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Afrique - 31 mai 2021

Cameroun > Covidgate: Ecœurée, l’Udc fait le procès du régime Biya

La Déclaration est signée le 28 mai dernier par Patricia Adamou Ndam Njoya. Au-delà du scandale, la patronne de la famille de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) égrène un chapelet d’incohérences : systémiques.

 Déclaration de l’Union démocratique du Cameroun sur l’actualité autour du scandale de la gestion des fonds Covid-19 par le gouvernement du Cameroun.

donne déjà les signaux de la profondeur de l’analyse portée par cette formation politique sur Covidgate qui agite l’opinion publique nationale et internationale

 L’Udc exprime, au-delà du regret instinctif qu’impose ce genre de circonstance, son écœurement et sa gêne face à l’image entretenue d’un Cameroun qui, certainement bat le record, du nombre élevé des membres du gouvernement emprisonnés, pendant l’exercice de leur fonction, pour détournements des deniers publics : c’est du fait de cette « réalité », devenue à notre grand dam courante, régulière, presque familière, que cette « Affaire » emballe. 

relève d’entrée Patricia Ndam Njoya, dans cette sortie de six pages sans manquer d’indiquer sa posture républicaine et l’éthique qui animent son parti

Dans la foulée, elle rappelle en deuxième lieu, et plus particulièrement aux gestionnaires des deniers publics au Cameroun que Paul Biya, dans un discours, suivi d’une invitation formelle, quelque temps après son investiture il y a près de40 ans, sollicitait l’engagement de tous, sur la voie de la rigueur et la moralisation. A L’Udc, poursuit-elle,

 le Dr Adamou Ndam Njoya a toujours fait savoir qu’à l’occasion, il avait envoyé une lettre de félicitations et d’encouragement au président de la République, rassuré que ce dernier avait aussi fait sienne, pour le bonheur du Cameroun, d’une préoccupation que lui-même le Dr Adamou Ndam Njoya partageait, et, pour laquelle, quelques jours seulement avant sa sortie du gouvernent de Ahidjo, il avait déposé le projet sur la table de ce dernier.

Pour terminer, Patricia Tomaino Ndam Njoya s’interroge sur

 la pertinence d’un Plan de riposte gouvernemental du Covid-19, de par la multiplication des intervenants dont les portefeuilles n’ont rien à voir avec le domaine de la santé, bien qu’il s’agisse d’un secteur transversal.

Le parti reste sur sa fin à ce jour en ce qui concerne l’évaluation des résultats, aussi bien que les forces et faiblesses du Système national ainsi mobilisé face au Covid-19. Tout en appréciant  tous les efforts déployés par le département ministériel en charge (Minsanté), par exemple, pour l’effectivité des points de tests et des vaccins Covid-19, mis à la disposition des populations,

 il est resté un aspect essentiel, d’honneur, relevant du comportement, de l’éthique , et du respect de la dignité humaine : cela va du simple accueil des usagers/malades, jusqu’au décès de telle ou tel qui est publié, avec des photos, des vidéos compromettantes, en violation notoire des droits humains.

Dans cet ordre d’idée, il y a aussi « Orca », bien qu’il était judicieux d’y avoir pensé, qui « traîne une image désolante de « prison », où les malades, séparés de leurs proches sont abandonnés par la suite à eux-mêmes; sans aucun effort de maintenir la proximité pourtant vitale entre le patient et les siens ; « Orca », où les traitements, restés onéreux, et très au-dessus du camerounais moyen, sont administrés à des vitesses variantes, en fonction des humeurs du jour des officiants. »

L’Udc questionne aussi le niveau de renforcement des plateaux techniques dans nos localités à travers le pays tout comme il en va des politiques de protection civile en cas de catastrophe et de contamination aggravée.

Un problème systémique

La patronne de l’Udc pense que le scandale de Covidgate pose un problème systémique du dysfonctionnement des institutions du pays.

  Et on est vite arrivé à la question de savoir qui est garant, dans un État, de la bonne implémentation de toutes les politiques dont les bénéficiaires sont les population ? Notre réponse sera toujours : les 3 Pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire, à condition qu’ils soient véritablement indépendants et complémentaires.

précise la Déclaration

La suite est un réquisitoire des différents goulots d’étranglement qui minent le fonctionnement optimal du management camerounais. Des questionnements tels que

 d’où  vient-il que la Conac, l’Anif et autres institutions visant les mêmes objectifs, ne soient pas opérationnelles ? Bien qu’ils ont un budget de fonctionnement prélevé sur les fonds publics ? Pourquoi les résolutions de leurs rapports sont-elles laissées à l’appréciation du président de la République au lieu d’être applicables ? Que devient « l’Opération Épervier » ? Qui va mettre en application l’Article 66 de la Constitution ? »Plus loin, elle s’interroge sur qui représente le ministère public. Pour le cas de l’espèce, s’inquiète Patricia Ndam Njoya, avant que les institutions internationales ne demandent un audit, parce surveillant leurs financements, « aucun » de nos procureurs de la République n’avait-il rien décelé ? Elle s’étonne que les rumeurs ou les diatribes des parlementaires, n’aient pas pu mettre la puce à l’oreille du ministère public, qui se serait « saisi » de la question, pour à son niveau, et selon ses compétences, rassurer ou non les Camerounais de ce qu’il y a péril en la demeure ou non. Elle déplore le fait que le Parquet attende les instructions de sa hiérarchie qui est le ministère de la Justice qui, lui, relève du l’Exécutif. En plus, toujours dans le sillage de ces incohérences, elle précise que du côté du Conseil national de la magistrature, c’est encore le chef de l’Exécutif qui en est le « Patron ». En conséquence, le ministère public n’existe que quand l’Exécutif le veut. « Finalement, il ne nous reste que des « braves » fonctionnaires, à qui nous n’allons pas demander de « compromettre » leur carrière, en les mettant « dos » à ceux qui les « font » et « défont ».

déplore la présidente de l’Udc

Bien plus encore, elle se demande s’il existe la justice au Cameroun. Sur la question des audits, elle se demande ce qu’on a dit enfin de la Can avorté 2019 avec ses multiples dérives managériales ou  les résultats des enquêtes sur les soupçons de détournement du don d’ordinateurs du chef de l’État n’ont pas toujours été communiquées.

 En effet, plusieurs exemples « d’Affaires nationales » comme le dramatique accident du train à Éséka, le 21 Octobre 2016 dont les enquêtes, rapports ou communication gouvernementale restent en suspens, peuvent être cités, au détriment du droit à l’information, dû au camerounais.

indique-t-elle

Pour terminer, la patronne de l’Udc rappelle que la crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest dès le début, avait connu de même, une espèce de gestion « exclusive » de l’Exécutif. Par la suite, elle affirme que loin de vouloir « dénigrer » qui que ce soit, car après, c’est nous tous qui payons les frais, il est grand temps d’accepter la nécessité d’une gestion transparente, mieux, participative du Cameroun, seule voie de sortie de crise et, condition de prospérité.

 Le Cameroun est par nous tous, le Cameroun est pour nous tous.

conclut-elle

Léopold DASSI NDJIDJOU

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