Home Politique Afrique Cameroun > Covidgate et sécurité: Les femmes appellent l’international à prendre ses responsabilités
Afrique - 6 juin 2021

Cameroun > Covidgate et sécurité: Les femmes appellent l’international à prendre ses responsabilités

Le contenu des deux lettres a été dévoilé le 3 juin 2021 au cours d’un point de presse donné par Edith Kah Walla et Alice Nkom à Douala 3 juin 2021.

« Chers membres du Conseil de sécurité de l’Onu, nous osons vous rappeler que nous, citoyennes du Cameroun, sommes membres de cette organisation. Vous êtes mandatés par la charte, que nous avons nous aussi signée, d’assurer notre paix et notre sécurité. Nous aussi faisons partie de la communauté internationale. Nous ne souhaitons pas être l’objet de la prochaine mission de maintien de la paix. Nous ne souhaitons pas accueillir des casques bleus. En prenant quelques mesures simples aujourd’hui, le monde entier peut éviter cela. Nous, femmes camerounaises, vous demandons de prendre pleinement conscience de la souffrance du peuple camerounais. La paix et la sécurité de toute notre sous-région, ne tient qu’à un fil. Nous sommes ce fil ! C’est à ce titre que nous vous demandons d’agir dès à présent dans le cadre des prérogatives qui sont les vôtres. Agissez maintenant pour contribuer à ramener la paix et la sécurité dans notre pays, notre région ! Ce petit coin du monde nous est si précieux. Nous sommes déterminées à ce qu’y reviennent la paix et la stabilité pour le bien-être de nos populations »,

lit-on en conclusion dans la lettre de 4 pages signée des 20 femmes leaders, dont Patricia Tomaïno Ndam Njoya,  Alice Nkom, Edith Kah Walla, Henriette Ekwe, Bergeline Domou, Rebecca Enonchong, Alice Sadio, Monique Kwachou, Sylvie Ndongmo et Cyrille Bechon, entre autres.

Pour résorber cette situation sécuritaire précaire les femmes citoyennes engagées soulèvent trois préalables devant l’Onu. En premier lieu que l’examen de la situation du Cameroun soit officiellement inscrit à l’ordre du jour du Conseil de sécurité, et qu’une analyse approfondie des différents conflits qui traversent le pays soit établie. En deuxième lieu, qu’une deuxième réunion Arria sur le Cameroun ait lieu afin de mettre l’Onu à jour sur la situation humanitaire qui ne cesse de se détériorer. Enfin, qu’il y ait une déclaration publique des Nations unies exigeant que le gouvernement du Cameroun, mette en œuvre de véritables solutions en faveur du retour à la paix et à la sécurité au Cameroun. Ces femmes leaders ont tout autant fait un diagnostic de quatre foyers importants de violence: l’Extrême-Nord avec Boko Haram; Nord-Ouest et Sud-Ouest avec les séparatistes ; l’Adamawa, le Nord avec les gangs armés ; la piraterie dans le golfe de Guinée.

En ce qui concerne le bilan, on apprend qu’il y a eu plus de 10.000 décès depuis 2012, plus d’’un million de personnes déplacées, plus de 60 000 réfugiés et une myriade de groupes armés aux motivations variées. En plus de ceci, elles révèlent que plus d’un million d’enfants ont interrompu leur scolarité du fait de ces conflits. « La violence la plus impitoyable est infligée quotidiennement à notre peuple, qui subit des violations flagrantes et permanentes des droits humains. Tout ceci dans un contexte où l’accès aux besoins basiques tels que l’eau potable, l’électricité, les routes, les emplois, les hôpitaux et les écoles relève d’un véritable défi, même pour les citoyens vivant dans les régions du pays considérées comme paisibles », dépeignent-elles la réalité de la situation du pays.

Des actions impératives à mener pour sortir de la crise

Les femmes leaders demandent à l’Onu de faire en sorte que le gouvernement du Cameroun, dans l’immédiat, diminue les tensions existantes et mette un terme à la violence, notamment envers les civils ; qu’il libère tous les prisonniers politiques non violents, arrêtés arbitrairement dans le cadre de la lutte contre Boko Haram, la Crise anglophone et les mobilisations politiques au Cameroun ; que le gouvernement assure le respect de la loi dans toutes les interactions entre les forces de l’ordre et la population dans les zones de conflit ; qu’il cesse avec les arrestations illégales ou qu’il améliore la situation humanitaire en permettant l’accès des organisations humanitaires aux zones de conflit et assurer leur sécurité lorsqu’elles fournissent des services.

