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Cameroun > Ambassadeur chinois à Yaoundé: “La Chine prendra également d’autres mesures pour riposter aux tentatives de la partie américaine d’« instrumentaliser Taïwan pour contenir la Chine”

Au cours d'une conférence de presse tenue à l'ambassade de Chine au Cameroun , Wang Yingwu, à tenu à apporter de la lumière autour des zones d'ombres sur la question de Taiwan depuis la visite de la présidente de la chambre des représentants des États-Unis d'Amérique dans l'île chinoise. En intégralité le discours de Son Excellence M. Wang Yingwu, Ambassadeur de Chine au Cameroun à la Conférence de presse sur la question de Taïwan ce 5 août 2022.

Par panorama
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Par Pierre Laverdure OMBANG

”Mesdames et Messieurs, chers amis,

Soyez les bienvenues à l’Ambassade de Chine pour participer à la Conférence de presse sur la question de Taïwan.
Mon exposé sera structuré en trois parties. Premièrement, la visite à Taïwan de Nancy Pelosi, Présidente de la Chambre des représentants des États-Unis d’Amérique, et les contre-mesures prises par la partie chinoise. Deuxièmement, les faits historiques relatifs à la question de Taïwan. Et troisièmement, la position de la Chine en réponse aux certains propos américains sur cette visite.

Première partie, la visite de Nancy Pelosi à Taïwan et les contre-mesures prises par la partie chinoise.
Les 2 et 3 août, Nancy Pelosi, Présidente de la Chambre des représentants des États-Unis d’Amérique, au mépris de la vive opposition et des démarches sérieuses de la Chine, s’est rendue dans la région de Taïwan de la Chine. Cet agissement constitue une grave violation du principe d’une seule Chine et des dispositions des trois Communiqués conjoints sino-américains, en portant gravement atteinte au fondement politique des relations sino-américaines, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Chine, et à la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan, avec un signal complètement erroné envoyé aux forces sécessionnistes de Taïwan. Il s’agit d’un incident grave qui aura certainement un impact sérieux sur les relations sino-américaines et la partie américaine doit en assumer l’entière responsabilité.
En réponse aux provocations avilissantes et dangereuses de la partie américaine, la partie chinoise est obligée de prendre une série de contre-mesures. Elle vient d’annoncer des mesures de sanctions contre Nancy Pelosi et sa famille proche. Le Ministère chinois des Affaires étrangères a convoqué l’Ambassadeur des États-Unis à Beijing pour une démarche solennelle et une vive protestation. L’Armée chinoise a mené une série d’opérations militaires conjointes autour de l’île de Taïwan, notamment des exercices navals et aériens conjoints, des tirs à longue portée et des essais de tirs de missiles, etc. Les manœuvres et entraînements sont toujours en cours.
Les autorités judiciaires chinoises, conformément à la Constitution, à la Loi antisécession et à la Loi sur la sureté nationale, engageront des poursuites pénales contre les sécessionnistes de Taïwan endurcis, et puniront la « Fondation pour la démocratie de Taïwan » et la « Fondation pour la coopération internationale et le développement de Taïwan », qui sont affiliées aux sécessionnistes de Taïwan. Le Ministère du Commerce a décidé de suspendre l’exportation de sable naturel vers Taïwan et l’importation de certains produits agricoles de Taïwan vers le continent à partir du 3 août, conformément aux lois et règlements en vigueur.
La Chine prendra également d’autres mesures pour riposter aux tentatives de la partie américaine d’« instrumentaliser Taïwan pour contenir la Chine » et à celles des forces sécessionistes de Taïwan de «s’appuyer sur les États-Unis pour rechercher l’indépendance ».
L’opinion publique ne peut être désobéie. Celui qui joue avec le feu finira par se brûler. La Chine a le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale et s’opposer à la sécession du pays, ce qui est tout à fait raisonnable et légitime. Toutes les conséquences qui en découleront doivent être assumées par la partie américaine et les forces sécessionnistes de Taïwan.

