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Afrique - 6 décembre 2021

Cameroun > Assemblée nationale: Nintcheu menace de créer un blocage à l’avenir

Le jour j du vote du budget a livré un clash violent entre le président de l’Assemblée nationale (Pan) et l’élu Sdf du Wouri-Est-ce 5 décembre 2021. Le député Sdf se projette.

« Le président de l’assemblée nationale a pris sur lui la responsabilité grave et sans précédent de violer le règlement intérieur en son article 57(3) relatif à « la question préalable » en me refusant systématiquement la parole ! Je voudrais savoir de quoi il a peur alors qu’il peut compter sur une majorité obèse et mal acquise », s’insurge le député à notre micro à la fin de la séance. Il poursuit en indiquant qu’il croit que le Pan cherche désespérément à protéger « ses amis ministres bandits qui ont volé l’argent du contribuable ! » Dans la foulée, il indique le patron de la Chambre savait qu’il allait mettre à nu cette mafia qui pillent en bandes organisées les ressources de l’Etat. « Mais Je le mets garde ! Si cette tentative de musellement se poursuit, je créerai un incident de nature à bloquer l’Assemblée », prévient-il.

Et pour cause ? Ce 5 décembre 2021, le truculent élu de l’opposition a encore remis cela cela. Si la dernière fois parce qu’il avait traité les députés de l’Assemblée nationale de « godillots », et que le vice-président de la Chambre, Hilarion Etong, avait exigé et obtenu le retrait de ses propos « incommodes », même si cela s’est fait hors micro, on s’attendait à ce que le maître des céans, une fois au perchoir, mette les pendules à l’heure. C’est fait.

Cavaye Yeguie Djibril a de toute évidence voulu montrer qu’il est le patron. Non seulement il a menacé de mettre à contribution les gendarmes pour mettre hors de l’hémicycle l’irrévérencieux député (c’est une première), mais bien plus, il l’a privé de poser ses trois questions aux membres du gouvernement par rapport au budget qui leur est alloué. Ce qui fait jaser beaucoup de députés qui estiment qu’en procédant de la sorte, le Pan a manifestement violé l’alinéa 3 de l’article 57 du règlement intérieur de la Chambre.

Il y a belle lurette que l’opposition frontale au gouvernement est menée au sein de l’Assemblée nationale par Jean Michel Nintcheu. Il a de ce fait coupé le sommeil aux gestionnaires des Fonds alloués au Covid-19 et engendré des émotions vives avec ce qu’il est convenu d’appeler la « Covidgate ». Que le Pan en arrive à ce niveau avec lui, il y a lieu de penser comme on le dit trivialement, qu’il avait son macabo. « Chers collègues, indignez-vous ! Indignez-vous ! »

Dans sa déclaration, Jean Michel Nintcheu n’a pas la dent tendre vis-à-vis du pouvoir. « Chers collègues. Fidèle à son habitude, le gouvernement a une fois de plus, je dirais une fois de trop, violé la loi portant régime financier qui impose 15 jours minimum avant le début de la session pour le dépôt du projet de loi des finances. Je m’insurge contre cette propension de l’Exécutif à violer systématiquement et surtout avec une arrogance et une condescendance assumées les lois de la République », déclare-t-il.

Il relève par ailleurs qu’il n’a de cesse de dénoncer l’incurie, ce qui illustre à suffire la volonté de l’Exécutif à transformer la représentation nationale en une simple chambre d’enregistrement et les députés en automates désincarnés dont le rôle est uniquement d’applaudir et de voter. A son compté établi, il précise que le gouvernement ne rate aucune occasion pour humilier la représentation nationale.

Il prend de ce fait à témoin ce qui s’est passé à la plénière spéciale consacrée au rapport de la chambre des comptes relatif à la gestion mafieuse des fonds Covid-19 prévue le 24 juin dernier et déprogrammée à la dernière minute sans aucune raison ni explications ni justification. En surveillant invétéré de l’action gouvernementale, il martèle qu’en dépit des « obstructions de la mafia », la Chambre des comptes a publié son rapport.

« je m’attendais à voir le banc des ministres plus clairsemé en raison des démissions en cascades, mais comme le Cameroun c’est le Cameroun, je vois plutôt des cleptomanes clairement mis en cause dans ce rapport afficher des mines d’insouciance alors que leur vénalité et leur cupidité ont causé la mort de plus d’un millier de compatriotes ! », lance-t-il provocateur avant d’enfoncer le dernier clou.

« Dans un rituel immuable, certains ministres attendent le vote du budget, tels des prédateurs affamés pour se livrer avec voracité à leur sport favori : le détournement des deniers publics ! Chers collègues, indignez-vous ! Indignez-vous ! Défendez votre dignité, votre honneur qui doit être au-dessus des privilèges indus! Les générations actuelles nous regardent. La majorité silencieuse nous observe. Le tribunal de l’Histoire sera impitoyable pour certains. Ce sera le purgatoire ou l’enfer », proclame-t-il avec des relents prophétiques. Pour finir, il propose le rejet du projet de la loi de Finances qui a été, faut-il le rappeler, adopté.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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