Home Enquêtes Afrique Cameroun > copinage: Denis Nkwebo, un boulet pour le syndicalisme des journalistes
Afrique - 2 février 2021

Cameroun > copinage: Denis Nkwebo, un boulet pour le syndicalisme des journalistes

Depuis sa démission du quotidien Le jour, un hebdomadaire dont on connaît les positions, Nkwebo est ce pompier pyromane qui mange la nuit avec les patrons de presse.

Le président du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc), Denis Nkwebo, est très présent sur les réseaux sociaux. Presque chaque jour, sur Twitter particulièrement, il distille des piques insidieuses en majorité destinées aux adversaires du pouvoir Biya. C’est devenu sa spécialité.

On dirait que cet homme manque de travail. Ces dernières années, il s’est pourtant signalé par des ultimatums adressés aux promoteurs de médias pour qu’ils versent les nombreux mois d’arriérés de salaire à leurs collaborateurs. Ses menaces de soulèvement au sein de la corporation ne sont jamais allées au-delà de ça. Et il n’a jamais rendu compte des suites de ces mots d’ordre. Ses comportements d’autocrate semblent même avoir découragé la plupart des bonnes volontés, le Snjc se réduisant désormais à sa seule personne.

C’est de la même manière qu’il avait annoncé, dès le 1er janvier 2016, une mobilisation nationale pour exiger l’application immédiate de la Convention collective nationale des journalistes et des professionnels des métiers connexes de la communication sociale, signée depuis novembre 2005 et jamais mise en œuvre.

Avec le temps, Denis Nkwebo donne l’impression de jouer contre ses confrères, que le syndicat est pourtant censé défendre. Il y a trois semaines, votre site s’interrogeait sur certaines actions souterraines du président du Snjc. Il s’agissait notamment du projet de création d’un fonds de solidarité pour les journalistes lancé depuis 2015, pour lequel il avait reçu un chèque de 4 millions de francs du patron de la chaîne Canal 2. Le 5 mars 2015 à Douala, il déclarait qu’il allait «proposer, dans un délai court, le projet détaillé et chiffré d’une mutuelle de solidarité syndicale» Comment, avons-nous demandé, Denis Nkwebo a-t-il pu encaisser un chèque de Canal 2 international, sachant qu’un syndicat est par essence l’ennemi du patronat ? Comment Nkwebo et les siens peuvent-ils défendre les intérêts des employés de ce média, alors que le Snjc mange dans la main de son patron ? Qu’est devenu l’argent reçu et le fameux fonds de solidarité annoncé depuis des années ?

Plus encore, soulignait notre site, cette curieuse donation est intervenue alors que, selon des sources introduites, le Snjc enquêtait et s’apprêtait à publier un rapport accablant contre des traitements inhumains, dégradants ainsi que le harcèlement sexuel et moral infligé aux employés de la boîte.

Les rapports secrets entre Denis Nkwebo et le régime de Yaoundé, à travers ses dignitaires dont fait partie le patron de Canal 2, Emmanuel Chatue, commencent à transpirer à l’extérieur du Cameroun. Le président du Snjc est de plus en plus regardé avec méfiance par les confrères étrangers. Candidat au comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (Fij), qui tenait sa 30ème Assemblée du 11 au 14 juin 2019 à Tunis, il fut sévèrement recalé par ses pairs qui le considèrent comme une taupe.

Bientôt, la suite des révélations sur les rapports intimes de Denis Nkwebo avec le pouvoir de Paul Biya.

Ilyass Chirac Poumié

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Check Also

Cote d’Ivoire > Cpi: l’affaire Gbagbo, nouveau révélateur des faiblesses du bureau du procureur

La chambre d’appel de la Cour pénale internationale a confirmé les acquittements prononcés…