Deuxième partie, les faits historiques relatifs à la question de Taïwan.
Taïwan appartient à la Chine depuis toujours. À l’époque moderne, Taïwan a vécu le parcours de cession, de réunification et de séparation, mais le fait que Taïwan soit une partie inaliénable du territoire chinois reste inchangé.
En 1894, le Japon a déclenché la guerre contre la Chine et a contraint le gouvernement de la dynastie des Qing à signer le traité de Shimonoseki, pour « céder l’île de Taïwan au Japon ». Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Chine, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont publié la Déclaration du Caire en 1943, dans laquelle ils déclaraient que « le but des trois pays est de faire restituer à la Chine les territoires que le Japon lui a volés, tels que les quatre provinces du Nord-est, Taïwan et les îles Pescadores (dénommées les îles Penghu par la partie chinoise) ». Cette déclaration a été réitérée dans la Proclamation de Potsdam en 1945. Après sa capitulation, le Japon s’est clairement engagé à accepter les conditions de la Proclamation de Potsdam, Taïwan et les îles Penghu sont alors rentrés dans les bras de la mère patrie. Après la victoire de la Chine dans la guerre de résistance contre le Japon, la Chine est tombée dans une guerre civile. En 1949, après la guerre civile, la Chine Nouvelle a été fondée et le régime du Kuomintang s’est retiré à Taïwan. Taïwan a été de nouveau séparé du continent, et continue de l’être à ce jour.
La fondation de la République populaire de Chine s’est inscrite dans le cadre du remplacement de l’ancien régime par le nouveau. Le statut de la Chine en tant que sujet de droit international est resté inchangé, tout comme sa souveraineté et ses frontières. Le gouvernement de la République populaire de Chine est devenu le seul gouvernement légitime représentant toute la Chine et a hérité de tous les droits du gouvernement de la République de Chine, y compris naturellement la souveraineté sur Taïwan et les îles Penghu.
En octobre 1971, la 26e session de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution 2758, qui, je cite « décide le rétablissement de la République populaire de Chine dans tous ses droits et la reconnaissance des représentants de son gouvernement comme les seuls représentants légitimes de la Chine à l’Organisation des Nations unies, ainsi que l’expulsion immédiate des représentants de Tchang Kaï-chek du siège qu’ils occupent illégalement à l’Organisation des Nations unies et dans tous les organismes qui s’y rattachent », fin de citation.
Il n’y a qu’une seule Chine dans le monde, Taïwan est une partie inaliénable de la Chine et le gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légitime qui représente toute la Chine. Voilà le contenu essentiel du principe d’une seule Chine. Ce principe est le consensus universel de la communauté internationale et la norme fondamentale régissant les relations internationales, et constitue la base politique de l’établissement et du développement des relations diplomatiques entre la Chine et les autres pays. Depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949, 181 pays ont établi des relations diplomatiques avec la Chine sur la base de ce principe. L’avis officiel du Bureau des affaires juridiques du Secrétariat des Nations unies indique clairement que, je cite « Taïwan, en tant que province de la Chine, n’a pas de statut indépendant. Les autorités de Taïwan ne jouissent d’aucune forme de statut gouvernemental», fin de citation. En réponse à la visite de Nancy Pelosi à Taïwan, le porte-parole du Secrétaire général des Nations unies a déclaré le 3 août que l’ONU continuera à adhérer à la résolution 2758 et à la politique d’une seule Chine.

