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Cameroun > Bafoussam: L’allergie au masque, l’apathie des autorités

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C’est en réalité la nouvelle donne dans la région de l’Ouest. La psychose créée par Cororavirus n’est plus qu’un souvenir.

Une société post-Covid ou bien une épidémie de négligences ?
Dans les taxis, les marchés et les places publiques, l’allergie de porter le masque est la chose la mieux partagée. La psychose est tombée, laissant les Bafoussamois dans une sorte d’euphorie exaltée de renouer avec les vieilles habitudes du quotidien.

Ici, on aime saluer en se serrant les mains ou en se jetant dans les bras. Autant dire qu’on affectionne la chaleur du contact pour magnifier la cordialité dans les rapports humains. Le Covid-19, du lieu où il se trouve en ce moment, doit s’étrangler de ne pas profiter de tels effluves entre les humains pour édifier son royaume apocalyptique où regnent la mort et la désolation.

Coronavirus est fini, il ne sert donc plus à rien de nous étouffer avec ces masques pour rien”,

lance un conducteur de moto taxi avant de conclure sur un ton sarcastique:

de toutes les façons si Coronavirus était là, on ne le dirait pas à quelqu’un ! Chacun le verrait ou le sentirait par lui-même ! Est-ce qu’en Europe où  il écrase les gens, il s’est fait discret une seule fois? Répondez. Ici, nous, on ne connait pas ça !”.

Effectivement dans un taxi, mon masque que j’abore ostensiblement, incite un jeune assis à mes côtés de me demander si je ne sais pas que c’en est terminé avec Coronavirus. Au moment où je veux placer un mot, un concert de voix m’assomment, m’intimant de ne plus surfer sur la peur des gens avec mon “masque de con”. J’avale avec un brin de surprise cette unanimité spontannee et laisse dès lors  l’homelie, la messe de requiem du virus de Wuhan se déchaîner.

Tout y passe. Entre conspiration internationale avortée pour anéantir tous les Africains, stratagèmes des hommes politiques pour museler la population dans l’espace public, ou même une expérimentation d’un cataclysme planétaire en préparation,  on ne sait plus où donner la tête. Autre lieu de verification de cet état de chose: le bar, l’eglise par excellence des Camerounais. Ici, les gens sont attablés par groupes, qui fumant, qui jouant au jeu de dames. La proximité physique n’a jamais été significative. 

Le tenancier du débit de boisson explique qu’il a exigé et obtenu de tous ses clients le respect de toutes les mesures barrières prescrites par les autorités gouvernementales, il y a a de cela quelques temps. Mais concède-t-il, cela ne sert plus à rien car tout le monde a compris que Coronavirus est passé et a lamentablement échoué.

Nous entendons qu’il y a une deuxième vague qui vient mais nous n’avons plus peur, quand elle sera là, nous saurons”,

assène cet homme dans sa cinquantaine, visiblement avisé de ses propos. 

La jet-set porte le masque

Devant ce tableau sombre d’incrédulité sur la présence du Covid-19 à Bafoussam, la première rupture visible vient du côté des forces de Sécurité en patrouille ou au postes fixes de contrôle. Ils portent les masques. C’est à se demander pourquoi elles n’exigent pas cet outil de première importance dans lutte contre la propagation du Coronavirus aux usagers totalement révoltés par son port. Aussi,  devant les bureaux administratifs dans l’ensemble, il existe de moins en moins des seaux et du savon.

Et là encore, très peu d’usagers se plie spontanément au lavage systématique des mains. Il en va aussi ainsi  dans les grands commerces où les porteurs de masques côtoient ceux qui en ont l’allergie. Qu’en sera-t-il des élèves et étudiants à la prochaine rentrée ? Que s’est-il passé pour qu’on  en arrive à ce degré d’ecart de la norme prescrite? Et comment comprendre l’apathie des autorités face à ce phénomène ? Le discours et les chiffres des plus rassurants venant du ministère de la  la Santé publique, sont-ils la balise du ce grand chemin d’abandon généralisé qui peut entraîner la perte de tout un peuple?
Léopold DASSI NDJIDJOU à Bafoussam


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