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Cameroun > Assemblée nationale: De la lune de miel à la lune de fiel entre Cavaye et Salman

Ce 7 septembre 2022, une lettre adressée à son homologue centrafricain par le président de l'Assemblée nationale (Pan) du Cameroun en dit long sur la rupture d’avec son ex-protégé à l’hémicycle.

Par panorama
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Par Arlette Akoumou Nga
«

J’ai l’honneur de vous faire connaître pour transmission à son haut destinataire que le député camerounais d’opposition Salmana Amadou Ali ne bénéficie d’aucun mandat de notre Institution lui permettant de mener les activités politiques et commerciales en République centrafricaine.» Ainsi écrit le président de l’Assemblée nationale (Pan)du Cameroun, Cavaye Yeguie Djibril à son homologue centrafricain, Simplice Sarandji.

Pour l’auteur, il serait souhaitable de porter à la connaissance des autorités de ce pays voisin le fait que Salmana est un député à «la moralité douteuse et vient des rangs de l’opposition». De ce fait, précise-t-il, il «agit pour son propre compte et ne saurait se prévaloir d’un quelconque soutien» de la part du Parlement camerounais.
Comme on le voit, il s’agit en réalité d’une lettre au vitriol contre le député Salmana, issu des rangs du Front national pour le salut du Cameroun (Fnsc, majorité présidentielle) dont le leader est IssaTchiroma Bakary.
Mais pourquoi un tel désaveu en mondovision quand on sait que, depuis que cet élu de la circonscription du Diamaré-centre dans l’Extrême-Nord est entré à l’hémicycle, en 2020, le Pan l’a pris sous son aile et l’envoyait régulièrement le représenter à l’étranger, lors de rencontres internationales des Assemblées nationales ? On peut citer par exemple le Maroc, le Rwanda ou la Rca.

«J’exprime ma profonde gratitude au président de la République centrafricaine, le Professeur Faustin Archange Touadéra et son vaillant peuple pour cette marque de reconnaissance. Une preuve que j’ai été adopté comme un fils du terroir. Vive la coopération entre le Cameroun et la Rca».

signe-t-il, par exemple sur sa page Facebook, au terme d’une audience avec le numéro un centrafricain, qui l’a d’ailleurs décoré.

C’est un fait qu’il a été élevé « en tant qu’opérateur économique, au rang de Commandeur du mérite commercial centrafricain ». Bien plus, en marge de la 47è session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie à Kigali, Salmana Amadou Ali était déjà invité par la première dame du Rwanda, Madame Jeannette Kagamé au palais présidentiel. Il avait alors été élu rapporteur mondial de la Francophonie pour le Parlement des jeunes pour un mandat de 2 ans, au terme de l’élection des membres du bureau de l’Assemblée parlementaire tenue à Kigali. Comment donc comprendre ce désaveu ?
Conflit avec le Dircab de Cavaye
Il est de notoriété publique que Salmana Amadou Ali et le directeur du cabinet (Dircab) du Pan, Boukar Abdourahim, ne s’entendent guère. On se souvient que sa plainte, déposée contre X devant les tribunaux à Mora, visait implicitement ce dernier que certaines langues accusent d’être l’auteur de la diffusion de banderoles présentant l’élu du Diamaré comme le potentiel successeur de Cavaye Yeguie Djibril au perchoir. Dans cette plainte, il accusait X de faux et usage de faux, atteinte à l’honneur d’un élu, fraude et manipulation.

En son temps, cette affaire a fait les choux gras sur les réseaux sociaux et les groupes whatsapp du septentrion, nourrissant des joutes verbales d’une extrême violence. Certains acteurs politiques n’hésitaient pas, dès lors, à affirmer que c’est le Pan qui aurait financé la campagne de Salmana contre la liste Rdpc du Diamaré à Maroua afin de fragiliser l’élite du chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord et briser ses velléités de leadership sur la région. Ceux-ci estimaient que ce protégé du Pan recevait régulièrement de lui de l’argent, faveurs et toutes sortes de largesses. Ceci, affirmaient-ils, a amené Salmana à multiplier les actions sur le terrain, projetant paarfois hors de sa circonscription électorale et même de sa région natale.

On l’a ainsi vu aller jusqu’à Ngaoundéré procéder à une distribution de denrées alimentaires aux populations. Au niveau de l’Assemblée nationale, il se murmure dans les coulisses que l’influence grandissante de Salmana auprès de la 3ème personnalité du pays serait à l’origine de cette saignée. Le Dircab, à son tour, soucieux d’exercer un contrôle total sur le Pan, voit d’un mauvais œil cette influence venant surtout d’un élément qu’il ne contrôle pas. Les deux s’épient, lâchent des sources, se jaugent et s’assènent quelques coups sans grande conséquence. Jusqu’au jour où les fameuses banderoles entrent en scène. Cette affaire, apprend-on, a jeté un froid entre le Pan et Salmana au point où le premier aurait dit au second qu’il ne veut plus le voir.

Sa deuxième faute, comme on l’affirme dans les coulisses de l’Assemblée nationale, viendrait du fait que le député du Diamaré aurait mis en statut une photo qu’il a prise avec le secrétaire général de la présidence de la République dans la salle des pas perdus de l’Assemblée nationale, à la sortie d’une séance plénière. Il est de ce fait vite présenté au Pan comme l’espion du secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, à qui il rendrait compte de tout ce qui se passe à l’hémicycle.
Le tour était joué, une fois de plus quand on connaît la haine du Pan vis-à-vis de ce dernier qu’il accuse d’empêcher qu’il rencontre le président de la République.

Toutes les tentatives de Salmana auprès du natif de Mada, pour démontrer qu’il s’agit d’un complot de son Dircab contre lui sont vaines. Les portes du cabinet lui sont hermétiquement fermées, apprend-on. De là, ces sources indiquent qu’instruction est donnée au protocole et à la sécurité de lui interdire toute entrée et toute approche du Pan. Salmana, révèlent des sources introduites au Palais de verre, va tenter un dernier baroud au cours de la dernière session de juin.
Malgré l’interdiction et les dispositions prises, il réussira, susurre-t-on à forcer l’entrée du bureau du Pan en dépit des tentatives de la garde de le stopper. Le Pan, apprend-on ce jour-là, était en compagnie du Premier ministre Joseph Dion Ngute et de certaines personnalités. C’est la gêne totale. Il s’adresse au Pan en fulfuldé pendant de longues minutes. C’est donc là tout le sens du rouleau compresseur lancé désormais aux trousses de celui qui hier était le chouchou du Pan.

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