Les États-Unis font marche arrière sur sa politique relative à la question de Taïwan.
Comme ce que j’ai dit tout à l’heure, les États-Unis ont reconnu la souveraineté de la Chine sur Taïwan et les îles Penghu dans la Déclaration du Caire et la Proclamation de Potsdam. Toutefois, après la fondation de la Chine Nouvelle , et surtout après le déclenchement de la guerre de Corée, les États-Unis sont revenus sur leur parole, avançant la théorie du «statut indéterminé de Taïwan» et envoyant sa Septième Flotte dans le détroit de Taïwan pour entraver la réunification de la Chine. La question de Taïwan est devenue ainsi le plus grand obstacle à la normalisation des relations sino-américaines.
En 1971, les États-Unis ont affirmé à la partie chinoise qu’ils étaient prêts à adhérer à de nouveaux principes sur la question de Taïwan, c’est-à-dire que les États-Unis reconnaissaient qu’il n’y avait qu’une seule Chine dans le monde et que Taïwan faisait partie de la Chine; que les États-Unis ne feraient aucune déclaration future indiquant que le statut de Taïwan était indéterminé; et que les États-Unis n’avaient pas soutenu dans le passé et ne soutiendraient pas à l’avenir un quelconque mouvement d’«indépendance de Taïwan». Lors de la visite du Président américain Richard Nixon en Chine en 1972, la partie américaine a confirmé les principes susmentionnés et les a clairement énoncés dans le Communiqué de Shanghai, je cite «Les États-Unis reconnaissent que tous les Chinois des deux côtés du détroit de Taïwan croient qu’il n’existe qu’une seule Chine et que Taïwan fait partie de la Chine. Le gouvernement des États-Unis ne conteste pas cette position». L’engagement susmentionné des États-Unis a lancé le processus de normalisation des relations entre la Chine et les États-Unis.
En 1978, la partie américaine a clairement stipulé dans le Communiqué conjoint sur l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les États-Unis que, je cite « les États-Unis d’Amérique reconnaissent le gouvernement de la République populaire de Chine comme l’unique gouvernement légal de la Chine. Dans ce contexte, le peuple des États-Unis maintiendra des relations culturelles, commerciales et d’autres relations non officielles avec la population de Taïwan », fin de citation. Dans le Communiqué conjoint sino-américain du 17 août 1982, les États-Unis ont encore clairement indiqué que, je cite «les États-Unis d’Amérique reconnaissent le gouvernement de la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légitime de la Chine et reconnaissent la position de la Chine selon laquelle il n’existe qu’une seule Chine et que Taïwan fait partie de la Chine. Le gouvernement des États-Unis n’a aucune intention de porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Chine, de s’immiscer dans les affaires intérieures de la Chine ou de mener la politique des ‘deux Chine’ ou ‘une Chine, un Taïwan’», fin de citation. C’est sur la base de ces trois Communiqués conjoints que les relations sino-américaines ont connu un développement régulier au cours des 40 dernières années.
Cependant, les États-Unis n’ont pas réellement respecté leurs engagements, mais ont parlé d’une façon et agi d’une autre, en rehaussant constamment le niveau des relations avec Taïwan, encourageant et soutenant explicitement ou implicitement les forces sécessionnistes visant «l’indépendance de Taïwan», et aidant Taïwan à étendre son soi-disant «espace international». Surtout ces dernières années, les États-Unis et les autorités du Parti démocratique progressiste de Taïwan ont intensifié leur collusion, en se livrant d’une part à «instrumentaliser Taïwan pour contenir la Chine» et d’autre part à «s’appuyer sur les États-Unis pour rechercher l’indépendance de Taïwan», cherchant continuellement à déformer, dénaturer, obscurcir et priver de sens le principe d’une seule Chine. La partie américaine a intensifié ses efforts pour promouvoir les ventes d’armes à Taïwan, prôné sur la scène internationale «le statut indéterminé de Taïwan», et multiplié les échanges officiels avec Taïwan. La visite de Nancy Pelosi à Taïwan est un acte flagrant de la partie américaine de hisser le niveau de ses relations substantielles avec Taïwan, d’enhardir les force sécessionnistes de Taïwan, de violer la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine, d’aggraver les tensions dans le détroit de Taïwan et de mettre en péril les relations sino-américaines. C’est totalement inacceptable.
Si les États-Unis ont renié leurs engagements et n’ont cessé de faire marche arrière par rapport à leurs propres engagements et au consensus avec la Chine, ils ont pour objectif de s’immiscer dans les affaires intérieures de la Chine en jouant la «carte de Taïwan», de saper les intérêts vitaux et de contenir le développement de la Chine, afin de maintenir leur hégémonie dans le monde. Mais comme l’a déclaré le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi, «les États-Unis n’ont pas à prétendre qu’ils puissent saper le développement et la revitalisation de la Chine. Il est vain de se livrer aux provocations sur la question de Taïwan. Les tentatives de retarder le développement et la croissance de la Chine et de saper son essor pacifique sont vouées à l’échec».

