Afrique Santé panorama 19 novembre 2020 (0) (121)

Cameroun > Assemblée nationale: Exorcisme des démons anti-vaccin contre le cancer du col de l’utérus

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Aux commandes de la séance, le député Rdpc des Hauts-Plateaux officiant en lieu et place de Cavaye Yeguié Djibril empêché.

Entourée d’une brochette de partenaires, il a déployé des arguments massues en faveur de cette vaccination. Une batterie de recommandations sur la table.

La question de vaccination n’est pas une question partisane, ni politique. Elle est scientifique et sociale”,

a lancé d’entame Théodore Datouo,

avant de préciser qu’il faut l’aborder avec sérénité, tempérance, dans l’objectif de mieux comprendre, d’être mieux informé pour contribuer à ce qui est la mission essentielle de l’Assemblée nationale, l’intérêt des populations, l’intérêt national.

Plus loin, il va marteler que la rumeur ne doit pas être le thermomètre de nos actions, de nos positions, les vérités des réseaux sociaux ne sont pas forcément des vérités vraies. Nous pensons et nous croyons que le vaccin est un excellent moyen pour prévenir la maladie, la meilleure arme de protection contre les maladies évitables par vaccination”.

Dans la foulée, il va attaquer la forteresse des anti-vaccins contre le cancer du col de l’utérus en des termes poignants et saisissants.

Aujourd’hui, force est de constater la réticence d’une frange importante de la population à se faire vacciner. Pendant que certains meurent faute de vaccins, d’autres en revanche mettent en péril leur vie et celles des autres en le refusant”,

s’offusque-t-il.

Ce rejet du vaccin, qu’il appelle scepticisme, trouve en partie ses origines dans les campagnes de désinformation largement diffusées à travers les médias et les réseaux sociaux, exacerbée par la pandémie mondiale de Covid-19. Ce mal a laissé selon l’élu du peuple un terrain fertile à un courant anti vaccinal en Afrique et particulièrement au Cameroun, lequel se fonde sur la théorie eugéniste orchestré par les puissances mondiales avec le concours des grandes industries pharmaceutiques.

C’est donc un constat alarmant chers collègues, distingués invités, la baisse du taux de couverture vaccinale est une réalité au Cameroun depuis l’année 2020″,

a-t-il conclu.

En ce qui concerne Manaouda Malachie, il va rappeler que le vaccin contre le papillomavirus humain, introduit le 12 octobre 2020, en vue de protéger contre la survenue du cancer du col de l’utérus et des condylomes acuminés,

ne connaît pas encore l’adhésion de certains concitoyens, en raison des rumeurs qui circulent dans les réseaux sociaux, des doutes et des réserves légitimes émis par certains compatriotes“.

Les hésitations à la vaccination sus-évoquées, rappelle le patron de la santé, surviennent dans un contexte marqué par la montée des lobbies anti-vaccination, des négationnistes, et l’amplification de certaines considérations religieuses encourageant le refus des vaccins, voire l’hostilité à la vaccination a suscité et amplifié ces rumeurs. Elle constitue un réel défi pour le système de santé.

Une batterie de recommandations

Ces recommandations se structurent autour de trois axes principaux, à savoir, les politiques publiques, l’indépendance vaccinale et le renforcement des capacités. Sur le plan des politiques publiques, il y a d’abord la matière qui concerne la stratégie, l’adhésion et la communication.

A ce niveau on peut retenir: la conception et la mise en œuvre d’un programme de communication dynamique plus adapté et simplifié en direction des populations; le renforcer de la sensibilisation et la mobilisation sociale en faveur de la vaccination; l’organisation des causeries éducatives au sein des associations et communautés de tout genre sur la vaccination; la mise en exergue de la responsabilité individuelle et collective en matière de prévention sur la maladie et les risques potentiels.

La deuxième matière est l’indépendance vaccinale. A ce niveau, on peut faire l’économie de la mise en place des mécanismes internes de financement durable de la vaccination ; la définition et la mise en œuvre du processus de production locale de vaccins de première nécessité.

La troisième matière est le renforcement des capacités. Ici, on comptabilise entre autres, la formation des agents de santé communautaire ; l’introduction dans les programmes scolaires des modules sur la prévention des maladies par la vaccination.

Sur le plan législatif et réglementaire, on peut retenir entre autres l’accélération du processus législatif et réglementaire de la mise en place de la couverture santé universelle; le renforcement et l’actualisation du cadre juridique lié à la vaccination. Pour terminer, les députés de la Nation s’engagent tous pour la vaccination et se tiennent du côté du gouvernement pour la sensibilisation.

Léopold DASSI NDJIDJOU


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