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Cameroun > Affaire Ibrahim Bello: Les preuves d’un scandale judiciaire de trop. [Attention-Images chocantes]

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L’Officier de Police de premier grade (OP1) Bikouo Nzie Joël Cyrille, responsable de l’unité de la sécurité publique d’Ombessa est né le 06 décembre 1973 à Bissang, un village du Cameroun situé dans la région du Sud,  ldépartement de l’Océan. Il a toujours affirmé qu’il ne sera jamais inquiété dans cette affaire. Et pour preuve, il sera affecté à Yaoundé au lendemain du crime pour se soustraire de la justice.
Le mandat d’arrêt décerné par le juge d’instruction, le magistrat Ernest Ayissi, avant la clôture de son information judiciaire, le 17 septembre 2018, contre l’OP1 Bikouo Nzié Joël Cyrille, chef d’unité d’Ombessa, n’a jamais été exécuté et il continue de jouir d’un culte d’impunité malgré la détermination de Mandela Center International.
Selon l’Ordonnance de non-lieu partiel et de renvoi devant le Tribunal de Grande Instance (TGI) du Mbam et lnoubou, statuant en matière criminelle, le 17 septembre 2018, le juge d’instruction, le magistrat Ayissi Ernest avait été clair: “Cette conjonction d’éléments nous fait penser que c’est le chef de poste, Bikouo Nzié Joêl Cyrille et son collaborateur, Sack Joseph Désiré, qui  ensemble et de concert, ont infligé ces souffrances physiques et morales à la victime pour à tout prix extorquer son aveu sur la tentative de vol du véhicule de sieur Fomadjou Fotazong Serges, pour laquelle il avait été conduit au commissariat, surtout qu’il est établi que c’est le premier des deux fonctionnaires, Bikouo Nzié Joêl Cyrille, qui avait menotté la victime”. Et de poursuivre : “Présageant qu’ils seraient tôt ou tard dénoncés pour leurs actes odieux, ces coinculpés ont vite fait d’élargir et d’éloigner de leur unité, les personnes qui y étaient gardées-à-vue et qui étaient seuls susceptibles d’apporter un témoignage édifiant dans cette affaire.”
Selon les témoignages de Monsieur Nweinoh Steve, commerçant à Ombessa qui a vécu toute la scène, Ibrahim Bello sera abandonné sous les intempéries et à son sort. Il faut préciser que selon les témoignages, toute la ville d’Ombessa ce jour-là était dans l’obscurité à partir de 20h le 07 février 2017, faute d’électricité. (Extrait du rapport d’enquête du consortium des Ong des droits de l’homme d’avril 2017)
“Après son arrestation, j’ai voyagé le mardi 07 février très tôt le matin pour Yaoundé pour m’approvisionner. Mais, quand je rentre de mon voyage tard dans la nuit aux environs de 22 heures, je trouve un jeune homme couché devant un bar-restaurant qui jouxte mon dépôt d’œuf. Je vais vers lui et je me rends compte que c’est le garçon qu’on avait accusé le dimanche 05 février de tentative de vol de voiture. Il ne parlait pas. Il était couché sur le dos avec un morceau de pain posé sur le ventre. Je lui ai dit : “Maintenant, tu fais semblant d’être malade, si je reviens le lendemain et je trouve qu’on a cassé ma boutique, je saurai que c’est toi car je t’ai bien remarqué.”
“La même nuit, avant que je ne me tourne pour rentrer, J’ai vu le commissaire ( OP1) Bikouo Nzie Joël Cyrille en personne. Le chef de poste d’Ombessa en civil avec une autre personne, aussi en civil, avec la torche traverser la route en provenance du poste de police et arriver là où était couché l’infortuné. J’ai pointé ma torche sur eux et j’ai bien remarqué le chef de poste. A partir de ce moment, je n’ai pas eu besoin d’insister pour reconnaître la personne avec qui il était. J’ai déduit qu’ils venaient regarder si le garçon était déjà mort. Ils l’ont bien observé quand j’étais à quelques mètres d’eux. Voir environ à 2 mètres de ma boutique. En suite, ils sont repartis. Mous nous sommes d’ailleurs croisés. Ils ne m’ont pas adressé le moindre mot, et moi non plus. Je ne comprenais rien de ce qui se passait.” Je ne sais pas ce qui s’est passé après puisque j’étais fatigué et je suis rentré me reposer étant donné que la ville était presque déserte avec la coupure d’électricité. Cette nuit-là, je n’avais pas bien apprécié la situation. C’est le lendemain, 08 février, un autre jour du marché que je sors de chez moi très tôt et je me rends compte qu’il était toujours à la même position. Il était entouré de quelques curieux qui déploraient la situation puisque c’était à quelques pas de ma boutique. Quand j’ai vu sa situation avec les pieds bousillés, je n’ai pas pu supporter. J’étais vraiment traumatisé par cette scène. C’est alors que j’ai compris l’ampleur de la torture qui lui avait été appliquée au poste de police. Nous avons décidé de l’amener à l’hôpital situé à environ 200m de là. Pour cela, j’ai fait appel à un conducteur de moto et on a essayé de le mettre sur la moto mais il ne pouvait point tenir. Pendant que les gens venaient voir, un policier, l’IP1 Sack Joseph Désiré, qui était de service ce jour-là est venu vers 9h nous donner des injonctions que le commissaire a demandé qu’on l’amène à l’hôpital tout de suite en attendant qu’il nous retrouve pour s’occuper personnellement des soins. Il n’y avait personne pour le porter eu égard à l’ampleur des dégâts.
C’est moi qui ai pris mes mains pour toucher les pieds que vous voyez aujourd’hui. Je l’ai fait transporter dans une brouette pour l’hôpital. Et on n’a jamais payé le type de la brouette. On l’a déposé au hall et on a informé les stagiaires car le médecin n’était pas encore au bureau. Par la suite, je voulais déjeuner. Mais j’y ai pas parvenu au vu du traitement infligé à ce jeune garçon. Je me suis dit, je connais déjà nos hôpitaux car même si tu es présent tant qu’il n’y a pas d’argent personne ne te regarde. Je dois vous préciser que ma fille unique était en ce moment-là couchée à l’hôpital au village à Mamfé et je réunissais l’argent pour envoyer pour ses soins. J’étais contraint de m’occuper d’abord du cas de ce jeune homme.

