Home Société Afrique Cameroun > Combativité et défense: Un chercheur propose une réforme juridique de l’utilisation de l’arme nucléaire
Afrique - 2 semaines ago

Cameroun > Combativité et défense: Un chercheur propose une réforme juridique de l’utilisation de l’arme nucléaire

C’est à l’amphi 250 de l’Institut des relations internationales que l’impétrant a défendu la thèse portant sur « le Nucléaire en droit internationale: contribution à l’étude d’une réforme progressive du régime juridique de l’arme nucléaire ».

Une mention très honorable a sanctionné la soutenance du désormais Dr Tchenzette Mbouembeu ce mercredi 9 juin 2021. Le Pr Jean-Claude Tcheuwa de l’université de Yaoundé 2 Soa, le président du Jury, l’a proclamé tout en le félicitant pour sa « combativité et sa défense ». En presque trois heures, l’impétrant aura subi tous les assauts venant du jury qui n’aura épargné au poulain du Pr Alain Didier Olinga de l’université de Yaoundé 2 à Soa, aucune indélicatesse dans la conception, tant sur la forme et le fond de son travail.

Celui qui est le premier Conseiller auprès de l’ambassade du Cameroun au Brésil, et par ailleurs titulaire du Diplôme d’études supérieures et spécialisées de Relations internationales, a suivi des approches de qualitativisme  et le positivisme sociologique entre autres.

Sur la forme de son travail, en dépit d’une reconnaissance de la qualité relevée par le jury,  il lui a été cependant reproché le manque de concision et de précision, ce qu’a du reste reconnu son mentor, car parti de 956 pages au début, il a fallu élaguer çà et là des points sur lesquels l’impétrant s’étendait particulièrement. Alain Didier Olinga voit en cela une richesse inestimable de la culture de son étudiant.

Toujours sur la forme, les notes de bas de page auront été une préoccupation du jury, car elles n’étaient pas continues dans les deux parties de la thèse. Aussi les graphiques, a recommandé le jury, auraient pu être portées en annexe, entre autres. Par ailleurs, au niveau de la présentation de la Bibliographie, qui est du reste dense et intense, selon les termes du président du Jury, il a péché de ne pas indiquer le nombre de pages de chaque livre.

Il en va de même, de l’état de la littérature, où il n’aura pas fait œuvre critique. De ce point de vue, il lui est fait le reproche de manque de distanciation, de la mise entre parenthèse des thématiques abordées dans la revue de la littérature. De manière globale, il a été reconnu que Paulin Martial Tchenzette Mbouembeu est pionner sur cette thématique des armes nucléaires au Cameroun.

Il a d’ailleurs plaidé auprès du jury de faire de nouveaux adeptes qui viendront poursuivre la recherche sur cette voie ouverte. Il faut signaler que les rapporteurs du jury étaient constitués des professeurs Joseph Kankeu de l’université de Dschang et Stépane Monney Mouandjo de l’université de Yaoundé 2-Iric.  Tout le jury a été unanime sur la qualité de travailleur acharné du candidat, de son intelligence unanimement saluée tant à l’université de Dschang qu’à l’Iric.

Didier Olinga son encadreur dira qu’il « aime l’école », alors que Jean-Claude Tcheuwa louera la qualité de son écriture, qui donne envie de le lire sans se fatiguer. Revenant à l’impétrant, au cours de son exposé, il aura marqué l’audience et le jury par sa promptitude à répondre aux questions posées et surtout avec une certaine humilité qui sied aux grands esprits. 

 Les leçons de cette thèse

En ce qui concerne le fond, tout en appréciant la pertinence de ses idées, le jury n’a pas manqué de relever quelques imperfection sur l’œuvre qui avait été commencée avec le Pr Narcisse Mouelle Kombi avant que ses lourdes responsabilités ne l’en déchargent.  Dans une première partie, il a exploré le champ du droit existant en la matière de la limitation de l’arme nucléaire et dans la deuxième partie, il a lancé le chantier de la réforme de ce droit. On apprend que sur la planète à ce jour, 9 puissances détiennent l’arme nucléaire.

Curieusement, fait observer le spécialiste en Relations internationales,  aucune d’elle n’a ratifié le  traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (Tnp). La préoccupation du jury sur la question est venue comme un additif. Quelle est la position des Etats africains sur l’arme nucléaire ? Ce  à quoi celui qui est né à Douala en 1981 a indiqué avec pertinence que le Traité de Pelindaba, fait de l’Afrique une «  zone exempte d’armes nucléaires ».

Le questionnant sur une dimension transversale de son travail, le Pr Wullson Mvomo Ela, va s’interroger sur ce que peut aujourd’hui le droit international en face des Etats qui détiennent l’arme nucléaire. Le droit devenant entre les mains de ces puissances un instrument pour empêcher à d’autres pays d’avoir accès à l’arme atomique. Le cas de l’Iran a été de ce cas évoqué. Le jour où il sera acquis que le pays du Cèdre dispose de cette arme, l’attitude des grandes puissances à son endroit changera.

Le Pr a de ce fait pris l’exemple de la Corée du nord, dont son dirigeant faisait savoir dernièrement au président Trump qu’il a sur sa table un bouton rouge sur laquelle il suffisait d’appuyer. Il en a déduit que la possession de l’arme nucléaire participe même de l’affirmation de la puissance sur la scène internationale. De sa posture d’enseignant de stratégie, il ne comprend pas toujours pourquoi sur le champ des Relations internationales, structuré par la puissance, l’élément du droit ait un primat dans la recherche.

Poursuivant dans cette posture transversale par rapport à la thèse, il a indiqué que de son point de vue, l’Afrique est au cœur de l’arme nucléaire car c’est sur ses terres  que les grandes puissances viennent puiser la ressource par fabriquer cette arme de dissuasion ou bien pour produite de l’énergie nécessaire à leur industrialisation. Le Niger, grand fournisseur de l’Uranium est par exemple dans le noir alors que d’autres sont en pleine lumière grâce à sa ressource.

Léopold DASSI NDJIJDOU 

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