LA UNE Opinion Politique panorama 28 octobre 2020 (0) (133)

Cameroun > Cvuc 17 ans après: perspectives pour sa mission républicaine

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A la veille de l’Assemblée Générale le 3 Novembre 2020, consacrée à l’élection du Bureau Exécutif National des Cvuc, face à la ferveur montante normale, d’expressions des candidatures suscitées en vue de “briguer” les postes, il nous semble indiqué, pour devoir de Mémoire, parce qu’y ayant fortement participé, de raconter l’histoire de la naissance de cette Institution, appelée à intervenir dans la vie et les activités des Communes et Villes de notre Pays.

En effet, Dieu -nous sommes croyants- Voulant, nous demeurons animés, éclairés, engagés sur la voie tracée par le Dr. Adamou Ndam Njoya, l’un des Pères Fondateurs de Cvuc, pour l’accomplissement de sa noble mission, à savoir, celle de rendre effective, l’essence de la République et de la Démocratie, affirmée dans la Constitution, en son Article premier (2) : La République du Cameroun est un État unitaire décentralisé.

A la lecture des faits, des constats déterminants :

Cvuc et la fin des pesanteurs administratives et des considerations partisanes vers la culture d’une tradition d’objectivité, de neutralité et de solidarité

Après sept années de vie des deux Associations des Magistrats Municipaux, en 2003, nous en sommes arrivés à leur fusion, avec Cvuc. L’Hymne de nos Communes qui, dans le grand élan Patriotique et du Sentiment national, avait été adopté par le Comité, a plus que jamais sa raison d’être aujourd’hui

Sur le plan politique, il est clair que les élus municipaux sont pour toutes les populations, et que les organes de l’Association des Maires doivent tenir compte de cela. C’est pour atteindre cet objectif, qu’en rédigeant les Statuts et le Règlement Intérieur de la nouvelle et unique Association Cvuc, ont été reprises et adoptées les dispositions qui étaient rejetées par les Maires majoritaires

en 1996 ; ceci en ce qui concerne la répartition des responsabilités au sein des différents organes et, cela, sans pour autant qu’il y ait eu une modification, en ce qui concerne le nombre de Maires des formations politiques. C’est la raison citoyenne républicaine qui l’a emportée.

Les dangers de balbutiements de la culture de l’intérêt général et du sentiment national plombes par la prolongation ou les réminiscences du parti unique ou État parti.

Avant le retour au multipartisme, lorsque régnait le Parti unique, ou l’État Parti, en principe, il ne devait pas y avoir de discriminations, de préjugés, car tous les acteurs tant au niveau local qu’au niveau central avec toutes les populations, étant sensés appartenir à une même famille politique et, de ce fait, devant œuvrer la main dans la main pour la même cause. Cependant, de tout temps, les différences vont naitre des coefficients personnels des animateurs, du jeu des Ego et, des penchants naturels qui sont forts dans un pays où la culture de l’intérêt général, du sentiment national reste balbutiante. Et aussi, parce que des efforts ne sont pas faits pour transcender les pesanteurs des différentes traditions communautaires maintenues et facilitées par le fait colonial qui a

empêché, pendant des années, l’accès des nationaux à des responsabilités de conception et des recherches des dépassements et du progrès qui sont nourris par la liberté. En effet, l’Institution Communale va évoluer et s’affirmer comme entité forte : dessinée quelques années avant l’Indépendance pour prendre son essor avec l’accession à la souveraineté nationale, évoluant sous la direction des autorités administratives qui, non seulement représentaient l’État, c’est à dire assuraient le rôle de Tutelle, mais aussi, avaient des responsabilités de la gestion administrative et financière. Petit à petit, le tournant sera amorcé vers l’expression de la personnalité des Communes qui, allant en s’intensifiant, va, à partir des années soixante-dix s’affirmer de plus en plus. Toutefois il faut le dire, le poids de la Tutelle demeure malgré la Décentralisation qui, malheureusement piétinant dans son effectivité, donne encore, du fait des

interprétations du Code Général de la Décentralisation à têtes chercheuses, certains pouvoirs aux Administrateurs assurant la Tutelle ; tout cela étant facilité par l’absence des mesures devant accompagner la Décentralisation qui, comme choix politique, exige des actions fortes pour doter les Communes des cadres et de conception et d’exécution, des techniciens et des financiers qui vont

entreprendre des réflexions et actions autour des acteurs du secteur privé et public, des initiatives de regroupement face aux questions de l’environnement, aux luttes contre les changements climatiques, aux initiatives culturelles, économiques, sociopolitiques…

