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Afrique - 17 août 2021

Cameroun > Accueil de Biya : Ekani Ottou dénonce le caractère tribal de l’événement

Le Président du Front des Démocrates du Cameroun (Fdc) a pondu un communiqué pour décrier les dérives.

« Dans plusieurs fora, on peut lire une remarque fort curieuse, sur les éléments visuels des groupes de danse qui animent la cérémonie d’accueil du Président de la République de retour au pays. On peut y lire, pourquoi c’est seulement les groupes de danse Rdpc et Beti qu’on peut voir traditionnellement sur le site et à la télévision nationale, c’est pour montrer que Biya et les Bulus viennent accueillir leur frère ? »

S’interroge Ekani Ottou.

Le président du Fdc fait remarquer qu’en regardant le journal d’hier sur la Crtv, on a abouti à un constat. Les banderoles présentaient le Mfoundi, la Vallée du Ntem et autres sections, y compris les chants exécutés, tous présentaient et démontraient une proximité sociologique d’un groupe ethnique précis.

« Au-delà de cette problématique très dangereuse sur la fragile citoyenneté camerounaise en construction, le faste et la scénographie mis pour l’accueil du chef de l’Etat peut-être plus impactant si l’enjeu de communication est de montrer que le Pr travaille pour les Camerounais, et non une entité institutionnelle qui retrouve sa famille nucléaire et tribale, de retour justement d’un séjour privé… Ça coûte trop cher, c’est nauséabond et ça attise le tribalisme! »

Relève Ekani Ottou.

Le leader du Fdc précise qu’en temps normal, si on veut faire comme il faut dans cette scénographie de la pratique du prestige présidentiel dans son décliné accueil, les groupes de danse devraient être de toutes les sensibilités culturelles du Cameroun, entonnant en symbiose, les chants de bienvenue de leur chef, Président de la République.

« En tant qu’Etat laïc multiculturel, nous pensions que les compagnies musique de la Gendarmerie Nationale et de la Police faisaient office de groupe d’animation et en le faisant, seraient normalement dans leur rôle. Puisqu’il faut démontrer que le Président est adulé – c’est apparemment une nécessité en politique- on associe les groupes de danses les militants du parti, les élèves et étudiants, qu’ils sont obligés de prendre en charge financièrement (transport, casse-croûte, frais de présence). L’argent vient d’où ? » Se lamente Ekani Ottou. L’acteur politique pense que les institutions camerounaises devraient donner l’image d’un pays fier de sa diversité culturelle, mais dépenser les maigres ressources nationales pour encenser le tribalisme jusque dans l’accueil, prouve que l’ère du parti unique n’est pas terminée.

Antoine Bivana

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