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Société - 2 semaines ago

Cameroun > Affaire Sodecoton:  » chaque potentiel candidat fourbit ses armes et c’est de bonne guerre. »

''En cette période de précampagne à la succession de M. Biya à la tête de l'Etat, chaque potentiel candidat fourbit ses armes et c'est de bonne guerre. D'autant plus que tous les prétendants comptent sur le Gd Nord pour rafler la mise.'' Lisons Maître Harrissou au sujet de ce qui désormais se fait appeler ''l 'affaire sodecoton ''

Avec Me. HARISSOU

 »Je voudrais d’abord faire la mise au point suivante:

1- Au regard des statistiques ci-dessus portant sur la répartition des postes de responsabilité au sein de la Sodecoton à tous les niveaux, tu pourras constater aisément que tu as agi par émotion et par précipitation parce que tu es imbibé comme beaucoup d’autres des préjugés qui empêchent de prendre du temps afin de faire des analyses approfondies et objectives de la situation avant de parler.
Ton analyse philosophique mais surtout Freudienne et excessive, est théoriquement belle mais elle est loin de la réalité de terrain comme je m’en vais te le démontrer.
Parmi mes meilleurs camarades de classes et amis il y avait et il y a bcp de non musulmans du Nord . Mon fidèle compagnon de toujours Ngomna Bare, Feu Ahmadou Dobekreo, F Nounga, feu Dr Foba, Bamo Clément, Gounoko Aounaye, mes frères Hilmara , Palaï Hissane ou Daniel Kalbassou etc…Je n’ai jamais senti une seule petite différence entre eux et mes amis islamo peuls de Graoua , Maroua ou Ndéré.

2- Que Le SGPR M. Ngo Ngo écrive sa lettre, je ne trouve aucun inconvénient parce qu’il est dans ses droits pour 2 raisons :
a* Nanti d’ une délégation de pouvoirs du Président de la République, il est dans son rôle et c’est tout à fait normal qu’il réagisse à une correspondance qui a été adressée à son mandant.
b* En cette période de précampagne à la succession de M. Biya à la tête de l’Etat, chaque potentiel candidat fourbit ses armes et c’est de bonne guerre. D’autant plus que tous les prétendants comptent sur le Gd Nord pour rafler la mise.
Il est indiscutable que sans l’appui du Gd Nord aucun de ceux là ne peut accéder à la magistrature suprême.
Le seul appui du monarque de Rey Bouba, impopulaire, qui n’arrive pas à gagner les élections même dans son propre département est de toute évidence insuffisant pour faire triompher le SGPR. Donc il est tentant pour lui de faire d’une pierre deux coups:
-Evincer Le DG Bayero et mettre quelqu’un à sa solde pour avoir la maîtrise de la Sodecoton qui est le poumon économique du Nord et de L’ex -Nord, et -Draguer les populations de l’Extrême- Nord où le ou les prétendants bulus semblent avoir pris de l’ avance avec des soutiens déclarés cachés ou supposés bien que le poids politique de ceux là reste à démontrer.
Voilà l’enjeu de la correspondance adressée au DG de la Sodecoton. Malheureusement, elle a été écrite dans la précipitation sans tenir compte de la situation tribale scandaleuse de répartition et d’occupation des postes par les personnalités de la même ère géographique que lui qui règne dans toutes les structures publiques et parapubliques de l’État. Ce qui a provoqué le violent effet boomerang qui lui est revenu en pleine figure non seulement du Grand Nord mais des 7 régions du Cameroun qui sont complètementmarginalisées.

