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Société - 9 août 2021

Cameroun > Crise anglophone et respect des droits de l’homme: L’éternelle querelle entre les Ong et les autorités

Le difficile mariage entre les deux entités vient encore d’être mis au grand jour par un nouveau rapport d’une grande organisation non gouvernementale.

Le 02 août 2021,Human Rights Watch a rendu public un rapport accusant des éléments des forces de défense et de sécurité camerounaises et des combattants séparatistes d’abus des droits humains dans leurs opérations dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en proie à une grave crise sociopolitique et sécuritaire depuis octobre 2016.

Le rapport de Human Rights Watch parle notamment de 02 civils tués, une femme de 53 ans violée, des maisons détruites et, ou pillées par des éléments des forces de défense et de sécurité parmi lesquelles, la demeure d’un chef traditionnel dans le Nord-Ouest. Ces faits se seraient déroulés seulement entre les 08 et 09 juin 2021.

La même organisation mentionne aussi dans son dernier document, le cas d’un garçon de 12 ans tué le 06 juin 2021 ou encore celui d’un enseignant de 51 ans exécuté le 01er juillet 2021 dans la région du Sud-Ouest par des combattants séparatistes.

Toujours en lien avec le conflit dans les deux régions anglophones, Amnesty International dans son dernier rapport publié le 28 juillet 2021, évoque aussi de nombreux cas de violations des droits de l’homme par des éléments des forces de défense et de sécurité camerounaises, ainsi que par des combattants séparatistes. Les populations civiles sont les principales victimes de ces violations.

Il convient de préciser qu’Amnesty International et Human Rights Watch, dans plusieurs de leurs rapports sur le conflit en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, accusent régulièrement des éléments de l’armée et des combattants séparatistes de graves violations des droits de l’homme.

Réagissant à travers un communiqué rendu public le 05 août 2021 sur le dernier rapport de Human Rights Watch, le porte parole de l’armée camerounaise, le Capitaine de Vaisseau (Colonel) Cyrille Serge Atonfack Guemo, dénonce un rapport

«outrageusement provocateur qui relaie des allégations prétendument documentées, de destructions, viols, meurtres et exécution de civils, pillages et violations des droits humains, imputés aux forces de défense et sécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest par Human Rights Watch.»

«Tout semble clairement indiqué que les multiples prises de position de Human Rights Watch ne visent qu’à décrédibiliser les forces de défense et de sécurité ,engagées qu’elles le sont dans l’accomplissement de leurs missions régaliennes»,

écrit encore le Colonel Atonfack, non sans ajouter que

«cette énième facétie de Human Rights Watch ne fragilise aucunement le moral des forces de défense et de sécurité qui poursuivent leurs opérations aux quatre coins du pays dans le strict respect des droits de l’homme, tout en veillant à ce que tout écart établi et vérifié soit sanctionné conformément aux lois et règlements du pays.»

Pour être plus efficace dans la communication et gagner davantage en crédibilité, les autorités devraient en amont lorsqu’elles sont généralement sollicitées par des organisations non gouvernementales, pour apporter des précisions ou leurs commentaires sur certains faits, réagir à ce moment là et non garder le silence.

Eric Boniface Tchouakeu, Chef de Chaîne Radio Siantou. Conseiller éditorial et founding father de Panorama papers

De même, au-delà des démentis, et au regard de certains précédents, il faudra tout au moins promettre de diligenter des enquêtes afin de savoir si les accusations portées contre des éléments des forces de défense et de sécurité ou tout agent de l’Etat, par des organisations de défense des droits de l’homme, sont avérées ou pas. Cela commande de considérer des rapports de ces organisations comme des alertes.

En procédant ainsi, il est possible d’améliorer l’image du Cameroun dans le domaine de la protection des droits de l’homme sur la scène internationale , car il ne faut pas perdre du vue que les rapports de ces Ong ont généralement un impact dans les relations entre le Cameroun et certains de ses partenaires extérieurs de poids.

Éric Boniface Tchouakeu

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