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Politique - 27 septembre 2021

Cameroun > Climat politique: Les signes avant-coureurs d’une déflagration sociale

Toutes les conditions se réunissent chaque jour un peu plus pour que « la chère patrie, la terre chérie », sombre sur des voies les plus inextricables. Alerte!

Pour qu’il y ait une combustion, trois éléments sont indispensables : le combustible, le comburant et une énergie d’activation. Dans le biotope politique camerounais, tous ces ingrédients se mettent en place avec une précision chirurgicale au point où on se demande si une intelligence n’est pas en scène derrière les rideaux. La population camerounaise, le premier élément qui tient lieu de combustible  est tellement divisée par les errements politiques et managériales.

La donne est telle qu’aujourd’hui, les fractures béantes divisent les Camerounais menacent au premier  chef la sécurité collectiive. Dans le septentrion, en dehors de la secte terroriste et islamiste Boko Haram qui sème la mort avec des actions perfides, il y a la résurgence des affrontements tribaux entre les Mousgoum et les Arabes Choa qui ont laissé de part et d’autre des morts sur le carreau.

Un peu plus au Sud, principalement dans l’Adamaoua, la suspicion est à son comble au sein de la population sur la question du vol de bétail par !es bandes venant de la Rca en dépit de l’extraordinaire travail salutaire du Groupement polyvalent d’intervention de la gendarmerie nationale (Gpign). A l’Est, la pression des réfugiés et les exactions des bandes armées centrafricaines qui traversent de temps à autre la frontière, commencent à créer au sein de la population une sorte de de xénophobie contenue vis-à-vis de l’étranger surtout à Bertoua où les agressions deviennent monnaie courante.

Dans le Centre et le Sud, les autochtones et les allogènes se regardent en chiens de faïence, les deux camps se rejetant mutuellement tous les péchés d’Israël. Les régions de l’Ouest et du Littoral font face de manière frontale à un flux de déplacés qui fuient les exactions dans le cadre du conflit anglophone. Les villes comme Douala ( Bonaberi) , Mbanga, Loum, Bafoussam, Mbouda, Dschang, Foumbot ou Foumban vivent de plein fouet les effets du conflit. A côté de cette situation sécuritaire préoccupante, la vie au sein des partis politiques n’est guère reluisante. Le Rdpc, le parti au pouvoir traverse en ce moment une période critique de son histoire.

Le renouvellement des instances dirigeantes du parti a ouvert la boîte de Pandore au moment où ile président de ce parti avec le temps qui passe, nourrit l’imagination et l’ambition de ses lieutenants dont certains pensent que le temps est venu de jouer une carte personnelle. C’est quand le lion dominant présente quelques signes de faiblesse que les plus jeunes fourbissent leurs armes pour le détrôner. Ceci se vérifie car dans les bations de cette famille politique, ça craquelle en maints endroits. L’autre parti ancré dans ce dynamisme d’antagonisme est le Mrc et  ses militants qui sont pris en aversion par le pouvoir depuis la présidentielle très contestée de 2018.

Dans ce trou d’air, une partie de la diaspora s’est engouffrée et conteste de façon véhémente le pouvoir de Paul Biya. On peut de ce fait se rappeler des tristes événements de Lyon et de Genève, où la Bas s’est illustrée en troublant le séjour présidentiel dans ces villes. C’est avouer que même au sein de la diaspora, les Camerounais sont divisés. Au sein du Sdf, un bicéphalisme est en train de se conforter, entre deux leaders de ce parti.

Alors que le Chairman a livré clairement ses intension de se retirer, Joshua Osih et Jean Michel Nintcheu se livrent à une opposition fratricide. Il n’y a personne pour les séparer car à chaque fois que Ni John Fru Ndi a essayé, il a très vite perdu la neutralité pour se noyer dans un camp! Terrible. L’Udc est relativement épargnée parce qu’elle a vite compris la nécessité de travailler à la base pour fidéliser ses militants dans la durée, avec une éducation politique éprouvée. Avec le départ d’Adamou Ndam Njoya, beaucoup avait hâtivement parié de  la fin de ce parti.

Il n’en est rien! Au contraire, Patricia Tomaïno Ndam Njoya tient fermement  le flambeau. Dans le septentrion, les partis alliés au pouvoir tels que L’Undp, l’Andp, le Mdr, le Fnsc sont tous attentistes, silencieux, car le moindre geste brusque pourrait entamer inexorablement une limplosion à leur dépens. Ce n’est donc pas un signe de sérénité surtout au moment où le géant Rdpc est en zone de turbulences. Tel est donc le comburant sur le combustible qu’est le peuple camerounais.

La haine ouverte comme énergie d’activation

Un vieil homme s’écriait récemment que même aux temps des batai!les pour les indépendances du Cameroun avec l’Upc, le pays n’avait jamais été aussi divisé sur des bases futiles et précaires. Le tribalisme, assurait-il, sur lequel surfe le pouvoir pour tenir sa population risque de devenir une bombe à retardement à long ou a moyen terme.

La haine que génère le tribalisme va être, si rien n’est fait pour y remédier dans les brefs délais, le feu qui sera jeté sur la poudre pour la grande combustion. Un accident ou un incident  qui prend une ampleur nationale peut dégénérer en conflit ouvert entre les communautés, chauffées aujourd’hui à blanc par les hommes politiques ou les faits politiques.

A côté de la haine coriace entre les communautés, il y a aussi la haine vis-à-vis de la puissance publique due à ses errements supposés ou vrais au sein de la population. On a vu le Minat et le Mindef monter  au créneau pour remédier à cette situation. La troisième énergie d’activation est l’action des autorités adminustratives qui violent au quotidien le sacro-saint principe de la neutralité pour se jeter bassement dans des considérations partisanes.

Le feu jeté à la résidence du sous-préfet de Bengbis aurait pu dégénérer en autres choses si on avait été dans d’autres régions plus belliqueuses du pays. Qu’on se souvienne de Bafang avec la fusillade de sang froid d’un jeune à mains nues par un homme en tenue. Qu’on se souvienne de Bafoussam où une femme gendarme a abattu en toute âme et conscience un jeune étudiant alors qu’il jouait aux cartes avec ses amis. On peut citer à l’envie des exemples.

Cette situation traduit une opposition vivace ou vorace entre les tentaciers de la puissance publique et la population dans les unités administratives du pays. A côté du conflit anglophone qui prend le poil de la bête, le pouvoir est désormais hanté par la crainte de  l’effet domino de cette crise qui est arrivé en Cheval de Troie et dont nul ne sait exactement jusqu’où il va continuer. Si les causes d’un conflit ouverts ne sont pas claires à sa base,il est tout autant vrai qu’un tel conflit peut déborder dans le même sens sur des pans plus insoupçonnés. Avis!

Léopold DASSI NDJIDJOU

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