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Afrique - 30 décembre 2021

Cameroun > Btp: Quel avenir pour les Pme locales [ Enquête panorama papers ]

Elles représentent moins d’un pour cent dans les parts des marchés attribuées par l’Etat, chaque année, pour la réalisation des chantiers lancés au Cameroun.

Une enquête de Joseph Olinga N.

Bien loin du tiers des attributions annoncées par le gouvernement. Absence de feuilles de route gouvernementale pour la promotion de l’entreprenariat locale.
Plus de 60% du budget d’investissement public (Bip) sont destinés à la construction des bâtiments publics, routes, autoroutes, ponts, pistes rurales, forages, électrification rurale et autres ouvrages. Une enveloppe qui doit permettre au secteur secondaire de contribuer à au moins 2 points de plus dans les prévisions de croissance économique camerounaise.

De même que, prévoit le gouvernement, cette hausse relative doit permettre aux entreprises des bâtiments et travaux publics (Btp) de voir leurs activités augmenter de 2 à environ 4,5%.
Si les prévisions gouvernementales laissent apparaître une embellie relative dans le secteur des Btp, cette manne, pour l’essentiel pourrait une fois de plus bénéficier aux entreprises étrangères.

Depuis une dizaine d’année, les statistiques rendues publiques le Gicam indiquent que seulement qu’à peine mille entreprises camerounaises, classées dans le registre des petites et moyennes entreprises (Pme) ont accès aux marchés publics. Le fichier des entrepreneurs camerounais exerçant dans le secteur des bâtiments et travaux publics ne compte pas moins de 203 mille entreprises formellement répertoriées.

Savoir-faire avéré

Des entreprises qui proposent des savoir-faire dans la construction et l’entretien routier, la construction des bâtiments, des infrastructures hydrauliques, l’installation des réseaux d’électrification, la mise en place et l’entretien des réseaux ferroviaires, portuaires et aéroportuaires. De même qu’elles s’illustrent dans l’érection des œuvres d’art. Des entreprises qui ne demandent qu’à «être réellement impliquées dans la réalisation des grands projets infrastructurels» comme le relevait le président de l’Ordre des ingénieurs de génie civil du Cameroun.

Vœux et promesses réitérés par le ministre des travaux publics (Mintp), Emmanuel Nganou Djoumessi qui invoque la nécessité de promouvoir une industrie locale des bâtiments et travaux publics. Une nécessité, selon le Mintp, qui permettra de réduire le coût des travaux de construction des infrastructures, la maîtrise des prix unitaires, celle de la réalisation de la commande publique à échéance requise «sur la base des études techniques rigoureuses et conformes aux critères de maturation des projets.» Des vœux exprimés par le Mintp au moment où la Banque mondiale s’inquiète particulièrement des coûts des infrastructures routières au Cameroun.

L’institution financière internationale fait remarquer que les coûts des projets routiers et autres infrastructures d’envergure au Cameroun coûtent deux à six fois plus que celles similaires dans des pays ayant le même niveau de développement que le Cameroun. C’est le cas, souligne la Banque mondiale, de l’autoroute Yaoundé-Douala dont le coût dépasse les 11 millions de Dollars par kilomètre. La même infrastructure coûtant 3,5 millions de Dollars en Côte d’ivoire et 3 millions de Dollars au Maroc.

Diagnostics à variables

«Nous devons démontrer, à partir de notre expertise, que nous sommes en mesure de construire nous-mêmes nos infrastructures.» martèle le président l’Ordre des ingénieurs de génie civil du Cameroun. Des vœux que les grandes entreprises étrangères qui constituent l’ossature du Groupement inter patronal du Cameroun relativisent.

Trivialement appelées «le patronat» Elle mettent en doute la qualité des travaux des Pme camerounaises, leurs capacités techniques et financières ainsi que les difficultés pour les Pme camerounaises de mobiliser des couvertures financières auprès des banques et autres institutions financières au plan national et international. Difficultés auxquelles les mastodontes réunis au sein du Gicam ajoutent la capacité des Pme camerounaises à disposer d’équipement techniques susceptibles de garantir la qualité des ouvrages commandés.

Le diagnostic est autre chez les petites et moyennes entreprises camerounaises. Promoteur d’une Pme dans le Bâtiment et les travaux publics, Alain Biyo’o pense que «l’Etat camerounais doit mettre sur pied une politique conséquente de promotion des Pme locales. » Pour se faire, la même source met évoque la nécessité de revoir les contraintes fiscales défavorables aux entrepreneurs locaux, réduire les incertitudes liées aux paiements des entreprises, le recours à l’attribution «exclusive» de certains travaux aux entreprises locales ainsi que la maîtrise des prix de certains intrants tels que le ciment, le ciment et le fer.

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