L’urgence d’une décentralisation effective comme unique axe prioritaire et salut de Cvuc

Dix-sept années d’expérience avec le Cvuc nous permettent de nous rendre compte qu’étant sur un terrain où les problèmes quotidiens demandent des interventions urgentes, l’une des grandes priorités reste la mise à disposition de tous les moyens, aux acteurs et animateurs de la vie de l’Institution Communale. Ici, les discours ne suffisent point quand il faut avoir l’Eau Potable, quand il

faut l’Hygiène et la Salubrité, des Routes, des Voies de Communication, l’Électricité, des Écoles, autres Institutions Scolaires, de Santé qui fonctionnent, quand il faut concevoir des Plans Architecturaux, des Plans d’Urbanisme…Quand il faut prendre des mesures pour la Protection de

l’Environnement, faire vivre le Patrimoine Culturel Matériel et Immatériel comme base de Développement Durable et d’affirmation de la personnalité, de l’Industrie Touristique, quand il faut célébrer les Mariages, avec un Code Civil présentant des dispositions dépassées, ne protégeant pas les droits de la femme et de la fille ; quand il faut établir les Actes d’état Civil, dont les archives épars

se retrouvent partout : à la Sous-préfecture, au Tribunal, ailleurs dans les enceintes privées, quand il faut développer des activités culturelles sportives…Quand il faut créer une atmosphère de vie saine, sécurisante…

Face à tout cela, riche des expériences dans la gestion des affaires de la Commune, de la Ville, avec les acteurs sur le terrain, il faudrait sérieusement envisager plusieurs rencontres au-delà des élections du Bureau National, consacrées à des réflexions, en vue des recherches et actions permanentes…Pour, au regard des crises qui secouent notre pays, dont la plus sérieuse et angoissante, celle du NOSO, nous consolider plus encore dans une dynamique Grande et Positive, de la marche imperturbable vers la Décentralisation pour la participation et la mobilisation des populations, pour le Véritable Développement Local.

Nous réalisons l’importance des acteurs, des animateurs des Institutions et la nécessité d’un fond éthique fort, d’un Grand Sens du Sentiment National, de l’Intérêt Général, du Patriotisme…. Qui, animant, non seulement l’emportent, mais se doivent d’être cultivés en permanence comme éclairages continus et dynamiques de vie et d’action aussi bien des individus que des institutions.

Dans ses missions, Cvuc doit plus que jamais accompagner les Communes et des Villes dans un contexte où les pesanteurs administratives et les considérations politiques partisanes n’ont plus leurs places. Cvuc doit nous installer dans la dynamique de sa Mission Première, dictée par l’essence même des Communes, à savoir, la mobilisation citoyenne pour les objectifs communs, pour tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants, tous les jeunes, les moins jeunes, les personnes à mobilité réduite, les Déplacés, les Étudiants, les Fonctionnaires, les Commerçants, les Agriculteurs, les Médecins, les sans-emplois, les orphelins, les sans domiciles, les vulnérables……Pour l’épanouissement de chaque personne et de toute la collectivité, percevoir et analyser, dans toutes leurs diversités, les préoccupations des populations dans toute l’étendue du territoire.

Nous avons, tout au long de cet article, mis en parallèle, une Publication d’un Article du Dr Adamou Ndam Njoya, en vue du Livre d’Or à l’occasion des 40 ans du Feicom

Hon Patricia Ndam Njoya, Maire de la Commune de Foumban


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