « un commentaire très personnel » :

« L’épouse d’un président de la République qui achète des biens de cette valeur, associée à un notaire qui exerce depuis trente ans, n’est-ce pas plutôt une preuve de modestie ? ».

Maître Xavier Menye Ondo …Choqué!

Choqué du contenu de l’enquête publiée par le journaliste français , le notaire cité dans l’article suffoque et fait relayer, à travers des médias, une espèce de réponse à la version amplement relayée par la presse depuis quelques heures et dans laquelle on peut lire: ”Dans la réponse au protocole d’interview, Me Xavier Menye Ondo, en concluant ses échanges avec ce journaliste, déclare :

« Enfin et sur un commentaire très personnel, l’épouse d’un Président de la République, associée à un notaire qui exerce depuis 30 ans et qui achètent des biens de cette valeur, n’est-ce pas plutôt une preuve de modestie et de rigueur ? », et d’ajouter à l’affirmation démesurée que le Cameroun est l’un des pays les plus corrompus au monde, « J’ignore vos sources mais je trouve cette affirmation fallacieuse et excessive. En tout cas, en ce qui nous concerne, nous sommes légalistes et corrects, nous nous acquittons régulièrement de tous nos impôts et autres charges. ».

Et sur Frank Emmanuel Biya précisément, le notaire fait dire que
La note d’information précise que :

« S’agissant de M. Franck Emmanuel Biya, fils aîné du Président, c’est un homme d’affaires efficace et discret. Quoi de plus normal que d’avoir un appartement à l’étranger ? » En conclusion, le notaire pense que ces mercenaires de la plume, visiblement aux ordres et en tout cas de nationalité étrangère, associés à des camerounais peu scrupuleux, sont des ennemis du Cameroun. En effet, comment décourager cette dame au grand cœur qui fait tant pour les camerounais toutes catégories confondues ? ».

Une sortie du notaire et fortement relayée dans les médias qui fera réagir le journaliste Félix Cyriaque Ebole Bola:
” Cette tarte est amplement relayée sur les réseaux sociaux depuis ce matin, avec manifestement pour objectif de dénigrer Emmanuel Freudenthal qui a osé écrire sur les “biens mal acquis” de proches de Biya. Méfions-nous! Ce que je sais de cet homme, que j’ai eu à côtoyer dans des cadres professionnels est qu’il s’agit de l’un des journalistes d’investigations les plus calés de sa génération. Restons vigilants !”

De l’immobilier de luxe à des révélations fortes

S’intéressant à l’Immobilier de luxe , le journaliste démontre comment la France attire l’argent douteux du monde entier. Le journaliste français choisit de livrer une enquête autour, et qui révèle que plus de soixante personnalités étrangères, chefs d’Etat, ministres ou hommes d’affaires controversés, ont investi des centaines de millions d’euros en France pour acheter des maisons ou des appartements de luxe. “L’Obs”, associé à un collectif de journalistes indépendants, dévoile l’ampleur du phénomène, sur lequel planent de forts soupçons de blanchiment d’argent sale. Sous le regard plus que passif des notaires et des autorités. Révélations.”

Emmanuel Freudenthal révèle, après son enquête qu’à travers deux sociétés civiles immobilières (Sci), dénommées Zebra et La Grenouille, une certaine Sevil Aliyeva a acquis, en 1999, la première demeure, qui comprend une quinzaine de chambres sans compter le trois-pièces du gardien, pour 5,2 millions d’euros ; puis la deuxième, en 2008, pour 15,9 millions.

Ces deux maisons tropéziennes ne représentent qu’une partie de son patrimoine immobilier en France: dans le 16ème arrondissement de Paris, elle a aussi acheté, en 2005, via une Sci du nom de Taureau, un hôtel particulier équipé d’une piscine intérieure. Montant de l’opération : 11,5 millions d’euros, payés sans qu’elle prenne d’hypothèque pour garantir un éventuel emprunt, comme pour presque tous ses achats.”

Aussi le journaliste révèle-t-il comment la simple compositrice de musique a pu acquérir, sans hypothèque, des immeubles en France, car ce n’est pas fini : Sevil Aliyeva, c’est son nom, possède aussi quatre appartements juste à côté des Champs-Elysées, d’une valeur totale de plus de 14 millions d’euros, via des Sci dénommées cette fois succès, grand succès et la chance. Avec un tel patrimoine immobilier, l’on pourrait, aisément, imaginer que cette élégante sexagénaire est une businesswoman de haut vol. D’autant qu’elle possède aussi des maisons dans The Boltons, l’un des quartiers les plus chers de Londres, où elle dit vivre, cette fois via des entreprises enregistrées dans des paradis fiscaux. Sauf que sur certains documents officiels liés à ses opérations immobilières en France, Sevil Aliyeva se déclare « compositeur de musique » – elle a bien sorti deux Cd il y a une dizaine d’années, mais ils ne sont plus disponibles à la vente. Et sur d’autres documents, elle se dit « sans profession ».

