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Afrique - 2 août 2021

Cameroun > Crise Anglophone: La victoire de l’armée est illusoire

C’est ce que le statisticien Dieudonné Essomba essaye de démontrer dans sa tribune.

« Sur le problème du Noso : les intellectuels de luxe vous trompent ! Les Owona Nguini et d’autres dogmatiques de l’Etat westphalien vous trompent en promettant la victoire militaire du Gouvernement sur la sécession et le retour des Anglophones dans l’Etat unitaire. Ce sont des gens qui ne connaissent pas le Cameroun et ne font que réciter les livres étudiés en France ! Je ne suis pas sûr que tout ce monde-là n’ait jamais passé une seule nuit dans leur village qu’ils ne visitent que furtivement, au cours d’un deuil, »

explique Dieudonné Essomba.

Le chroniqueur soutient qu’aucun intellectuel de luxe n’a visité les villages isolés du Cameroun lors d’une mission. Owona Nguini et ses semblables sont des intellectuels livresques qui n’ont vécu qu’en France, à Yaoundé et à Douala, dans les villas de luxe, les hôtels à étoiles et les campus universitaires de la Sorbonne. Ils vivent dans des nuages inspirés des énormes grimoires qu’ils ingurgitent pour paraître savants et ne comprennent absolument rien du Cameroun.

« Moi, je connais le Cameroun ! J’ai parcouru et dormi dans tous les recoins de la République dans ma carrière de Statisticien. J‘ai tout vu et je sais ce qui va se passer dans telle ou telle circonstance. Et c’est ce que je vous dis qui est la vérité ! Il n’y a pas d’autres vérités au Cameroun en dehors de ce que je vous dis ! J’ai parcouru le Sud-ouest, lors des enquêtes statistiques et l’encadrement des entreprises agroindustrielles et j‘ai vu des forêts sinistres et noires, des marais de bambous de Chine où grouillaient des crocodiles géants. J’ai été pour les mêmes raisons au Nord-Ouest, où j‘ai vu des grottes aussi lugubres que l’enfer, d’où sourdaient les hurlements de fantômes, »

s’enorgueillit Essomba.

Yaoundé est indifférent aux propositions des uns et des autres. Dieudonné Essomba dit avoir suggéré au Gouvernement de sous-traiter la sécession anglophone par une police locale, recrutée parmi la population, maitrisant l’environnement comme les sécessionnistes, intégrée dans la population comme les sécessionnistes, et qui combattrait plus efficacement les sécessionnistes, l’armée nationale venant en appui.

Cette solution exigeait évidemment l’instauration du fédéralisme que malheureusement, le régime autiste de Yaoundé n’en voulait pas.

« Et quand j’ai entendu les intellectuels pousser le Gouvernement à une guerre totale contre les séparatistes dans ces zones étranges, j’ai compris que le Cameroun était perdu. Quelle incroyable idée d’opposer dans des forêts sauvages et des montagnes escarpées une armée moderne et structurée à une guérilla séparatiste qui évolue comme un poisson dans l’eau dans un environnement humain et géographique aussi hostile ? Les techniques de la guerre classiques ne peuvent pas fonctionner dans ce cas-là ! »

Se lamente Dieudonné Essomba.

Le consultant demande aux autorités camerounaises de rejeter les conseils de ces intellectuels et d’écouter la raison en allant au fédéralisme. Le Cameroun unitaire ne gagnera pas cette guerre. Contrairement à ce que soutiennent les va-t-en-guerre, une sécession s’évalue comme un mouvement de libération et non comme une simple guerre qu’on mène aux rebelles. Son objectif n’est pas de gagner militairement, mais de rendre la présence de l’Etat économiquement supportable.

Antoine Bivana

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