Afrique LA UNE Société panorama 27 avril 2020 (0) (547)

Cameroun > Détention abusive: Sébastien Ebala toujours séquestré au Sed

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C’est une fois de plus et une fois de trop, une autre violation grave des droits de l’Homme, que fait preuve le régime de Yaoundé. Après avoir arrêté et copieusement bastonné Sébastien Ebala -en marge des droits réservés à un accusé- avant de le jeter en cellule, les sbires du pouvoir de Yaoundé ne pensent pas avoir déjà atteint le summum de leur satiété de tortures. Puisque selon les informations de source sûre, l’enquête préliminaire dans le cadre de cette affaire est menée sous le contrôle et la direction du Commissaire du gouvernement (équivalent du procureur de la République devant le tribunal militaire), devant lequel il a été présenté le 23 avril dernier. Sauf qu’après son audition, l’enquête a été renvoyée au Sed où il est le seul à être en garde à vue, pour complément d’enquête. Les deux autres personnes interpellées dans le cadre de cette affaire, à savoir Paul Désir Biya et Tchebo ont été exfiltrées pour des raisons qui ne sont pas encore connues et n’ont donc pas été présentées au Commissaire du gouvernement.

Cette mascarade serait-elle donc qualifiée d’« affaire Ebala » ? Puisqu’elle apparaît comme un procès contre la liberté d’expression et de manifestation au Cameroun. Une fois encore, le Tribunal militaire incompétent pour juger les civils est sollicité pour servir de bras séculier à la « dictature » au Cameroun. Car les procédures devant le Tribunal militaire sont engagées sous l’impulsion, la direction, et le contrôle du président de la République. Il peut à tout moment, donner à la procédure, l’orientation qui lui convient. Le ministre délégué en charge de la défense, est celui qui porte la voix du président dans ces procédures. Et suivant cette procédure, la garde à vue ainsi ordonnée par le Commissaire du gouvernement ne doit normalement pas excéder 10 jours, en attendant l’ordre de poursuite délivré par le ministre délégué en charge de la Défense, lequel peut exceptionnellement autoriser la prorogation de ce délai d’une autre période supplémentaire de 10 jours. Aujourd’hui, cela va faire exactement 10 jours que le célèbre homme des directs sur la page Médiatik sur Facebook et Youtube, est sevré de ses followers.

Arsenal militaire

Faut-il le rappeler, c’est le 17 avril dernier que Sébastien Ebala a été arrêté par des éléments de la Sécurité militaire (Semil) suite à un appel de mobilisation par lui lancé, pour une manifestation pacifique au niveau de la Poste centrale de Yaoundé. Manifestation qui devait avoir lieu le 18 avril 2020. Alors que son appel était destiné à ses « chers internautes », ce sont plutôt les forces de défense et de sécurité qui ont répondu présents ; Avec une forte escouade de policiers, de gendarmes et de militaires, et un arsenal militaire impressionnant, ces hommes en tenue ont envahi toute la poste centrale pendant deux jours (18 avril et 19 avril 2020) alors que Sébastien Ebala était déjà aux arrêts un jour avant (le 17 avril 2020) et qu’aucun citoyen n’est descendu dans la rue pour ladite « manifestation ». C’est donc rocambolesque le fait de le maintenir en détention alors qu’il n’y a aucun élément matériel qui prouve qu’il voulait « déstabiliser » ou « porter atteinte » à la sûreté de l’Etat. De toutes les façons, son arrestation abusive pourrait donc conforter l’information obtenue de première main selon laquelle, les sbires du régime de Yaoundé usent toute sorte de manœuvre (chantages et tortures) pour tenter de convaincre et/ou d’obliger Sébastien Ebala, à déclarer qu’il agissait sur les ordres du Pr Maurice Kamto. Mais l’orateur de « chers internautes » bien qu’ayant une forte admiration pour le professeur agrégé en droit public, n’a jamais obéit aux ordres de ce dernier. A quand donc la fin de ce cirque ?


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