Inconnue et sans profession

Inconnue (ou presque) en France, Sevil Aliyeva porte un patronyme bien connu en Azerbaïdjan, cette ancienne république soviétique du bord de la mer Caspienne, riche en hydrocarbures et épinglée pour son niveau de corruption par l’Ong Transparency international… Elle est la fille de Heydar Aliyev, l’ancien président du pays, en poste entre 1993 et 2003. Et elle est aussi la sœur d’lham Aliyev, qui a succédé à son père à son décès, après des élections controversées. Le même Iham Aliyev, qui dirige toujours le pays d’une main de fer, après avoir emprisonné ses opposants, et dont l’armée a été accusée de crimes de guerre lors du conflit contre l’Arménie en 2020 pour le contrôle de la région du Haut-Karabagh. Un frère que Sevil Aliyeva ne cesse de soutenir sur Instagram – c’est le seul compte qu’elle suit sur le réseau social : elle poste des vidéos du président azerbaïdjanais rendant visite à ses troupes, écrit des messages à la gloire de sa « guerre patriotique »… Un soutien indéfectible à ce frère qui est, aussi, impliqué dans plusieurs affaires de corruption et de blanchiment d’argent.

D’où viennent les 52 millions d’euros (au moins) que Sevil Aliyeva a investis dans des biens immobiliers en France ? Impossible de le savoir. Contactée, la sœur du président azerbaïdjanais n’a pas répondu à nos messages.

L’argent pillé des élites politiques

L’Obs » dit avoir associé à ce travail un collectif de journalistes indépendants, et est parvenu à identifier 196 opérations immobilières sur lesquelles il est permis de s’interroger, réalisées par 62 personnalités étrangères : des proches de dirigeants politiques dont le revenu connu n’est pas suffisant pour couvrir la dépense, des individus impliqués dans des affaires de corruption, d’autres visés par des sanctions économiques pour violation des droits humains… Parmi eux, le fils aîné et l’épouse du président camerounais Paul Biya, l’actuel ministre de la Défense de l’Indonésie Prabowo Subianto, ou encore l’homme d’affaires émirati Khadem al-Qubaisi, aujourd’hui en prison pour sa participation à l’un des plus grands détournements de fonds de l’Histoire.

La méthode Freudenthal

C’est à partir d’un lot de 131 fichiers texte intitulé « Fichier des locaux et des parcelles des personnes morales ». Il comporte 16,1 millions de lignes et a été publié sur internet en mars 2021 par le ministère de l’Economie. Des tableaux où figurent les 16,1 millions de biens immobiliers détenus en 2020 par des « personnes morales » en France, que ce soient des entreprises – de la simple Sci familiale à la multinationale cotée en Bourse – ou des collectivités publiques (Etat, collectivités locales, offices Hlm…). Avec, chaque fois, la ville et l’adresse postale.

A partir de ces 1,74 millions de « personnes morales », Emmanuel F. et ses acolytes disent avoir réussi à remonter aux noms des dirigeants de ces sociétés et de leurs bénéficiaires effectifs. ” Parmi tous ces noms, nous avons ensuite tenté de trouver la présence de personnalités. Nous avons utilisé Wikidata, la grande base de données qui se cache derrière l’encyclopédie en ligne Wikipédia, pour établir des listes d’hommes politiques de premier plan, chefs d’Etat et de gouvernement, ministres et parlementaires. Nous nous sommes également servis du site OpenSanctions, qui compile les noms de personnalités visées par des sanctions – à partir, notamment, des « listes noires » publiées par l’Union européenne, l’Onu, Interpol ou le département du Commerce américain.”

Une fois ces personnalités identifiées et leurs biens immobiliers en France répertoriés, nous avons multiplié les demandes aux services de la publicité foncière, une administration locale qui permet à n’importe quel Français de connaître l’identité des propriétaires successifs d’un logement et d’obtenir une copie des actes de vente. Ces démarches nous ont aussi permis de retrouver le nom des notaires impliqués et les conditions précises des transactions effectuées (prêt, hypothèque, paiement en cash…).

Un travail fastidieux et long de plusieurs mois, qui montre l’intérêt de l’open data ou accès aux « données ouvertes » qui permet à tout citoyen de connaître et évaluer l’action publique. Ce droit, garanti par la loi du 17 juillet 1978, est encore trop souvent remis en cause par les responsables publics. Plus il sera respecté et plus les médias auront accès à des données sensibles qui, ensuite, faciliteront des enquêtes comme la nôtre.”

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