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Cameroun > Débats entre présidentiables de l’opposition: La charrue avant les bœufs.

Depuis plusieurs jours, des réactions sont nombreuses particulièrement sur les réseaux sociaux suite à la proposition de Jean Crépin Nyamsi, un activiste de la diaspora qui se réclame de financer l’organisation d’un débat télévisé entre Maurice Kamto et Cabral Libii.

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Par Éric Tchouakeu

Depuis plusieurs jours, des réactions sont nombreuses particulièrement sur les réseaux sociaux suite à la proposition de Jean Crépin Nyamsi, un activiste de la diaspora qui se réclame de l’opposition, de financer l’organisation d’un débat télévisé entre Maurice Kamto, Leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc),par ailleurs, principal opposant politique au Président Paul Biya ,et Cabral Libii ,Président du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (Pcrn) et député à l’Assemblée Nationale.

Les deux personnalités sont selon des résultats officiels, respectivement arrivées 02ème et 03ème à la dernière élection présidentielle du 07 octobre 2018, loin devant les (06() six autres candidats de l’opposition à ce scrutin.
Maurice Kamto et Cabral Libii sont actuellement perçus par l’opinion comme de potentiels candidats à la prochaine présidentielle théoriquement prévue jusqu’en 2025.

On peut donc dès lors questionner l’opportunité d’organiser un débat entre les deux hommes maintenant, c’est-à-dire quasiment trois années avant l’échéance et non plus tard.
Il convient de relever que les débats entre candidats, adversaires directs à une élection, quelque soit le format retenu du point de vue technique, participe de l’animation du jeu démocratique dans une démocratie. Cela constitue aussi une aubaine pour les médias chargés de les diffuser notamment en termes d’audience et de prestige.

Mais jamais les journalistes, médias et citoyens n’ont eu droit à un tel privilège au Cameroun.
L’organisation des débats dans les règles de l’art, entre candidats aux élections et notamment à la présidentielle qui est le scrutin le plus important dans le pays n’est pas évidente. Un tel exercice pour être minimalement équilibré et avoir une véritable portée, requiert la participation du candidat du pouvoir.

On voit mal Paul Biya se soumettre à un cet exercice, et ce d’autant plus qu’il a remporté toutes les élections présidentielles auxquelles il s’est présenté dans sa vie sans jamais avoir eu besoin de débattre avec ses adversaires. Il aurait par ailleurs politiquement plus à perdre dans un débat que ses challengers.

Il faut également souligner qu’un autre obstacle à l’organisation des débats entre candidats à la présidentielle au Cameroun est d’ordre linguistique. Généralement, tous les candidats n’ont pas la parfaite maîtrise des deux langues officielles du pays que sont : le français et l’anglais.

Or, il serait politiquement maladroit d’organiser un débat entre des personnes ayant la prétention de diriger le Cameroun dans une seule langue, au risque de frustrer l’autre communauté linguistique de la nation.

Par ailleurs, les débats entre candidats à une élection sont organisés de façon méticuleuse, sans aucune improvisation avec une préparation rigoureuse en amont avec les équipes des candidats et les médias sur des thèmes précis.
Sous d’autres cieux, des institutions dédiées à l’organisation des débats sont même créées, des dates et lieux des débats choisis parfois bien avant de connaître les identités des futurs débatteurs.

En France, par exemple, seuls les deux candidats qualifiés au second tour de la présidentielle prennent part au débat de l’entre-deux-tours. Chaque candidat avant le vote du premier tour de l’élection sait qu’en cas de qualification au second tour, il prendra part à ce débat et les organisateurs sont conditionnés par les résultats du premier tour relativement au choix des débatteurs.

Au regard de tout cela, la proposition d’organiser un débat entre Maurice Kamto et Cabral Libii semble tirer par les cheveux et donc inutile.

Cette proposition aurait été pertinente si elle s’inscrivait par exemple dans une dynamique de l’organisation future des primaires pour choisir un candidat unique, ou entre les deux hommes, celui qui sera chargé de porter les couleurs de l’opposition à la prochaine présidentielle .On n’en est encore très éloigné au stade actuel des choses.

En tout cas, aucun opposant de la posture actuelle de Maurice Kamto au Cameroun n’a pas intérêt à participer à un débat sans la présence du candidat du pouvoir, parce qu’il a plus à perdre s’il se soumet à cet exercice avec un autre opposant, et ce surtout parce qu’il avait officiellement recueilli plus du double des suffrages obtenus par son suivant immédiat lors de la dernière présidentielle.

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