3- Si tu n’avais pas pondu ton pamphlet, je n’aurai jamais réagi. Parce que c’est incompréhensible que tu n’aies pas flairé l’objectif de cette correspondance qui cache en réalité le « diviser pour mieux régner » qui a toujours été là stratégie mise en place par le régime pour affaiblir le Grand Nord.
Et je ne le supporte pas en tant qu’intellectuel engagé aimant profondément ma région et mon pays mais surtout aborrant l’injustice et les intrigues de la politique politicienne.En effet, stratégie malsaine est basée sur la mauvaise foi et est relayée par des individus qui ne pensent qu’à leurs intérêts égoïstes en utilisant le Grand Nord.
La DCK , l’AKAC et autres associations et regroupements tribaux nordistes négatifs de l’ère du Renouveau nous le prouvent à souhait..Avec du recul où sont leurs promoteurs aujourd’hui ? Qu’ont elles apporté à leurs populations à part la misère et Boko Haram dans les 2 Mayos (Tsanaga et Sava)? Eux mêmes ne sont plus au gouvernement.

4- Ou tu ne m’as pas compris où tu es de mauvaise foi. Je n’ai nié ni l’histoire ni l’esclavage. Comment le pourrais je puisque c’est impossible ? J’ai tout simplement demandé de mettre ces sujets à la place qu’ils méritent.
Je n’ai pas non plus présenter Marafa comme un héros comme tu sembles l’ironiser. J’ai relaté les faits pour expliquer à ceux qui ne savent pas que sans Marafa la Sodecoton serait entièrement entre les mains de la Smic de Baba Amadou Dan Poullo et on en parlerait plus aujourd’hui. Et c’est la vérité.
5- Tu sembles dire que cultiver du coton est du travail forcé niant ainsi les revenus qu’ils procurent aux pays qui doivent subvenir aux besoins de leurs ménages et payer la scolarité de leurs enfants.
Sans oublier le rôle important de désenclavement que jouent les pistes cotonniéres aménagées et entretenues par la Sodecoton.

