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Afrique - Médias - Société - 20 juin 2021

Cameroun > Dérives des mœurs: Qui va siffler la fin de la récréation ?

Sur la toile tourne en boucle depuis quelques jours une sextape exposant Malicka Bayemi et un homme dont le visage est caché.

Le bordel est visiblement le bureau du promoteur de la Radio sport info (Rsi) à Douala, Martin Camus Mimb. La toile explose alors que  les tenanciers de la justice sont aphones. « May day may day, ici la société camerounaise ! Qui pour nous aider? Nous sombrons au niveau des mœurs ! », peut-on ainsi résumer sous forme d’alerte le grand feuilleton sans fin né des frasques sexuels dans le bureau de Camus Mimb. Faut-il en rire ou en pleurer de cette affaire qui défraie éhontément la chronique, exposant sans scrupule la nudité et les prouesses pornographiques d’un autre genre d’une fille du cru éperdument noyée dans le vice.

Terreur et stupéfaction, sale temps pour les parents qui en se donnant jusqu’au bout le courage de regarder la sextape arrivent à la conclusion qu’en lieu et place de la jeune Malicka Bayemi, pouvait se trouver pourquoi pas leur progéniture appâtée par les prédateurs sexuels. Bien sûr, dans cette vidéo maléfique, la fille donne l’impression d’être dans son élément, une habituée ou experte, c’est selon, et tout ce qu’on voudra. Pour autant, en dépit de son âge mineur ou majeur, qu’importe, il est indiqué de se demander qui et à quels dessins a filmé et posté sur la toile un acte aussi impudique et dévergondé d’une jeune fille ?

Le coupable Wilfried Eteki a avoué l’avait fait par « erreur » car il envoyait cette vidéo à quelqu’un d’autre. L’identité de ce dernier n’est pas révélée et peut-être les différents départements ministériels en charge de la protection de l’enfance, pourront démêler les écheveaux avec le coupable. La société se rend-elle compte que si cette dérive n’est pas traitée sans la moindre faiblesse du droit en la matière, nos jeunes gens pourraient en faire un référent de conduite ?

Il y a quelques temps, toujours dans le même sens de la frénésie qui semble s’emparer de la jeunesse, un jeune du côté du Moungo s’est versé dans une insulte des plus impensables à l’endroit du président de la République et de tout le gouvernement, choqué qu’il était d’avoir appris que l’équipe gouvernementale avait détourné les 180 milliards des fonds de la riposte contre le Covid-19.

Sans vérifier l’information dans son exactitude, il a publié aussitôt une vidéo incriminant ou insultant sans vergogne toute l’équipe gouvernementale. Dans la foulée, et sans perdre du temps, il a été mis aux arrêts, jugé et condamné surtout croit-on savoir pour éduquer d’autres jeunes qui seraient tentés par la même aventure.

La diligence avec laquelle les pouvoirs publics se sont saisis du dossier était appréciable, défiant l’inertie qui caractérise habituellement l’Administration. Pour ce qui concerne cette désormais affaire Camus Mimb, Wilfried Eteki contre Malicka Bayemi, jusqu’à quand les pouvoirs publics doivent-elles attendre pour sortir de leur torpeur, de leur silence ou de leur indifférence ? Cela tombe bien !

Du moment où on célébrait le 16 juin dernier la journée internationale de l’enfant africain, n’est-il pas bien plus encore opportun de se jeter dans ce trou d’air pour s’approprier du problème ? Souvenons-nous, avec le meurtre de l’enseignant de mathématiques par son élève de la classe de 4ème  au lycée de Nkolbission, Paul Biya interpellait la société dans son ensemble, au cours de son adresse à Jeunesse le 10 février 2020, de tout faire pour que cela ne se répète plus.

Maintiennent que la sextape a fait le tour des ménages et des foyers, suscitant les débats les plus controversés, les déchirures, les passions et les émotions les plus vives, il revient à la justice du Cameroun en dernier lieu de se saisir au plus tôt de cette affaire pour départager toutes les velléités les plus partisanes sur la question, pour sauvegarder si on peut ainsi le dire, l’image de la jeunesse, son innocence souhaitée sans aucune complaisance.

