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Afrique - 14 avril 2022

Cameroun > Complexe sportif d’Olembe: Doutes sur la relance d’un chantier en état de délabrement avancé

Alors que l’entreprise Magil est engagée dans un bras de fer avec le gouvernement, les sous-traitants camerounais de l’entreprise franco-canadienne réclament le paiement de leurs factures pour achever la construction de l’infrastructure. Seulement, l’enveloppe restante du budget alloué à l’infrastructure s’avère très insuffisante.

Enquête de Joseph OLINGA N.

Le Cameroun bénéficiera-t-il de la chance qu’il a eu en recevant des matchs de la Coupe d’Afrique des nations Total Energie 2021 qui s’est déroulée sur un stade d’Olembe dont les travaux n’étaient pas achevés? Alors que le calendrier de réception du Complexe sportif d’Olembe est arrêté avec les organisateurs des jeux de la solidarité islamique, le chantier d’achèvement de la phase 2 du projet est à l’arrêt. De même que l’hôtel et le centre commercial, partie intégrante du stade (infrastructure principale du complexe) ne sont pas livrés. Pis certaines composantes de l’infrastructure, livrée à la hâte, se désagrègent.

Stade d’Olembé en état de délabrement avancé, alors les travaux ne sont même encore terminés

Dans le même temps, c’est officiel que le gouvernement recherche des alternatives pour donner du change à l’arrêt des travaux observé sur l’infrastructure sportive la plus futuriste de l’ère du Renouveau. Les promesses de relance faites par l’entreprise Magil n’ayant aucun effet, les sous-traitants rechignent à se remettre à l’ouvrage.

https://panoramapapers.com/cameroun-complexe-sportif-dolembe-doutes-sur-la-relance-du-chantier/

La réunion de concertation tenue entre le ministère des sports et de l’éducation physique (Minsep), le 1er avril 2022, ne semble relever l’enthousiasme de la vingtaine des petites et moyennes entreprises (Pme) camerounaises, pourtant visibles sur le site à la veille de la Can pour suppléer au désistement de l’entreprise franco-canadienne sous contrat avec l’Etat camerounais pour la construction du complexe sportif d’Olembe.

Stade d’Olembé en état de délabrement avancé, alors les travaux ne sont même encore terminés

Préalables à la relance du chantier

Dans les faits, les sous-traitants camerounais indiquent éprouver des difficultés à reprendre les travaux. Au cours de la réunion présidée le 1er avril 2022 par le conseiller technique N°2 du Minsep, Eloi Cyrille Tollo, les sous-traitants de l’entreprise Magil ont invoqué l’absence d’une notification «officielle» de remobilisation attendue de l’entreprise Magil ; le non paiement des travaux réalisés en urgence à la veille de la Can ainsi que le non paiement à date des créances dues par l’entreprise Magil aux sous-traitants.

Des employés sous traitant interpellés par la police pour avoir réclamé leur argent.

L’arrêt des travaux du complexe sportif d’Olembe est d’autant plus embarrassant que la voix du gouvernement camerounais semble inaudible dans le concert de plaintes formulées par les sous-traitants du chantier de construction du complexe sportif d’Olembe. Aucune réaction officielle n’est donnée au ministère des sports et de l’éducation physique. Sous le couvert de l’anonymat, une haut cadre de cette administration veut rassurer que «Le gouvernement met tout en œuvre pour la mise en place, de manière concertée, d’une solution urgente au règlement de leurs créances.»

Stade d’Olembé en état de délabrement avancé, alors les travaux ne sont même encore terminés

Défaillance et substitution

Pour faire redémarrer le chantier de construction du complexe sportif d’Olembe, le gouvernement envisage d’effectuer un audit sur la consommation des 42,8 milliards de Francs Cfa (sur 55 milliards de Fcfa destinés à la réalisation de tout le complexe) reçus par l’entreprise Magil. Une correspondance du Minsep, dont Panorama Paper a obtenu copie, prévoit par ailleurs que le  gouvernement, maître d’ouvrage, peut se substituer à l’entreprise Magil, maître d’œuvre délégué, en cas de défaillance, pour relancer les travaux de construction du complexe sportif d’Olembe. Des dispositions relevées des articles 162 et 163 ainsi du Code des marchés publics ainsi que l’article 23 du contrat liant l’entreprise Magil à l’Etat du Cameroun.

L’arrêt des travaux de construction du complexe sportif d’Olembe contraste avec la posture du coordonnateur de la Task Force au lendemain de la Coupe  d’Afrique des nations dont le stade d’Olembe a reçu le match d’ouverture ainsi que la finale. De même que la volte-face de l’entreprise Magil contredit les engagements pris par l’entreprise franco-canadienne pour la relance et l’achèvement de l’infrastructure dédiée au chef de l’Etat camerounais Paul Biya.

Infrastructure en ruine

Pour relancer le chantier, l’entreprise Magil exige le versement des 12 milliards restant. Dans le même temps, l’entreprise doit honorer au paiement d’une ardoise de près de 20 milliards de Francs Cfa.  En effet, l’entreprise Razel Cameroun (filiale du groupe français éponyme) réclame plus de 17 milliards de Francs Cfa au maitre d’œuvre délégué du chantier de construction du complexe sportif d’Olembe. Une dette à laquelle il faut ajouter les 2,3 milliards de Francs Cfa réclamés par les 21 sous-traitants camerounais.

Sur le site de construction du chantier du complexe sportif d’Olembe, l’entame de la saison des pluies que connait la ville de Yaoundé a raison des écailles de pangolin qui chutent l’une après l’autre. Le revêtement extérieur de l’infrastructure qui se délave ainsi que le circuit de plomberie qui se démantèle, emportant une partie des voies d’accès mis en place à la veille de la 33e Coupe d’Afrique des nations de football (Can). Des défections mis sur le coup de l’absence de certification de l’ouvrage, selon les experts.

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