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Afrique - 24 juin 2021

Cameroun > Couverture santé universelle: Le feu vert des députés pour le Csu et la vaccination antiCovid-19

C’est au cours d’une séance plénière spéciale sur la progression vers la couverture santé universelle et la vaccination contre le Covid-19 que cette nouvelle est rendue publique ce 23 juin 2021.

« L’occasion nous est offerte à travers cette séance plénière spéciale, d’être informés du contenu des orientations majeures du projet de Couverture santé universelle et de saisir cette opportunité de concertation et d’échanges en synergie avec le gouvernement pour émettre nos avis, nos suggestions afin que ledit projet de loi réponde aux aspirations des populations que nous représentons en tant qu’élus du peuple, leurs préoccupations majeures étant l’accès égalitaire et équitable aux soins de santé »,

s’est ouvert Theopile Baoro, le vice-président de l’Assemblée national représentant Cavaye Yeguie Djibril.

« Croyez-vous que la santé est un droit humain et que tous les êtres humains devraient pouvoir s’épanouir pleinement dans la dignité et l’égalité et dans un environnement saint ? Croyez-vous chers collègues que les femmes devraient mourir en accouchant ? Croyez-vous chers honorables que les enfants devraient mourir de mort évitable ?  Croyez-vous, dignes représentants du peuple, en un monde où chacun quel qu’il soit et où qu’il vive, pourrait vivre une vie saine et productive ? Alors croyez en la Couverture universelle »,

s’interroge-t-il avant  de préciser qu’il est question pour les députés  par leurs questions, leurs réflexions et suggestions au cours de la séance spéciale non seulement de contribuer à l’amélioration du projet de Couverture santé universelle mais aussi aider les populations à mieux l’appréhender et y adhérer . En ce qui concerne la genèse de la Csu au Cameroun, il s’agit d’un projet présidentiel qui a été précisé le 31 décembre 2017 au cours d’une adresse à la Nation.

« Nous allons poursuivre nos efforts afin de faire bénéficier à nos populations des soins de santé de qualité et accessibles à tous. C’est dans cette optique que j’ai donné au gouvernement l’instruction de parachever des réflexions relatives à la mise en place progressive de la Couverture santé universelle »,

avait-il déclaré en extenso.

Mais bien avant, un Groupe technique national (Gtn), créé en 2015 sous la coordination du Pm et co-présidé par les ministres de la santé publique et celui du Travail et de la sécurité sociale s’attelait depuis lors à jeter les bases de la Csu.

Elle consiste selon une définition de l’Oms,

« à veiller à ce que l’ensemble de la population ait accès aux services préventifs, palliatifs de réadaptation et de promotion de la santé dont elle a besoin et à ce que ces services soient de qualité suffisante pour être efficaces sans que cela n’entraine des difficultés financières pour les usagers. »

Cette couverture concerne toute personne qui vit au Cameroun quels que soient son statut social, son origine et sa nationalité.

Données sur la santé et mise en œuvre de la Csu

Le taux de couverture de la population en services de santé essentiels est de 45% alors que la moyenne africaine est de 46% et la norme recommandée d’au moins 50%. L’espérance de vie au Cameroun est de 58 ans. Ce qui est inférieure à celle de l’Afrique centrale qui est de 60 ans. Toute l’Afrique subsaharienne a une espérance de vie de 61,2 ans. Au Cameroun, les dépenses totales de santé supportées par les ménages chaque année coûtent 475 milliards de Fcfa soit 70% des dépenses totales en la matière.

La proportion de personnes couvertes par un mécanisme de protection sociale en santé au Cameroun est de 6,47%. La proportion du budget allouée à la santé au Cameroun est de 5 et 7% depuis 2011 ; un taux très en deçà des 15% recommandés lors de l’engagement des chefs d’Etats à Abuja en 2011. Comme on le voit, la vulnérabilité socio-économique des populations est accentuée par le poids des dépenses liées aux questions e santé.

La pauvreté limite leurs accès aux soins et services de santé de qualité en même temps qu’elle réduit leur espérance de vie. Le Csu pourra de ce fait renforcer considérablement les systèmes de santé et garantir la couverture des services essentiels.

Sa mise en pratique devra commencer par un enrôlement qui sera fait par un agent enrôleur identifiable par un badge. Cela pourra se faire dans une structure dédiée à cet effet  ou en porte-à-porte dans les ménages. Ensuite, il y a l’immatriculation. Chaque bénéficiaire va retirer sa carte d’immatriculation en lieu et période indiqués sur présentation du récépissé reçu lors de l’enrôlement.

