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Afrique - 10 septembre 2021

Cameroun > Biodiversité: Le gouvernement veut doper l’écotourisme

Alors que le monde entier s’alarme sur le déclin de la biodiversité à travers la planète la protection des espèces marines a dopé l’écotourisme dans le village Ebodje, cette localité au bord de l’océan Atlantique dans le sud du pays.

C’est en 1998 avec la fin du projet Protomac (Programme Régionale de Protection des Tortues Marines en Afrique Centrale ) basée au Gabon , et à la faveur de la signature en 2001 par le Cameroun de la convention internationale de protection et la conservation des tortues marines que voit le jour l’Association « Tube Awu » qui signifie en langue locale Iyassa, «Notre Océan ». Objectif : donner à cette espèce aquatique, véritable totem du village (Ebodje) qui borde la côte atlantique du Cameroun au sud du pays dans l’arrondissement de Campo, tous les soins nécessaires à sa conservation.

Ainsi, Tube Awu va-t-elle mettre sur pied la Maison des Tortues, qui est un centre de recherche dédiée à cet animal

« Là dedans vous allez y trouver des bureaux il y a également une pièce prévue pour le laboratoire pour pouvoir faire également des études génétiques »

nous confie Denis Nyama Loba président de l’association Tube Awu et responsable de la Maison des Tortues.
Selon Denis Nyama Loba, les tortues dans la biodiversité marine ont un rôle très important car elles servent de nettoyeuses des méduses.

«L’abondance des méduses fait disparaitre totalement les poissons et nous avons des tortues telle que la tortue luths qui mange l’équivalent de son poids en quantité de méduses en un repas ; de sorte que si elle pèses une tonne, elle va consommer autant de méduses d’un seul trait. »

révèle t-il avant de rappeler cet adage populaire très répandue dans les milieux des pêcheurs

« Plus de méduses zéro poissons , moins de méduses plus de poissons ».

Il en est des méduses comme des herbiers marins ; les tortues les consomment en abondance également permettant ainsi de dégager des espaces pour les pêcheurs.

Les études menées jusqu’ici dans la maison des tortues, ont permis de reconnaître que les eaux camerounaises abritent cinq espèces de tortues: la tortue luths, la plus grosse des tortues au monde, la tortue olivâtre, la tortue verte, la tortue imbriquée et la cawane. Parmi les cinq espèces deux viennent nidifier régulièrement sur les plages d’Ebodje.

Un soutien à la scolarité des enfants

Pour garantir une protection quasi absolue à cet animal, et rentabiliser l’activité, l’association a développé un système de parrainage grâce à l écotourisme. Le procédé est simple: tout pêcheur qui attrape accidentellement une tortue dans ses filets, au lieu de la tuer et la consommer, il ramène la bête au village, et les touristes, très fréquents à Ebodje pour admirer ces tortues et savourer la beauté des plages, dédommagent financièrement le pêcheur pour arranger ses filets.

Les gains issus de cet écotourisme ont permis de soutenir la scolarité de tous les enfants du village, comme en témoigne le chef d’Ebodje, Majesté Ndjokou Djongo

« avant quand on parrainait une tortue libérée, dit-il, on confiait l’enfant au parrain qui s occupait de son éducation, et chaque enfant à la rentrée scolaire avait trente mille francs ici à l école primaire. Il y en a qui sont à l’université aujourd’hui, d’autre sont devenus des grands cadre dans diverses administrations à travers le pays »

souligne le chef du village qui précise que

« cet argent a permis de construire une bibliothèque à l’établissement et offrir des fourniture scolaires aux élèves pendant de nombreuses années. »

Malheureusement l’apparition du coronavirus a considérablement réduit le nombre de touristes à Ebodje.

Ebénizer Diki

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