Tu emploies tout de suite de « gros mots  » en parlant de réparation mémorielle, de commission vérité et réconciliation, de discrimination positive et j’en passe. Je comprends que tu vis au Canada qui est voisin des USA mais ne trouves tu pas que tu exagéres un peu en comparant la situation de l’histoire de l’esclavagisme du Nord – Cameroun à celle des USA?
Ahidjo a nivelé la situation des anciens dominés historiques par l’école .
En effet, Il a dès l’indépendance, construit des écoles du primaire jusqu’au secondaire avec des internats où les enfants kirdis plus nombreux à l’internat bénéficiaient de tout le confort nécessaire pour poursuivrez sereinement leurs études. Au lycée de Garoua que je connais bien nous avions jusqu’au papier hygiénique. Nos camarades originaires de l’extrême-Nord bénéficiaient de 3 tenues 2 kakis (shorts et chemisette) qu’ils portaient pour les classes et un blanche ( pantalon et chemisette) pour le défilé et les sorties de dimanche. Aux 3 périodes annuelles de congés et de vacance. les véhicules de la SAP venaient les chercher pour les déposer chez eux et les ramenaient à la rentrée au lycée. Cette sollicitude et cette solidarité agissante ont continué jusqu’à l’université.
J’ai été membre du bureau et secrétaire général de l’Association des Enfants tudiants du Nord entre 1978 et 1980. Tous les étudiants originaires du Nord étaient boursiers nationaux sans aucune exception et occupaient une chambre pendant les 2 premières années de FAC à la cité universitaire. Nous avions loué une grande villa à Melen où étaient logés tous les étudiants qui n’avaient aucune attache familiale à Ydé toutes ethnies et religios confondues . Et les non musulmans y étaient les locataires les plus nombreux. Il y a des ministres, des anciens gouverneurs, le des directeurs dont je tais les noms qui y ont séjourné avant de passer le concours de l’Enam ou de Nkolbisson.
Les bourses étrangères étaient octroyées sur la base du mérite et généralement pour les filières scientifiques et techniques qui n’existaient pas au Cameroun. J’ai personnellement aidé à obtenir des passeports a beaucoup d’étudiants qui peuvent le reconnaître s’ils sont honnêtes . Ce qui leur a permis d’aller faire de grandes études en Europe sans aucune considération ethnique ou religieuse. Et tout cela a continué après nous jusqu’à l’arrivée de Biya au pouvoir qui a éliminé l’école gratuite et les bourses. Soyons honnêtes et posons nous ces questions  » jusqu’aux générations 90, combien d’entre nous auraient pu fréquenter et avoir le parcours qu’ils ont eu si l’école n’était pas gratuite ? » Sans aucun mépris, ni provocation, ni fausse modestie, nos pères islamo- peuls étaient des commerçants et des éleveurs pour ceux de l’Adamaoua. Par conséquent ils avaient un pouvoir d’achat qui leur aurait permis de nous payer nos études » A part les filles et fils des militaires et gendarmes, ce n’était pas le cas de tout le monde . Ayons l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître
Il y a  » des descendants d’esclaves » comme tu le dis qui ont été ou sont de hauts fonctionnaires, de directeurs, des professeurs d’université aujourd’hui grâce à l’école dont Ahidjo en a fait une priorité. Je ledis sans ambages : Les travaux abattu par le président Moussa Yaya à la commission nationale de bourses, de celui de feu général Oumarou Djam quand il était directeur de la sécurité présidentielle d’Ahidjo sont incommensurables et mémorables ainsi que le rôle inestimable joué par l’Association des étudiants du Nord qui ne souffrait d’aucun soupçon de tribalisme sans oublier l’efficacité redoutable de M. Amadou Ali quand il était Secrétaire général du ministère de la fonction publique. Il veillait a l’équilibre régional dans les concours d’entrées aux grandes écoles comme du lait sur le feu et intégrait automatiquement et directement tous les étudiants du Nord qui sortaient des FAC de lettres et de Sciences avec des maîtrises directement comme professeurs de lycée en A2 sans être passés par l’ENS pour palier à la carence des professeurs que connaissait le Nord . Feus Tchari Blama et Foka Wepini ainsi que Zoua Houly sont passés par là.
C’est dire qu’on a pas attendu la discrimination positive que tu prônes pour faire avancer le Nord par l’éducation. Pendant ce temps demandez à Dakole Daïssala et à Marcel Rodo qui étaient DG à la SOTUC et à l’Imprimerie Nationale où est ce qu’ils étaient puisqu’ils vivent encore.
Tout cela c’est une histoire récente qui doit être connue par nos enfants.
Interrogez les membres de la DCK et du MDR s’ils n’ont pas bénéficié de cet encadrement et ce qu’ont ils fait a leur tour quand ils sont devenus ministres et autres? Tout n’a pas été fait ni parfait mais beaucoup a été fait.
Je suis d’accord pour un débat présentiel parce que les réseaux sociaux ne peuvent pas nous suffire par manque de temps et d’espace.
Mais il y a les préalables à poser et les conditions ci-après à respecter:

il doit être inclusif.
Il doit être empreint de sincèrite, d’objectivité et sans passion.
Son ordre du jour doit concerner tous les aspects relatifs aux problèmes politiques, socio-culturels , économique et environnementaux du grand Nord comme le rôle des migrants dans la destruction de la flore et de faune dans la vallée de la Benoué, le Mayo Rey et des populations autochtones dans l’EN ( l’arrondissement de Mindif notamment) l’apport économique de chaque communauté, l’échec de la SEMRY malgré l’énorme financement de la coopération internationale, la réorientation de la politique agricole et cotonnière , l’industrialisation du Gd Nord, le sort des grands projets de développement initiés par Ahidjo et la responsabilité des ministres et hommes politiques du Nord dans leurs échecs, Fédération ou décentralisation pour le Gd Nord etc…
Il doit être organisé et coordonné par des personnalités indépendantes et expérimentées présidées par des personnalités comme comme L’ancien gouverneur Abakar Mahamat, professeurs de FAC, professionnels libéraux, banquiers….. représentants de la jeunesse, des étudiants, des commercants, , agriculteurs, etc…

Je m’arrête là petit frère et m’excuse pour la longueur de mon texte. Ce que je déteste d’ailleurs mais je n’ai pas pu faire plus court..
 » Une route peut prendre plusieurs directions, la vérité n’en connaît qu’une »

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