La troisième étape est le paiement des contributions. Ici chaque bénéficiaire devra s’acquitter de sa contribution aux taux fixés et mécanismes arrêtés en fonction des catégories sociales. La dernière étape est l’accès aux soins et services de santé. Il suffît dès lors de présenter la carte au niveau sanitaire accrédités pour avoir accès aux soins et services garantis selon le paquet arrêté.

Une campagne de vaccination contre le Covid-19 du 7 au 11 juillet  

Comment faire pour convaincre les Camerounais d’aller se faire vacciner contre le Covid-19 ? Telle est la problématique qui a irrigué et nourrit les échanges entre Manaouda Malachie et les élus du peuple.  Les propositions n’ont pas manqué à ce sujet.

La taille des recommandations attachées à ce papier en la matière en dit long. Les députés ont cherché à savoir dans la gamme des vaccins retenus que le gouvernement avait finalement retenu, celui ou ceux qui sont choisis. Les prix, comme a indiqué le ministre a déterminant dans ce choix. En plus de ceci, s’l faut considérer que le Cameroun doit débourser deux dollars par dose, la préoccupation devient certaine.

« En ce qui concerne le vaccin contre le Covid, le bilan fait aujourd’hui nous donne plus de 100.000 personnes vaccinées. Mais nous ne sommes pas très encore satisfaits de l’évolution parce que nous avons un objectif de 812.000 personnes à vacciner d’ici-là. Vous savez que par rapport à ce chiffre-là, nous sommes en retard. C’est pour cela que nous avons programmé une campagne intensive de vaccination du 7 au 11 juillet qui arrive et nous voulons que tout le monde y participe parce qu’il faudrait que l’immunité acquise par le vaccin prenne le pas sur l’immunité naturelle qu’on aurait pu avoir en étant exposé à la deuxième vague de l’épidémie »,

a expliqué Manouada Malachie.

Il a par la suite expliqué que son ministère est en train de mettre en place des équipes mobiles qui vont sillonner toutes les communautés avec l’aval des leaders religieux, traditionnels, d’opinion et tout le reste.

« Nous allons travailler avec toutes les communautés afin que tout le monde puisse être concerné par la vaccination. Que chacun puisse, dans une responsabilité individuelle et collective aller vers la vaccination et que nous ayons comme les autres Etats d’ailleurs un niveau acceptable d’immunité qui nous permette de vaquer à nos occupations et de relancer notre économie »,

a-t-il recommandé.

Le rendez-vous est pris le mois prochain pour voir avec quelle détermination les 712.000 camerounais seront vaccinés.

Léopold DASSI NDJIDJOU

Les réactions

Manaouda Malachie, Ministre de la Santé publique

« Un contrat de partenariat public-privé pour la mise en œuvre du Csu »

« A l’état actuel de la  couverture sanitaire au Cameroun nous avons fait un budget qui s’est avéré très lourd pour le trésor public, nous avons revu à la baisse ce prévisionnel. Aujourd’hui, nous avons signé un contrat de partenariat public-privé pour pouvoir déployer le matériel pour pouvoir faire de l’enrôlement.

Manaouda Malachie, Ministre camerounais de la santé

Le partenaire privé va également faire de la collecte et du rachat de soins. La partie camerounaise s’occupera de données techniques. Nous avons la gestion de ces données techniques, nous avons la validation des soins qui sont faits. Et aujourd’hui, les data centers qui sont des équipements lourds pour pouvoir faire de l’hébergement des données sont à 80% de concession. Les équipements ont été commandés. Sur le plan réglementaire, un avant-projet de loi a été élaboré et en cours d’examen par le gouvernement. A notre niveau, pour aller plus rapidement aussi, nous avons élaboré déjà et discuté avec l’ensemble des partenaires du secteur, sept autres projets de texte qui vont aller avec l’avant-projet de loi ; Voilà un peu où nous sommes aujourd’hui. Nous sommes en train de travailler. Le Comité paritaire a été mis en place, le groupe technique national qui a suivi tout le processus depuis 2015 est en cours. Nous sommes venus porter l’information aux députés, discuter avec eux et recueillir les interventions pour nous améliorer ».

Essomba Bengono, député Rdpc de la Mefou et Akono

« Opter pour l’initiative Covax pour la vaccination contre le Covid-19 »

« C’est un partenariat public-privé, de l’ordre de 71 milliards qui permet d’aller progressivement mais en amenant tout le monde. Dans l’ancien profil les 1300 milliards ne concernaient que la mise en place mais tout le monde n’était pas concerné.

