Home Politique Afrique Cameroun > Crise Anglophone: David Abouem À Tchoyi accuse la centralisation
Afrique - 4 jours ago

Cameroun > Crise Anglophone: David Abouem À Tchoyi accuse la centralisation

Selon l’ancien gouverneur, le transfert des centres de décision à Yaoundé est pour beaucoup dans les tensions enregistrées dans le Noso.

« Les centres de décision, jadis proches des populations et de leurs problèmes, ont tous été transférés loin de ceux-ci pour être concentrés à Yaoundé. Conséquences : une hyper centralisation, d’exaspérantes lenteurs, de multiples inefficacités dans la gestion publique, l’absence de redevabilité des dirigeants vis-à-vis des populations qu’ils ont mission de servir. Deux exemples suffiront pour l’illustrer, »

précise David Abouem à Tchoyi.

L’ancien ministre critique le fait que le gouvernement ait décidé de centraliser au Parc National de Matériel de Génie Civil (Pnmgc) à Yaoundé tout le matériel de génie civil jusque-là détenu par les subdivisions des travaux publics, dans les chefs lieux des régions et certains chefs-lieux des départements. Tous les engins en bon état de l’ancien Public Works Department (Pwd) du Cameroun Occidental ont ainsi transférés à Yaoundé, pour être désormais mis en location par le Pnmgc.

Or, les agents du Pwd, qui maîtrisaient le rythme des saisons, commençaient l’entretien routier deux ou trois pluies avant l’arrivée de la saison sèche, pour consolider la chaussée.

« Ils ont donc voulu faire la même chose, l’année qui a suivi cette centralisation. Lorsqu’ils ont demandé à louer des engins au Pnmgc, y compris ceux qui leur appartenaient en toute propriété quelques mois plus tôt, ils se sont entendu répondre que les engins étaient sur d’autres chantiers ; que les porte chars étaient en panne ; que le ‘’ carton’’ confirmant l’engagement de leurs dépenses n’était pas encore sorti du Ministère des finances ; ou d’autres raisons encore, »

poursuit Abouem à Tchoyi.

L’administrateur civil principal nous apprend que devant l’Etat déplorable du réseau routier qui empirait, les populations ont menacé de se révolter bruyamment. Il a fallu remonter jusqu’au président de la République, après avoir frappé à toutes les portes sans succès, pour qu’un début de solution soit trouvé à ce problème qui devenait explosif.

« Le transfert à la Société Nationale des Eaux du Cameroun (Snec), de la gestion des adductions d’eau jusque-là assurée par certaines communes. Cette décision du gouvernement n’a même pas été expliquée aux populations. Or, les adductions d’eau avaient été réalisées sur leurs fonds propres par les communes et les communautés villageoises, avec ou sans l’appui de certains partenaires extérieurs. Venue pour en assurer la gestion et sans y avoir investi le moindre franc, la Snec a pris, comme une de ses premières décisions, de réduire le nombre de bornes fontaines, »

explique Abouem à Tchoyi.

De l’avis de l’ancien Sg de la Présidence de la République, la révolte a failli se transformer en émeutes à Kumbo. Le maire Unc de la ville a pris le temps d’expliquer que les canalisations avaient été financées par les populations bénéficiaires elles-mêmes, que celles-ci payaient régulièrement leurs quittances à la commune, qu’il était dangereux pour la santé des populations de les priver d’eau potable.

Un mot d’ordre s’est répandu alors comme une trainée de poudre. ‘’ Beware of the snake! It has come to bite and kill.’’ Jeu de mots ironique à partir du mot Snec. Ces populations en colère ont été accusées de ‘’rébellion contre l’autorité établie.’’ Il a fallu remonter jusqu’au niveau du gouvernement pour qu’une solution soit trouvée à un problème de bornes fontaines dans des communautés de l’arrière-pays.

« Des cas de cette nature et d’autres sujets de mécontentement se sont multipliés. Il ne s’agissait pas, bien évidemment, d’une volonté malicieuse du Pouvoir central, mais plutôt d’une opposition entre deux cultures administratives : l’une, aux réflexes instinctivement centralisateurs, et l’autre, fonctionnant par nature sur le principe de la responsabilisation à différents échelons hiérarchiques des organisations, »

lance David Abouem à Tchoyi.

L’homme nous fait que savoir que les populations francophones, qui subissaient les mêmes effets de cette hypercentralisation, n’ont pas eu les mêmes réactions. Encore un problème culturel. En effet, et les anglophones pourraient le comprendre sans difficulté. Les francophones posent de nombreux actes sans même se rendre compte qu’ils indisposent, et pas du tout par méchanceté. Abouem prend l’exemple des noms des circonscriptions administratives.

Antoine Bivana

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Check Also

Usa > Tribute to Colin powell: It was true, of course, but he was far more than that

Years ago, when he was asked to reflect on his own life, General Colin Powell described hi…