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Politique - 4 semaines ago

Cameroun > Désaccords Osih-Nitcheu : le Sdf en quête de stratégies consensuelles pour s’opposer au pouvoir.

Le député Jean Michel Nitcheu, élu dans la circonscription du Wouri-Est, vient de lancer sur les réseaux sociaux, notamment sur sa page facebook, le compte à rebours de la manifestation baptisée : « Marche de la paix », qu’il entend organiser le 08 janvier 2022 à Douala, veille du coup d’envoi de la 33ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football au Cameroun.

Dans la déclaration de manifestation publique adressée le 28 décembre 2021 au Sous-Préfet de l’arrondissement de Douala 3, le patron régional du Littoral du Social Democratic Front (SDF), indique que la manifestation pacifique projetée, a pour but « d’attirer l’attention de la communauté nationale sur la situation inacceptable de guerre qui perdurent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. »

A cet effet, les manifestants devront au cours de leur déploiement demander : un cessez le feu immédiat dans ces régions, puis un dialogue inclusif pour mettre un terme au conflit et en attendant, la prise en charge adéquate de tous les déplacés internes du fait de cette guerre.
Par ailleurs, le Sdf-Littoral entend utiliser la manifestation à venir pour « dénoncer la détention arbitraire et exiger la libération sans conditions des prisonniers politiques de tout bord qui croupissent actuellement dans les prisons au Cameroun. »

Sans attendre la réponse des autorités qui devrait probablement être négative pour lui au regard des précédents et contre l’avis de la hiérarchie nationale de son parti, Jean Michel Nitcheu maintient pour l’heure la manifestation.

Et pourtant, dans son message de vœux de nouvel an aux militants et Camerounais le 31 décembre 202, le 1er Vice-Président national du Sdf, le député Joshua Osih, élu dans la circonscription du Wouri-Centre, en prenant en considération la Can de football que le Cameroun doit accueillir du 09 janvier au 06 février 2022, écrit notamment :

« Nous ne pouvons pas organiser une telle fête tant que nous avons des prisonniers d’opinion dans nos geôles. C’est pourquoi nous croyons fermement qu’il est impératif que tous ces citoyens soient libérés le plus tôt possible. Dans le même ordre d’idées, notre hospitalité légendaire ne doit pas être entachée par des manifestations partisanes et nous demandons à ceux qui pensent que cet événement soit une opportunité pour la désobéissance civile de s’abstenir de telles actions jusqu’à la fin de cette fête.»

Ailleurs dans le monde et particulièrement dans des démocraties, des sommets, rencontres et autres événements internationaux d’envergure, servent souvent de prétexte de manifestations pour des protestataires qui veulent faire entendre leurs voix, ou attirer l’attention de l’opinion sur des situations qu’ils trouvent inacceptables dans le pays d’accueil ou dans l’un des pays participants.

Il convient de préciser que Joshua Osih et Jean Michel Nitcheu, deux barons, ne sont pas à leur premier désaccords ouverts et profond concernant les stratégies de lutte politique du Sdf qui a été pendant près de trois décennies (de 1990 à 2018), le principal parti d’opposition au Cameroun.
Le 18 mars 2021, le Comité Exécutif régional du Littoral où il a sa base militante, a exclu le 01er Vice-Président National des rangs du parti, avant que cette décision ne soit invalidée par les instances nationales du Sdf.

Il était alors reproché à Joshua Osih d’avoir notamment signé quelques jours plus tôt en compagnie d’une centaine d’autres députés essentiellement issus des rangs du parti au pouvoir, une déclaration adressée au Président des Etats-Unis.
C’était en réponse à une démarche similaire des membres du Congrès qui avaient écrit à leur Président pour globalement décrier l’aggravation de la situation dans les régions anglophones et l’état des droits de l’homme au Cameroun.

La déclaration des parlementaires Camerounais, proche des positions du gouvernement sur ces sujets, dénonçait celle de leurs homologues américains. Ce qui n’est pas du goût du Sdf qui avait publiquement désavoué Osih.

Mais le parti n’est pas encore parvenu jusqu’à présent à définir une nouvelle manière de s’opposer au régime qui fasse consensus dans ses rangs depuis ses cuisantes défaites à l’élection présidentielle de 2018 et aux législatives et municipales qui ont suivi en 2020.

Éric Boniface Tchoukeu, Journaliste éditorialiste. Chef de Chaîne Radio Siantou. Conseiller Editorial et founding father panorama papers

Or c’est le nœud des désaccords répétés entre les courants Osih et Nitcheu, bien plus qu’une bataille de positionnement entre les deux(02), dans la perspective de la succession de John Fru Ndi.

Le charismatique « Chaiman » du Sdf âgé de 80 ans et à la tête de l’organisation depuis sa création le 26 mai 1990, a annoncé il y a presqu’un an, qu’il allait bientôt prendre sa retraite politique.

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