Dans cette affaire, il va de soi que si Malicka qui donne dans la vidéo les airs d’une gamine précocement mature par la dimension de ses déclarations, la justice ne saurait lui accorder une once de faveur si tant il est vrai qu’elle est innocente dans ces films et images qui agitent l’opinion publique camerounaise.  

Quelques pistes d’observations  

« Il circule depuis des vidéos dans les réseaux sociaux, malheureusement une erreur de manipulation a envoyé au mauvais destinataire ces vidéos. J’ai pensé que le feu allait s’éteindre au bout de quelques jours, mais je constate que les plus grandes théories du complot sont en train de se mettre en place. Il est important de rappeler à l’attention de tous que cette jeune dame Malicka n’est pas venue faire une quelconque conspiration comme beaucoup veulent le faire croire. Quant à Malicka, je lui présente des excuses sincères. Je regrette cet épisode. Elle ne mérite pas d’être aussi lynchée parce qu’en plus d’être brillante, elle est issue d’un milieu où le respect des mœurs est capital. Je présente ici à Rsi toutes mes excuses pour les dégâts qu’ont pu créer notre mésaventure »,

lit-on du communiqué signé par Wilfried Eteki, l’ami du journaliste sportif.

Il faut dans le feu de cette sortie relever que samedi, le lanceur d’alerte Boris Bertolt avait donné un ultimatum à Martin Camus Mimb et Wilfried Eteki d’expliquer la réalité des faits sinon il balancerait tous les éléments en sa possession sur la toile. « Les explications de Camus Mimb étaient simplement idiotes.

Si après quatre jours je sors de ma réserve cela veut dire que j’ai assez d’éléments pour soutenir l’accusation  selon laquelle ce n’est pas seulement un pervers sexuel mais ce sont des gens méchants. Dans la foulée, il n’avait pas manqué de critiquer la défense du journaliste sur un plateau de télévision qui tentait de laver à sa manière son image. Peine perdu car quelques après cette sortie, le lanceur d’alerte Boris Bertolt va enfoncer le clou.

« Non seulement Eteki et Camille Mimb ont couché avec cette jeune fille mais ce sont eux qui ont publié les images et vidéos. Je suis en possession des preuves que je rendrai publiques et croyez-moi, c’est très grave. Ces gars sont très méchants. Camus Mimb doit demander pardon à cette jeune fille et à l’opinion publique et il a 48 heures »,

menaçait-il.

Quand l’affaire a éclaté au grand jour, sur la page de celle qui est présentée comme la victime aujourd’hui, sa réaction était des plus équivoques et préoccupantes.

« Une mise en scène pour me salir. Est-ce moi qui fabrique les robes à ma couleur préférée au Cameroun ? Une fille se fait filmer en vidéo pour dire que c’est moi. J’étais réellement chez mon journaliste Martin Camus Mimb mais dire que j’ai fait l’amour dans son bureau est une diffamation. Mon journaliste préféré, je suis vraiment désolé de ce qui se passe actuellement.Sûrement des personnes mal intentionnées veulent ta peau »,

lançait-elle en direction de Mimb comme elle était plus inquiète de la situation de « son journaliste » que de son propre sort.

Comme on le voit, si Wilfried Eteki s’est précipité comme l’a exigé Boris Bertolt de présenter ses excuses à la dame, rien pour l’instant n’indique une quelconque once de remord ou de honte de la part de la jeune fille.

En parcourant sa page, on lit des extraits assez saisissants et évocateurs sur la question.

« C’est grâce à une sextape avec Ray J que Kim Kim Kardashian: Hollywood est devenue célèbre et milliardaire, mais comme c’est une américaine vous avez applaudi. Mais comme c’est moi votre sœur qui fait la même chose, vous souhaitez ma mort et l’emprisonnement, vous me maudissez même. J’ai seulement le bureau hein et c’est même mon gars qui filmait. En tout cas moi je serai influenceuse dans ce pays ho ha…Parlez même comme vous voulez »,

nargue-t-elle l’opinion.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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