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Afrique - 2 semaines ago

Cameroun > Crise Anglophone : Paul Biya induit en erreur

Dans une tribune, Dieudonné Essomba montre comment des leaders d’opinion ont intoxiqué l’autorité centrale.

« On nous parle de 1200 éléments des Forces de Défense et de Sécurité déjà tombés ! Ce ne sont pas des animaux tout de même ! Ce sont des hommes et ces hommes ont aussi un nom ! Les intellectuels qui ont poussé le Gouvernement dans cette folie ont aussi des noms : il s’agit clairement de Mathias Owona Nguini, diplômé en Sciences politiques, d’Aristide Bitouga, diplômé en Anthropologie, d’Edouard Bokagné qui a un diplôme d’histoire, de Nkolo Foé, diplômé en Philosophie, de Patrick Rifoé, diplômé en Sciences politiques, »

indique Dieudonné Essomba.

« Messieurs les Professeurs et Docteurs, où portez-vous maintenant vos regards ? Le week-end passé, l’armée camerounaise a perdu 11 militaires dans des attaques des séparatistes. Depuis là, on ne vous voit plus pontifier sur vos Etats westphaliens, vos monstres froids, vos Léviathan et autres conneries de la même espèce. Vous avez conduit le Gouvernement dans la mélasse d’une guerre sécessionniste, avec vos incitations et vos fausses analyses. Maintenant que la situation, échappe à tout contrôle, que conseillez-vous au Gouvernement ? Dites-le lui, puisqu’il a cruellement besoin de vos conseils! Vous lui demanderez de persister dans cette logique ruineuse, au motif que l’Etat du Cameroun est westphalien ? »

S’interroge Essomba.

D’après le chroniqueur, d’autres conseillers toxiques existent, même s‘ils sont moins visibles. C’est eux, cette bande de diplômés qui a intellectualisé la puissance invincible de l’Etat unitaire soi-disant westphalien et promis à l’Etat de ne faire qu’une bouchée de la sécession. Une bande de Diafoirus sans intelligence, et incapables de la moindre analyse réaliste d’une situation concrète. Dieudonné Essomba déplore le fait que des gens normaux, ayant fait des études en droit, économie, anthropologie, sociologie et histoire aient été incapables de comprendre que le problème anglophone était insoluble dans le cadre d’un Etat unitaire.

Selon Essomba, il apparaissait dès le départ que le seul moyen de combattre la sécession anglophone était de lui opposer une police locale, constituée de la même population où se recrutent les Amba Boys, maitrisant l’environnement comme eux et disposant de la même légitimité. L’armée nationale devait plutôt jouer le rôle de force de soutien à cette police, ce qui l’évitait d’apparaitre comme une force d’occupation. Il fallait être profondément malade pour espérer un seul instant que les Anglophones allaient trahir leurs enfants réfugiés en brousse et qui combattent un système unitaire dont pratiquement aucun Anglophone ne veut, en dehors de quelques têtes du Gouvernement.

« Nous sommes entrain de perdre bêtement les Anglophones. Cet entêtement de mule, cette rigidité cadavérique dans l’analyse des faits sociaux, cette pensée ossifiée, cette incapacité d’avoir les pieds sur terre nous conduit dans un abîme sans fond. Il n’y aura jamais de victoire contre sa sécession anglophone et les Anglophones ne retourneront jamais à l’Etat unitaire : il faut en prendre acte et avancer ! Car avec le temps qui ne fait que passer, même le fédéralisme qui apparaissait comme la meilleure formule pour tout le monde cessera de présenter la moindre opportunité de solution, »

signale l’économiste.

Antoine Bivana

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