Lorsque J’ai pensé que le commissaire a dit qu’il arrive! 3 heures après, je l’ai pas toujours vu sur place. Il se balader sans souci. Puisque je suis juste en face du poste de police. Face à cette situation insupportable, je suis allé voir le médecin pour lui dire que c’est moi qui ai fait amener le jeune garçon. Cela m’a tellement fait mal que je suis venu laisser 15 000 Fcfa que je venais d’encaisser et que je comptais compléter pour envoyer à ma fille, malade elle aussi.
Je dois préciser que je voulais laisser seulement 10.000 Fcfa mais quand j’ai vu la douleur qui terrassait le jeune homme, j’ai ajouté 5000 Fcfa. J’ai dit au médecin que j’ai entendu le commissaire donner des instructions qu’il va venir gérer cette situation personnellement. Je lui ai laissé mon nom et mon numéro de téléphone en lui faisant comprendre que s’il arrive, il récupère cet argent et me le restitue car je ne suis qu’un débrouillard. Entre temps, je suis allé chez moi cherché un habit pour lui donner car il était nu comme un vers de terre ».

Les déclarations du médecin, Dr. Mbiam Nkomo Philippe, sont révélatrices de ce qui s’est passé :
“C’est un commerçant au petit marché d’Ombessa qui l’a amené ici à bord d’une brouette au petit matin du 08 février 2017 en expliquant qu’il a été retrouvé abandonné en route devant sa boutique depuis hier par les policiers. Pour cela, il a laissé une somme de 15 000 Fcfa pour les premiers soins. Depuis ce jour, personne n’est passé. Mais ici, nous n’avons pas un budget pour gérer ce genre de cas. C’est pour dire que je dois encore de l’argent à la pharmacie.
A mon niveau, j’ai informé le sous-préfet le 10 février 2017 pour lui faire comprendre que le centre ne pouvait pas faire face à la situation et que la seule solution reste son évacuation et il m’a conseillé de me rapprocher du poste de police. Je suis allé au poste de police le même jour et n’ayant pas trouvé le chef de poste, j’ai laissé le message à ses collaborateurs. Personne n’a réagi.
Alors que j’étais dans la détresse, dans la matinée du 13 février 2017, le chef de poste de police est arrivé en compagnie du commandant de la brigade d’Ombessa pour me brandir une lettre de déferrement signée par le Procureur de Bafia que j’ai consultée avec mes collaborateurs. Je n’en revenais pas. Je leur posé la question : vous voulez déférer qui et dans quel état? Allez vous-même voir son état et ils étaient dépassés par ce qu’ils ont vu. Quand le sous-préfet m’a parlé d’une ordonnance, je lui ai clairement dit que je ne peux rien faire à mon niveau et j’ai insisté sur son évacuation dans un centre plus équipé. Ce qui me restait à faire, c’était juste d’enlever la peau sur la partie pourrie pour éviter la progression et par la suite se contenter des pansements.”


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