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Cameroun > Cahier d’un séjour à Dakar au Sénégal !

À Dakar pour un séjour de formation des militants et cadres du Mrc, une mission dévolue à l'Académie de la Renaissance, j'ai compris que le régime de M. Biya nous perd énormément de temps.

Par panorama
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Avec Serge Éric Dzou

Le Sénégal est un pays où la césure entre la masse et l’élite est perceptible à plus d’un niveau. L’élite religieuse et traditionnelle constitue l’aristocratie très puissante qui participe à la régulation sociale des masses et joue un rôle décisif pour l’ascension de la classe politique. L’élite intellectuelle et administrative est minoritaire, mais se comporte comme des ouvriers dans un pays en chantier. La masse est fortement illettrée. Mais elle semble décomplexée dans cette situation.

L’élite dont je parle ici a institué la démocratie comme réalité au Sénégal. J’ai discuté avec des officiers supérieurs de l’armée qui parlent du président de la République en ces termes : ” nous avons déjà fait comprendre à Maki qu’il a intérêt à ne pas présenter sa candidature pour un autre mandat, car la tradition au Sénégal c’est deux mandats. Même si la constitution le lui permet. D’ailleurs s’il tente il ne peut compter que sur lui-même, il partira honteusement, le verdict des urnes est sans appel “. Et quand je vois les autoroutes à profusion, la nouvelle ville Diamnadio, lla clinique polytechnique avec un plateau de pointe afin d’éliminer les évacuations sanitaires, le niveau d’Internet, la réalisation de box moderne de distribution d’eau potable, les ruelles goudronnées à l’intérieur des quartiers, la qualité de l’infrastructure universitaire, l’industrie touristique, les alternatives de transport urbains et interurbains à caractère social, les Hlm ( car le logement est cher à Dakar)… Les autoroutes, les ponts, les grands chantiers Btp ici sont à 75% réalisés avec le savoir et la main d’oeuvre camerounaise.

J’ai aussi appris à observer la grandeur d’un président très controversé au Sénégal, Abdoulaye Wade. Toutefois c’est lui le père du Sénégal moderne, il a transformé son pays en 12 ans. Les autres villes où je ne me suis pas encore rendu, bénéficient tout de même de travaux de construction routières et des infrastructures universitaires. Wade est un homme ambitieux et son magistère le démontre à travers les projets portes et réalisés par lui. Les travaux comme la construction de la nouvelle ville, le nouvel aéroport et le “stade du Sénégal” sont des oeuvres pensées par lui et réalisés par son successeur à la faveur d’un partenariat avec la Turquie qui en assure le financement et la construction.
En discussion tour à tour avec trois universitaires, il revient toujours une expression : ” La Cameroun est une terre d’intellectuels” et continuent par ” nous ne comprenons pas pourquoi ce pays ne décolle pas, pourquoi le président Biya déjà très fatigué restent toujours au pouvoir, alors qu’on perçoit qu’il n’a plus la main. C’est un peu la reproduction du cas de Bourguiba. Que nos frères camerounais préparent l’après Biya, sinon ils verront passer un scénario semblable à celui des Bongo au Gabon”.
Pour les Sénégalais, la dévolution du pouvoir de père en fils dans une république est répugnant et gage d’instabilité. Ils en veulent à Wade d’avoir clairement préparé le fauteuil présidentiel comme un héritage successoral pour son fils. Ce fut un risque historique pour Wade de tenter ce coup, un quasi suicide historique. Mon avis est qu’il soit rétabli. Son parti à fait alliance avec celui d’Ousmane Sonko dans le cadre des dernières consultations électorales. Donc l’on peut espérer que le pouvoir avenir de Sonko, le rétablisse pleinement.

Sonko la principale figure du leadership oppositionnel est un jeune d’une quarantaine. Il a la jeunesse avec lui. Sa liste a été recalée à l’élection législative, car il n’a pas respecté le quota lié au genre. Tandis que la liste suppléante remplissait ces critères. Il a donc été élu dans sa région. Il est le nouveau maire de Ziguinchor. En fait, Sonko est casamançais. Les taxis, les car rapides, les Dagandadesh ont les effigies de Sonko. Même si je dois admettre que je n’ai pas vu une seule affiche du président sur les panneaux de la ville.

Ici lorsque tu as une altercation avec le policier, le secret c’est de sourire, c’est un code social. Qui signifie que la police n’est pas un corps d’inimitié et d’hostilité contre les populations, mais un corps de protection et de sûreté pour ces dernières.

Serge Éric Dzou. Coordonnateur de l’Académie de la Renaissance. Mrc

Bref j’ai voulu partager avec vous une petite idée du rapport entre la démocratie et le développement : cas du Sénégal. Mais j’ai compris que quand le Cameroun aura des dirigeants sérieux, peu importe la chapelle politique, il se lèvera comme un géant lion économique.

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Revue de presses du 29 11 2022

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