Pour finir avec ce chapitre des actions immédiates à mener, les femmes recommandent de  faire du respect des droits humains la matrice des interactions entre l’État et les Camerounaises et les Camerounais. A court terme, les femmes leaders disent à l’Onu qu’il faut que le pouvoir négocie un cessez-le-feu avec les groupes armés non étatiques sur le terrain ; qu’il initie un processus de dialogue et de résolution des conflits, à partir de la base, qui permettra aux groupes armés de déposer les armes, aux communautés de se réconcilier et de contribuer efficacement à la pacification du territoire. Aussi elles préconisent qu’il faut que le gouvernent rendre la justice par le biais du processus judiciaire et avec célérité ; qu’il résolve les cas spécifiques où des violations des droits ont été prouvées : Doublé, Magdémé, Ngarbuh, Mautu et bien d’autres contrées ou les causes  sous-jacentes des crises.

Enfin, à moyen terme, les femmes citoyennes engagées demandent à l’Onu de faire des pressions sur le pouvoir pour qu’il déverrouille le débat national sur la transition politique.

« Les risques d’un changement brusque à la tête de la nation sont élevés. Ce qui, dans le contexte actuel de flou et d’absence de consensus sur le processus de transition politique, risque d’entraîner une augmentation de la violence. Il est dans l’intérêt du Cameroun, de toute la sous-région et du monde entier que la discussion sur la transition politique au Cameroun puisse avoir lieu et se déroule sereinement afin d’élaborer un cadre consensuel permettant d’assurer une transition pacifique et la stabilité du Cameroun »,

prescrivent-elles.

Par ailleurs ces vingt personnalités précisent que leur correspondance est un appel du peuple camerounais.

« Chers membres du Conseil de sécurité des Nations unies, nous vous écrivons pour porter la voix des Camerounaises et des Camerounais de différentes catégories et régions du Cameroun. En tant que femmes leaders issues de différentes régions et officiant dans différents secteurs d’activités, nous portons une parole publique de citoyennes engagées et déterminées à contribuer au changement et à la justice. Depuis des années, nous luttons sans relâche, sur plusieurs fronts, pour surmonter les obstacles au bien-être de nos communautés »,

annoncent ces courageuses dames.

Aujourd’hui, poursuivent-elles, force est de constater cependant que nos efforts sont réduits à néant, du fait des multiples crises que traverse le Cameroun, ce qui créent peur, désespoir et confusion dans tout le pays. Autrefois connu comme le bastion de la stabilité en Afrique centrale, elles assurent la communauté internationale que le Cameroun est au bord de l’implosion.

Léopold DASSI NDJIDJOU

Focal

La  Saisine du Fmi

Les femmes engagées et déterminées ont écrit au Fond monétaire internationale (Fmi) pour demander leur intervention au Cameroun. Les signataires invitent l’institution de Breton Woods à stopper les versements de fonds au gouvernement camerounais, si tous les appuis versés entre 2017 et 2020 ne sont pas audités et les auteurs de détournements sanctionnés. Elles prennent pour prétexte le rapport d’étape de la Chambre des comptes de la cour suprême, produit en mars 2021, qui pointe de graves malversations dans la gestion d’une enveloppe de 180 milliards allouée par le Fmi pour la lutte contre le Covid-19. Des détournements ou fautes de gestion ayant fait perdre à l’Etat plusieurs dizaines de milliards de Fcfa.

« Avant tout nouveau versement, il est impératif que tous les fonds gérés par le gouvernement actuel du Cameroun dans le cadre de la facilité élargie de crédit de 2017 à 2020, ainsi que ceux gérés dans la cadre de la facilité de crédit rapide soient audités et entièrement comptabilisés. Toutes les personnes jugées responsables de détournement et de vol des fonds appartenant u peuple camerounais doivent subir toutes les conséquences prévues par les lois en vigueur et ne peuvent en aucun cas être chargés de fonds supplémentaires »,

écrivent les femmes signataires de la lettre. 

Voici une pression supplémentaire qui vient s’abattre sur le pouvoir camerounais, échaudé déjà du fait qu’un grand nombre de ses pontes fassent des descentes devant le Tribunal criminel spécial (Tcs).

L.D.N

Un commentaire

  1. Nous sommes vraiment touchés par l’idée des femme leader pour résoudre le 80% de problème des camerounais cité dans la lettre nous les soutenons à 100%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Check Also

Cameroun > Incendie dans un appartement: Une femme enceinte et sa fillette calcinées

Par Gabrielle Mekoui Un début d’après-midi sombre pour la famille des victimes et les popu…