Essomba Bengono député Rdpc de la Mefou et Akono pour illustrer leur passage à l’hémicycle

Nous sommes dans un partenariat avec une société privée, qui a pour rôle de mettre en place une Couverture santé dans un délai de 15 ans avec un différé de 2 ans pour la mise en place des infrastructures et l’environnement des Camerounais. Nous avions aussi également une préoccupation sur les coûts des vaccins. Le Cameroun a retenu quatre vaccins, et il est apparu des explications de Monsieur le ministre, que le vaccin russe coûte très cher : 32 dollars la dose contre 7,5 dollars pour Johnson and Johnson. Le gouvernement nous a dit de la bouche de monsieur le ministre qu’il est en train d’hésiter à recourir au vaccin russe et cela nous donne le confort dans ce que nous pensions effectivement que certains vaccins nous semblaient effectivement coûter plus cher. C’est pour cela la solution que nous proposons l’initiative multilatérale de l’Union africaine et de Covax qui nous emble la meilleure parce que dans cette initiative-là, le gouvernement apporte une contribution de 2 dollars par dose de vaccin et la cible de la population doit être de l’ordre de 40% pour que nous atteignons un seuil de couverture convenable pour pouvoir lutter contre la maladie ». 

Propos recueillis par L.D.N.

Focal :

Les recommandations

Sur la Couverture santé universelle (Csu)

Veiller à ce que l’ensemble des populations, toutes catégories sociales confondues, soient pleinement intégrées dans les mécanismes de la Csu en respect du devoir de solidarité nationale. Qu’un accent particulier soit mis sur l’intégration complète des zones rurales et des personnes exerçant les métiers agropastoraux. Que les structures, processus et mécanismes d’alerte et de gouvernance soient mis en place pour assurer l’équilibre financier de ka Csu et sa pérennité. Qu’une campagne d’information et d’explication médiatique et physique associant les élus nationaux et locaux et divers associations dans toutes les villes et village du Cameroun soient menée afin d’éviter de faire de la Csu un processus de prise en charge élitiste. Que les leviers permettant d’activer la baisse des prix de la santé soient mis en œuvre.

La vaccination contre le Covid-19

Sur le plan de la communication, intensifier la sensibilisation et l’information sur les mesures barrières et la vaccination tant en zone rurale qu’urbaine avec des outils appropriés à chaque zone. Elaborer et mettre en exécution un plan de communication sur tous vaccins.  Les avantages et les inconvénients  potentiels des uns et des autres afin d’avoir une meilleure adhésion des populations et atténuer le phénomène des réticences par rapport à la vaccination. Sur le plan financier, rendre le test Covid-19 payant pour les voyageurs. Prévoir un plan de financement des vaccins et des opérations de vaccination. Adopter une politique prévisionnelle d’achat des vaccins.

Sur le plan sanitaire

Définir et communiquer les critères de vaccination, et le profil type des personnes à vacciner. Axer les fondamentaux de la campagne de vaccination contre le Codid-19 sur le triptyque test-prise en charge-vaccination. Former suffisamment les agents de vaccination ; Sur le terrain, former suffisamment l’agent sanitaire en matière de Covid-19 garantit un accès équitable au vaccin. Habiliter davantage de structures médicales à pratiquer les tests de Covid-19 et à prendre en charge les malades. Rendre le test et le vaccin contre le Covid-19 obligatoires pour les secteurs d’activité à fort contact avec le public.

Couvrir les zones rurales en couvrant les centres de santé de kits des tests de Covid6-19 et en organisant des campagnes de proximité. Assurer une meilleure coordination de tous les acteurs impliqués dans le processus de vaccination contre le Covid-19. Faire un suivi-évaluation de différents postes de dépistage, de vaccination et de prise en charge du Covid-19.

Sur le plan législatif et réglementaire.

Inscrire le vaccin contre le Covid-19 comme vaccin recommandé sur le calendrier vaccinal. Règlementer notre système de développement et d’homologation des vaccins pour une meilleure appréciation des vaccins proposés par l’Oms et garantir davantage la sécurité des populations. Intégrer les solutions de la pharmacopée  camerounaise dans le protocole de traitement du Covid-19. Organiser et promouvoir davantage ceux qui ont été approuvés par le Comité scientifique.

L.D.N.

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