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Afrique - 17 juin 2021

Cameroun > Assassinat de monseigneur Bala: affaire non classée

Quatre ans déjà que Mgr. Jean Marie Benoit Bala, ex- évêque de Bafia est mort dans des circonstances non encore élucidées jusqu’à ce jour.

Sorti de l’évêché
dans la nuit du 30 Mai 2017, son corps sans vie sera repêché deux jours plus tard des eaux du fleuve Sanaga sur le pont d’Ebebda. Alors que certains ont
parlé d’un suicide par naufrage, d’autre ont soutenu la thèse d’un assassinat. A l’occasion de la commémoration de ce triste évènement, votre journal vous
replonge dans ce qui apparait toujours comme une énigme, au regard des nombreuses questions toujours restées sans réponses.

La nouvelle qui a fait l’effet d’une
bombe est tombée juste au
moment où nous allions sous
presse. Et du coup, la clé Usb,
déjà à l’imprimerie pour le tirage
de votre journal, a été retirée en
catastrophe, le temps pour nous
d’annoncer cette information de
haute portée selon laquelle Jean
Marie Benoit Bala , évêque de Bafia
, se serait suicidé en se jetant dans
le fleuve Sanaga à partir du pont
d’Ebebda, un pont qui relie le
département du Mbam et Inoubou
à celui de la Lekié , deux
départements de la Région du
Centre. La thèse du suicide par
naufrage a été la plus divulguée àcaused’une note trouvée dans son
véhicule et sur laquelle il était
écrit« je suis dans l’eau ».

Cependant, et sur la base de
nombreuses déclarations
recueillies auprès des sources
généralement crédibles, il y a lieu
de s’interroger sur certains aspects
de cette affaire.
D’abord les circonstances de son
départ de l’Evêché de Bafia :
d’après des témoignages des
proches de l’évêque, ce dernier
Cameroon Tribune dans son édition
du Jeudi 1er Juin 2017 titre en page 15,
« Diocèse de Bafia : l’évêque porté
disparu ». Yvette Mbassi Bikele qui
commet l’article indique que la journée
du 30 Mai avait pourtant été calme
jusqu’à 14 heures lorsque la nouvelle
sur la disparition de Mgr Jean Marie
Benoit Bala évêque de Bafia s’est
confirmée notamment après
l’intervention du Préfet du Mbam et
Inoubou Maurice Tchoffo Sah sur les
antennes de la Crtv radio.

Rendu sur
les lieux accompagné de son état-
major, l’autorité administrative
constate effectivement que « le
véhicule Toyota Prado immatriculé CE
9503 V de couleur blanche est garé,
débordant de moitié sur le pont et
tourné dans le sens Yaoundé-Bafia. A
l’intérieur, la clé est sur le contact. Sur
le siège avant, quelques effets dont une
petite serviette blanche servant
vraisemblablement de mouchoir, les
pièces personnelles du prélat : carte
nationale d’identité, permis de
conduire de même que le dossier du
véhicule. Et surtout, ce mot laconique
rédigé sur le papier entête du diocèse
de Bafia et portant apparemment sa
signature ‘ Je suis dans l’eau ’.La
situation est inquiétante.

Minute après
minute, les différentes autoritésde la
République sont saisies et descendent
sur le site. » La suite de l’article indique
que pour des besoins de l’enquête qui
a été ouverte, le personnel de l’hôtel
particulier de Mgr Benoit Bala est
interrogé, leurs téléphones récupérés
par les forces de l’ordre. « Selon eux,
Monseigneur a quitté l’évêché aux
alentours de 23h30 pour une
destination inconnue ».

