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Cameroun > Covid-19 à Kondengui: Nguini Effa balise le chemin pour éviter un pogrom

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“Nous avons l’honneur de vous suggérer les propositions suivantes pour votre appréciation et transmission à la haute sanction du chef de l’État dans le but de désengorger efficacement et significativement les prisons du Cameroun pour une riposte réelle contre la propagation du Covid-19 en milieu carcéral pour respecter le Droit fondamental à la santé et à la vie des détenus du personnel pénitentiaire, des familles et de toute la population camerounaise”, écrit le Dr Jean Baptiste Nguini Effa, en sa qualité de président d’honneur de la Fédération pour les sports, la culture et les loisirs des détenus (Fesculd).

En réalité, celui qui est en prison depuis 11 ans, dresse six propositions comme des mesures additives au Décret du 15 avril pour un désengorgement effectif de la prison. Au premier chef, il propose de procéder à la libération provisoire ou définitive de tous les détenus âgés d’au moins 60 ans. En deuxième lieu, il préconise la libération provisoire ou définitive de tous les malades présentant des pathologies à risques et autres comorbidités: diabète, hypertension, immunodeficiences, maladies respiratoires et cardiaques, obésité grave, femmes enceintes etc. En troisième lieu, il suggère de de libérer tous les handicapés physiques et mentaux, et de tous les mineurs.

Ensuite, il propose de procéder à la libération de tous les délinquants condamnés à 2 ans de prison maximum ou à qui il reste moins de 2 ans à purger sous réserve des travaux d’intérêt commun tels que, l’assainissement des voiries, des lieux et d’édifice public pendant la durée du confinement. Il souhaite aussi la libération définitive de tous les détenus ayant totalisé 10 ans de détention pour les crimes économiques et autres et 15 ans pour les crimes de sang. En denier lieu, il propose qu’on peut libérer tous ceux présentent de domiciles connus ou des garants et qui pourraient être mis en liberté provisoire si leur libération définitive n’est pas encore envisageable compte tenu de leur dossier judiciaire. “Nous vous supplions de bien vouloir solliciter la haute magnanimité du chef de l’État, président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, d’aller encore plus loin que le Décret du 15 avril 2020, en usant de toutes les prérogatives que lui confère la Constitution du Cameroun pour prendre des actes pouvant conduire à la décongestion effective et significative des prisons au Cameroun pour
limiter la propagation évidente et très observable de la pandémie du Covid-19 en milieu carcéral et qui concerne tous les détenus quelque soit leurs statuts judiciaires”, implore-t-il auprès du ministre d’État, Laurent Esso.

Kondengui et les insuffisances du Décret du 15 avril.

On apprend de ce document que Kondengui compte près 4000 détenus pour 1500 places environ. L’application stricte de ce texte présidentiel, parce qu’il ne s’adresse qu’aux détenus définitivement condamnés, il exclue de ce fait d’office 80% des détenus qui sont soit prévenus, appelants ou cassationnaires: en conséquence plus de 3000 détenus restent toujours en surpopulation carcérale à Kondengui. Bien plus, sur les 800 condamnés définitifs, plus de la moitié est exclus par l’article 4 dudit décret. En plus, les 400 autres condamnés définitifs, plus de 200 verront leurs peines seulement réduites et ils resteront en détention. Par la suite, le Dr Nguini Effa déduit qu’un maximum de 200 détenus seront effectivement libérés si Décret est appliqué dans toute sa rigueur. En définitive, il soutient que les tribunaux de Yaoundé prononce en moyenne 100 détentions provisoires par semaine. De ce fait, au final, il n’y aura aucune décongestion à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui dans un délai d’un mois de fonctionnement des institutions judiciaires.

Avouant ironiquement la présence de Covid-19 en prison, il parle d’une “épidémie de paludisme”. Les symptômes de ce paludisme font penser au Covid-19: la fièvre, les maux de tête, les difficultés respiratoires dans plusieurs cellules surchargées du Kosovo et même dans les quartiers dits spéciaux.

Cette correspondance de Nguini Effa arrive à point nommé, au moment où annonce les victimes du Covid-19 dans les rangs des prisonniers dits de luxe. C’est dire que nul n’est désormais à l’abri dans l’enceinte de Kondengui.


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