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Afrique - Afrique - 7 avril 2021

Cameroun > Abus d’autorité: Un locataire réclame 3,2 milliards au DG du Pad

Cyrus Ngo’o pourrait être condamné à payer de fortes sommes d’argent à Cana Bois, dont l’entrepôt est abusivement occupé depuis le 25 août 2020.

L’affaire Cana Bois contre Port autonome de Douala (Pad) était, le 1er avril, inscrite au rôle du tribunal de première instance de Bonanjo. Après l’exposé des faits et la production des pièces au collège, le demandeur s’est constitué partie civile et sollicité des dommages et intérêts, pour un préjudice économique de 300 millions de francs par mois depuis 9 mois représentant actuellement 2,7 milliards de francs, à quoi s’ajoutent des dommages-intérêts de l’ordre de 500 millions de francs. Le ministère public a sollicité un renvoi pour ses réquisitions, et la cause à été remise au 6 mai.

Il convient de préciser que le prévenu dans ce dossier, le directeur général du Pad, Cyrus Ngo’o, n’a jamais comparu depuis le début de la procédure. A l’audience de citation directe des particuliers du 4 mars, il avait prétexté un déplacement à caractère professionnel. Mieux encore, par le canal de son avocat, il a sollicité que les audiences se tiennent à «huis clos compte tenu du risque de trouble à l’ordre public lors des débats». Mais sa demande, jugée «non fondée», a été sèchement rejetée par le tribunal. Il devra donc, physiquement, se présenter à la barre à toutes les audiences comme un justiciable ordinaire.

Ce qui ressemble déjà à une future tuile judiciaire remonte au 25 août 2020. Ce jour-là, une escouade d’agents du PAD avaient, selon les termes de la plainte que votre site a pu consulter, «abusivement» apposé des scellés sur le portail de l’entrée principale d’un entrepôt aménagé à ses propres frais par Cana Bois dans la zone portuaire de la métropole économique, au lieu dit «entrée village Essenguè».

Des semaines auparavant, à travers des correspondances comminatoires, le patron du Pad a littéralement harcelé son adversaire d’aujourd’hui. Tantôt, il invoquait des loyers impayés, un autre coup, il annonçait unilatéralement l’augmentation dudit bail. Sauf que les accusations de filouterie de loyer, portées par M. Ngo’o contre Cana Bois, sont démenties par des bordereaux de virements bancaires remontant jusqu’au 3è trimestre 2020, et que votre journal a pu consulter. Il convient de souligner que ladite société jouit d’un espace à lui concédé en mode sous-location, selon une autorisation formelle d’occupation temporaire datant de juin 2015, à lui octroyée par le Pad alors dirigé par Emmanuel Etoundi Oyono, de regrettée mémoire.

Toujours est-il qu’une autre escouade d’employés du Pad est revenue à la charge, le 22 octobre. Sur instructions de leur hiérarchie, il brisé les premiers scellés apposés par leurs soins. Dans la foulée, une base destinée à la vente aux enchères pour la douane y a été installée pour une période exceptionnelle n’excédant pas 3 mois. Cyrus Ngo’o a, en effet, mis provisoirement le site à la disposition du chef secteur des douanes du Littoral 1.

Pour Cana Bois, il s’agit d’un cas patent d’abus d’autorité de la part du Pad, qui en investissant les lieux a posé un sérieux préjudice aux activités de l’occupant historique. Un dommage qui n’a cessé de gonfler au fil des mois, une lourde ardoise que le patron du Pad pourrait bien être condamné à payer.

FCEB

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