Aurore Plus dans son édition du 02
Juin 2017 titre en page 3 « Disparition
de Mgr Jean Marie Benoit Bala : qu’est
ce qui a pu arriver à l’évêque de
Bafia ? » Donès, l’auteur de l’article
serait parti de sa résidence la veille,
c’est à dire le Mardi 30 Mai 2017
vers 23h30 minutes pour une
destination inconnue. Il aurait
simplement dit qu’il allait « se
reposer ». Mais se reposer où à
pareille heure au volant de sa
voiture tout seul ? Avait –il
l’habitude de se soustraire à des
heures si avancées de la nuit pour
que sa sortie de cette nuit-là ne
puisse ni émouvoir, ni intriguer,
encore moins inquiéter aussi bien
sa sécurité que son entourage
immédiat?

Par ailleurs, il se dit que, quelque
temps plutôt, il aurait envoyé un
prêtre de son diocèse à la
Nonciature, sise à Yaoundé,
déposer chez le Nonce Apostolique
un volumineux courrier qu’il avait
pris le temps de rédiger. Mais ce
qui a paru curieux aux yeux de
l’opinion, c’est que la voiture de
l’évêque, retrouvée garée le
lendemain sur le pont d’Ebebda,
regardait vers Bafia et indiquait
qu’elle venait en direction de
Yaoundé. Toute chose qui
laisserait supposer qu’il aurait
d’abord traversé le pont en
direction de Yaoundé, avant de
prendre le chemin retour.

Alors,
était-il arrivé jusqu’à Yaoundé ? Si
oui pourquoi n’avait-il pas
emporté lui-même le courrier
expédié quelques heures plus tôt
par quelqu’un d’autre ? Sinon où
était –il et avec qui était-il lorsqu’il
a traversé le pont avant de prendre
le chemin retour et faire escale sur
ce pont ? Pourquoi ne s’est –il pas
directement arrêté à cet endroit
lorsqu’il venait de Bafia ? Etait –ce
lui-même qui était au volant de sa
voiture au moment où la voiture a
été garée sur les lieux ou alors
était-ce quelqu’un d’autre qui la
conduisait à sa place ? Y était –il
seulement ?

Autant de questions que se posent les uns et les autres.
L’on a retrouvé le dossier du
véhicule sur l’un des sièges de la
voiture ainsi que sa carte nationale
d’identité et une serviette blanche
à côté du message écrit sur un
papier dont l’entête est celui du
diocèse de Bafia « Je suis dans
l’eau ». Ici aussi, l’on n’a aucune
certitude formelle que c’est
l’évêque qui a lui-même disposé
tous ces effets avant d’aller « dans
l’eau ».

Certes, ses proches
affirment que l’écriture portée sur
le papier est bien la sienne, mais
encore faut –il savoir dans quelles
conditions il a eu à rédiger ce
message et surtout à quelles fins.
Enfin, y- aurait- t-il un lien entre
cet évènement et le décès survenu
il y a seulement quelque temps du
Recteur du Petit Séminaire St
André de Bafia,l’abbé Armel
Collins Ndjam, retrouvé mort dans
sa chambre ?

Toutes ces interrogations ne sont
que de simples supputations qui
ne sauraient en aucun cas remettre
en question l’hypothèse d’un
suicide. Et si c’en était alors un,
d’autres questions pourraient
continuer de tarauder les esprits :
qu’est ce qui a bien pu pousser
l’évêque de Bafia à se donner la
mort ? Car, il fallait bien qu’il ait
une raison suffisamment grave
pour arriver à poser cet acte fatal.
S’il s’était par exemple agi d’une
pression sur le plan professionnel
qui aurait pousser l’évêque de
Bafia à « aller se reposer » , Monseigneur aurait pu simplement
renoncer à sa charge épiscopale
comme l’on fait d’autres prélats avant lui, car la vie est un don de
Dieu et mieux que quiconque
l’homme de Dieu le savait très bien,
comme il savait tout aussi bien
l’espoir qu’il suscitait en ses
nombreux chrétiens et la place qu’il
occupait au milieu d’eux. Celle d’un
berger parmi ses brebis qui lui
vouaient amour et confiance et à
qui il apportait espoir et réconfort.

Robert Mondopak, Avec Amres infos

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