Par Hugo Fouquet
L’engin a explosé « à proximité immédiate du poste-frontière avec la Roumanie de Kardam », près de la mer Noire dans le nord-est du pays, à seulement 1 000 mètres d’une station de compression du gazoduc transbalkanique qui relie la Turquie à l’Ukraine, a précisé Roumen Radev dans une vidéo diffusée par le gouvernement sur les médias sociaux. Le bruit de l’appareil avait d’abord été enregistré par la police des frontières roumaine, avant qu’une patrouille bulgare ne repère une forte explosion accompagnée d’une fumée noire. Aucun dommage n’a été signalé sur le gazoduc, ni d’interruption des flux gaziers.
Le ministère bulgare de la Défense a précisé, dans l’après-midi, qu’il s’agissait d’un drone leurre de type Maya, un appareil « largement utilisé par les forces armées ukrainiennes », tout en indiquant que rien, à ce stade, ne permettait de penser à un acte délibéré, sur la base de l’analyse initiale des débris retrouvés dans un champ proche de la frontière roumaine. Kiev a de son côté assuré n’avoir « délibérément » dirigé aucun appareil vers la Bulgarie, le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Georgiï Tykhy, promettant une enquête et indiquant que les autorités ukrainiennes étaient en contact étroit avec la partie bulgare pour clarifier les circonstances de l’incident.
Cet incident s’inscrit dans une série de plus en plus fréquente de survols de drones et de débris retombant sur le territoire de pays membres de l’Otan depuis 2022, à mesure que la Russie et l’Ukraine multiplient les frappes de drones sur des navires marchands en mer Noire. Lundi dernier encore, deux navires appartenant à des armateurs turcs y avaient été touchés, poussant la Turquie à réitérer ses inquiétudes face à l’escalade du conflit dans cette zone. La Roumanie, soutenue par l’Union européenne, impute généralement ce type d’incidents à la Russie, malgré les démentis répétés de Moscou. La Bulgarie, pour sa part, a cessé en juin d’envoyer à l’Ukraine de l’aide militaire prélevée sur les stocks de son armée, et n’avait pas non plus participé à la dernière réunion de la « coalition des volontaires » rassemblant les soutiens de Kiev, en juillet.
