Home Politique Afrique Cameroun > A propos de la double nationalité: Une affaire (loi) à tête chercheuse
Afrique - Afrique - 3 semaines ago

Cameroun > A propos de la double nationalité: Une affaire (loi) à tête chercheuse

L’on ne saurait créer une loi qui s’appliquerait à certains et pas à d’autres. C’est une simple question de justice sociale et d’équité.

La question de la double nationalité au Cameroun doit se traiter au travers des faits, de l’analyse, des pratiques et des sociabilités pratiques. Or, le paradoxe de sa politisation peut générer, à long terme, une crise politique. La récurrence du débat sur la double nationalité marque, à l’évidence, le besoin de la redéfinir. Les contradictions de cette loi et le laxisme des autorités font le lit d’un grand gouffre juridico-administratif et fonctionnel au Cameroun.

Son application ambiguë et, parfois, à tête chercheuse peut être source de tous les maux aujourd’hui ou demain avec des pôles d’exclusion et une montée des incivilités, symptômes d’une fragilisation du lien social et d’une interrogation sur le concept de citoyenneté au Cameroun. Une citoyenneté qui apparaît, aujourd’hui, comme soumise aux contingences et aux humeurs des Hommes.

Ce qui s’était passé à la Socam(Société civile de l’art musical) en janvier 2014 avec Prince Ndedi Eyango comme avant hier avec Sam Mbede à la Cameroon music corporation (Cmc) était, sans conteste, une question de rapport de forces. Au Cameroun, les tenants du pouvoir ont pris de l’habitude de penser qu’ils sont les garants du bien. Ils ont la certitude que le décret leur confère le monopole du patriotisme et qu’ils sont les seuls à définir la nature de la vertu et à distinguer le bien du mal.

Avec l’arrogance qui les caractérise, à l’instar de l’ancienne ministre des Arts et de la Culture(Minac), plus ils étaient contestés, plus ils étaient persuadés que leur action relève d’une mission de salut public. En envoyant Me Charles Tchoungang au charbon, c’était une boite de pandores que Ama Tutu Muna avait ouverte. Bien de figures de la scène publique avaient été ébahies, à cette époque-là, par ses prises de positions manifestement produites dans une poussée d’adrénaline.

L’ancien Bâtonnier de l’ordre des avocats avait soutenu que Ndedi Eyango a fait du faux et usage de faux relativement à la question de sa nationalité. Son discours violent et intolérant à l’endroit du prince des montagnes avait fait resurgir la question jamais vidée de la double nationalité au Cameroun. Le débat avait emprunté une voie inattendue de l’émotion, de l’hystérie collective, de l’impertinence, des injures et de l’incitation à l’exclusion en lieu et place de la raison.

Le cas Ndedi Eyango était, au-delà de tout, une forfaiture de trop surtout après plusieurs décennies d’errements ayant causé des blessures atroces et autant de ravages dans les cœurs des Camerounais. C’est à croire que d’aucuns n’ont rien retenu des déchirements et des profonds traumatismes suscités par l’hydre identitaire de la crise ivoirienne. Ce fait divers n’était pas anodin tant il avait pris, sur ces entrefaites, une dimension politique. D’où l’évocation de la politisation de la double nationalité.

Serge Aimé Bikoi

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