Troisième partie, la position de la Chine en réponse aux certains propos américains sur la visite de Nancy Pelosi à Taïwan.
Au sujet de cette visite, certains politiciens et médias américains et occidentaux ont utilisé tous les sophismes possibles, en faisant passer le noir pour le blanc et en semant la confusion dans le public. Je voudrais profiter de cette occasion pour clarifier certains points.
Premièrement, certains prétendent que les États-Unis observent la séparation des pouvoirs, que le Congrès est un organe indépendant et égalitaire, et que la branche exécutive des autorités américaines ne peut interférer dans la visite de Nancy Pelosi à Taïwan.
En fait, le Congrès américain fait partie des autorités américaines et est censé se conformer strictement aux engagements américains à la politique d’une seule Chine et s’abstenir de toute forme d’échanges officiels avec Taïwan. Nancy Pelosi est Présidente de la Chambre des représentants des États-Unis et figure numéro 3 du pouvoir américain. Sa visite à Taïwan, à n’importe quel moment pendant son mandat, avec n’importe quel titre, sous n’importe quelle forme et n’importe quel prétexte, constitue une grave provocation politique en hissant le niveau des relations substantielles États-Unis-Taïwan. Les États-Unis doivent assumer leurs responsabilités internationales. La séparation des pouvoirs n’est pas le prétexte des figures politiques importantes pour leurs actions irresponsables. La partie américaine doit en payer le prix et en assumer pleinement la responsabilité.
Deuxièmement, certains prétendent que la visite à Taïwan en 1997 de Newt Gingrich, alors président de la Chambre des représentants des Etats-Unis, constitue un précédent. Ainsi Nancy Pelosi a le doit de décider de se rendre à Taïwan.
Je pense qu’il s’agit là du simple bon sens, à savoir que les erreurs du passé ne peuvent servir d’excuse pour une répétition d’erreur. La visite de Newt Gingrich à Taïwan était déjà une erreur complète. Au lieu de la corriger, la partie américaine l’a cité comme un précédent et une excuse pour les mêmes erreurs sur la question de Taïwan, ce qui a pleinement illustré la mentalité hégémonique et la logique de bandit de la partie américaine.
Troisièmement, la partie américaine dit que la Chine ne doit pas réagir de manière excessive à cette visite et aggraver les tensions dans le détroit de Taïwan en créant une crise.
Il s’agit d’une pratique constante du côté américain qui présente les faits à l’envers. Le monde voit très clairement que la provocation de Nancy Pelosi est arrivée en premier et que plus tard sont arrivées les contre-mesures de la Chine. Face aux graves provocations de la partie américaine, la Chine ne peut pas rester les bras croisés et a le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale. La visite de Nancy Pelosi à Taïwan et la collusion entre les États-Unis et Taïwan pour défier la Chine sont les causes fondamentales des tensions dans le détroit de Taïwan. C’est la partie américaine qui a provoqué l’incident et créé la crise. Afin de sauvegarder sa souveraineté et son intégrité territoriale et de préserver la dignité nationale, la partie chinoise a le droit de faire la contre-attaque.

Pour conclure, je voudrais souligner que le principe d’une seule Chine ne peut être ébranlé, et que la souveraineté, l’intégrité territoriale et la dignité nationale de la Chine sont inviolables. Taïwan est le Taïwan de la Chine, destiné à retourner dans les bras de la patrie. Tel est l’aspiration commune des 1,4 milliard de Chinois et l’aboutissement inéluctable de l’histoire. Les tentatives américaines d’« instrumentaliser Taïwan pour contenir la Chine » et celles des forces sécessionistes de Taïwan de « s’appuyer sur les États-Unis pour rechercher l’indépendance » sont vouées à l’échec. Le peuple chinois a l’audace de ne craindre ni le diable ni les forces du mal et de ne céder à aucune pression. Il a la ferme détermination, la forte volonté et la capacité invincible pour sauvegarder la souveraineté et la dignité de la nation. Il ne reculera jamais face aux adversaires puissants, et choisira le moment et la manière qu’il jugera appropriés pour réaliser la réunification totale de la patrie. La visite de Nancy Pelosi à Taïwan ne changera ni le fait que Taïwan est partie intégrante du territoire chinois ni le courant historique de la réunification ultime des deux rives du détroit de Taïwan. La question de Taïwan, née de la faiblesse et du chaos de la Chine dans le passé, prendra certainement fin à l’avenir avec le renouveau de la nation chinoise.

Merdames et Messieurs,
Les relations sino-camerounaises ont connu un développement sain et régulier à long terme, et la coopération dans divers domaines a donné des résultats fructueux. Nos deux pays se comprennent et se soutiennent mutuellement sur les questions touchant aux intérêts vitaux et aux préoccupations majeures de part et d’autre. Nous espérons que nos amis camerounais puissent connaître et comprendre la vérité sur la question de Taïwan et le danger de la provocation de Nancy Pelosi, continuer à défendre et à soutenir le principe d’une seule Chine, et travailler ensemble avec nous pour sauvegarder les intérêts communs des pays en développement et un ordre international équitable et juste.
Je vous remercie.”

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