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Cameroun > Covid-19: Le gouvernement n’a pas donné les vrais chiffres

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Cet appel, qui sonne avec un accent d’injonction, a été lancé, le 5 mai 2020, par Amnesty international, l’une des Ong soupconnées par le gouvernement camerounais de recevoir des financements pour déstabiliser le Cameroun. Dans son rapport, cette Ong demande aussi au pouvoir de Yaoundé de procurer aux personnes détenues des soins médicaux adéquats et de cesser d’aggraver la surpopulation carcérale avec des arrestations arbitraires. Qui sont donc ceux qui sont détenus arbitrairement au Cameroun et qui peuplent, inutilement, les prisons du pays?

Amnesty international évoqué trois catégories. D’abord, les prisonniers d’opinion. Elle cite Mamadou Mota, le 1er vice-président national du Mec, incarcéré après une manifestation de son parti, mais condamné à deux ans de prison ferme en 2019 pour avoir participé à la mutinerie survenue à la prison centrale de Yaoundé le 22 juillet 2019. La 2ème catégorie est constituée, selon Amnesty international, des détenus de la crise anglophone, à l’instar de lactiviste Mancho Bibixy, arrêté en janvier 2017 et condamné en mai 2018 par le tribunal militaire de Yaoundé à 15 ans de prison ferme pour terrorisme.

La 3ème et dernière catégorie est composée des détenus de l’opération épervier. Le cas de Amadou Vamoulke, ancien Directeur général de la Crtv, soupçonné de détournement de 3 milliard de Fcfa. Amnesty international intègre le cas de Vamoulke dans le registre des prisonniers malades, mais maintenus en prison, et qui, pourtant, aurait dû bénéficier de la remise de peines et commutation décidée par le chef de l’Etat dans le cadre du covid-19. Mais hélas !

Mais, au-delà de cette situation, l’Ong britannique appelle le Cameroun à être un peu plus clair dans sa communication au sujet de ce qui se passe au sein des prisons camerounaises. Au moins, un détenu a été testé positif au covid-19 à la prison centrale de Yaoundé, affirme cette organisation. Sauf que cette information n’a été ni confirmée, ni infirmée par le gouvernement. Mais, l’Ong dit avoir reçu des informations selon lesquelles le nombre de détenus restée positifs pourrait être davantage élevé. A ceci, se subordonne le cocktail de la surpopulation carcérale en raison de l’effectif exubérant des détenus vivant dans des conditions exécrables, décrit Fabien Offner, chercheur pour l’Afrique centrale et de l’ouest de cette Ong. Des prisonniers meurent souvent à Kodengui et personne ne sait réellement qui est contaminé. Des détenus sont malades, et à cause de la congestion, tout le monde a peur. Si Amnesty international salue la décision du chef de l’Etat de libérer certains prisonniers, elle dénonce, cependant, que les personnes ou malades restent en détention ou simplement relâchés pour aller “rendre leur dernier souffle hors de la prison. Les autorités doivent traiter les prisonniers avec le respect qui leur est dû eu égard à leur dignité inhérente et en tant qu’être humain”.

Ce rapport de l’Ong internationale arrive deux mois après le précédent qui accuse le pays de Paul Biya d’avoir fait disparaître plusieurs personnes soupconnées de complicité avec la secte islamiste et terroriste Boko Haram. En attendant la reaction du gouvernement camerounais, relevons que Amnesty international figure sur la liste des organisations accusées par le ministre de l’Administration territoriale (Minat) de comploter pour déstabiliser le Cameroun.


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