Home Politique Afrique Cameroun > Aux «camarades» sous le coup de la justice…: La hiérarchie du parti exige l’omerta
Afrique - Afrique - 3 semaines ago

Cameroun > Aux «camarades» sous le coup de la justice…: La hiérarchie du parti exige l’omerta

Les militants du Rdpc emprisonnés dans le cadre de l’Opération épervier sont tenus de respecter la discipline du parti. Dossier / Opération épervier 20 ans après.

Par Joseph OLINGA N.

«Le combat politique se déroule sur deux plans : d’un côté entre des hommes, des groupes et des classes qui luttent pour le conquérir, partager ou influencer le pouvoir ; de l’autre entre le pouvoir qui commande et les citoyens qui lui résistent». Extrait d’une tribune publiée dans Jeune Afrique Economie à l’été 2012, par le secrétaire national à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le Professeur Jacques Fame Ndongo.

La correspondance est en fait une réponse du parti à Marafa Hamidou Yaya, militant du Rdpc embastillé dans le cadre de l’Opération épervier. Dans son exposé, le porte-parole du parti de Paul Biya entend aussi donner à ses nombreux camarades emprisonnés la conduite édictée par le parti.
Sans ambages, le secrétaire national à la communication entend rappeler que le Rdpc est un parti dirigé par le président national Paul Biya qui tient le pouvoir et des militants qui ont le devoir de garder le silence qui s’impose dans toute communauté d’intérêt.

A priori, la correspondance du comité central du Rdpc fustige le comportement des militants incarcérés dans le cadre de l’Opération épervier qui transgresse le droit de réserve que leur impose, selon les termes de la correspondance, leur posture d’ancien cadre de la haute administration. Mais aussi, celle que leur oblige leur statut de militant et cadre du Rdpc.

Des «camarades» considérés comme militants à part entière du parti malgré leur embastillement. A ce titre, Jacques Fame Ndongo rappelle que «le parti et les militants sont tenus de soutenir la politique définie par le président de la République, président national du Rdpc.»
En rappel, la correspondance du secrétaire national à la communication du Rdpc rappelle à ses camarades les engagements pris vis-à-vis du Rdpc.

Serments matérialisés en termes

d’approbation des orientations données par le chef de file, Paul Biya. C’est que, le secrétaire national à la communication assimile toute plainte des militants du Rdpc emprisonnés comme une trahison. Un acte assimilé à la posture parricide de «Brutus face à Jules César». Un message adressé à tous ceux, parmi les militants du Rdpc emprisonnés dans le cadre de l’Opération épervier qui prendrait des libertés avec «la discipline du parti».

Si la correspondance du secrétaire national à la communication du Rdpc rappelle à ses camarades en difficulté le caractère discrétionnaire du choix du président de la République et président national du Rdpc qui les a politiquement hissés au firmament, Jacques Fame Ndongo n’hésite pas à souligner les dispositions de l’article 9 des statuts du Rdpc.

«La qualité de membre du Rdpc se perd soit par démission, soit par exclusion». Du reste, souligne le porte-parole du Rdpc, «le fait pour un membre du Rdpc, de présenter au camerounais un projet de société autre que celui du président national induit, implicitement, que ce camarade déroge sciemment aux dispositions pertinentes de l’article 31 des statuts.» Ce qui, dixit Fame Ndongo, signifie qu’il en tire, lui-même, les conséquences. Le Secrétaire national à la communication du Rdpc rappelle à ce propos que «Le principe aristotélicien du tiers-exclu nous apprend que nul ne saurait «être et ne pas être».

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