Opinion Société panorama 30 octobre 2020 (0) (118)

Cameroun > Deuil national: Octobre de nos malheurs

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En 4 ans seulement, le Cameroun a enregistré des catastrophes naturelles et humaines suscitant l’émoi de tous.

Et toutes ces tragédies qui ont entraîné la mort tragique de nombreux camerounais se sont produites au mois d’octobre. Notamment le 21 octobre 2016 pour la Catastrophe d’Eséka, le 29 octobre 2019 pour le drame de Gouache et tout récemment, le 24 octobre 2020, le carnage de Kumba.

A côté du célèbre concept « octobre rose », qui est le mois consacré à la lutte contre le cancer, ne devrait-on pas déjà penser à avoir un « octobre noir » au Cameroun pour rendre hommage à tous ces compatriotes qui ont péri fatalement pendant ce mois ? De nombreux camerounais, hommes, femmes et enfants, ont perdu la vie ces quatre dernières années dans des circonstances qui suscitent de la consternation.

Partant de la catastrophe d’Eséka, jusqu’à la boucherie humaine de Kumba en passant par le drame de Gouache, trop de sang a déjà coulé et de nombreuses vies perdues. Au cas par cas, la disparition massive et brutale des victimes n’a laissé aucun camerounais insensible. L’on a encore en mémoire la date du 21 octobre 2016. Le jour où le pays a enregistré l’accident ferroviaire le plus mortel.

Le déraillement du train survenu à 13h30 près de la gare d’Eséka sur la ligne reliant Douala à Yaoundé, n’a laissé personne indifférent. Puisque le train avait été doublé (seize voitures au lieu de neuf habituellement), l’accident a fait 79 morts et 551 blessés. Même si ce bilan officiel dressé par le gouvernement est largement contesté et sous-estimé par l’opinion au regard de la gravité de l’accident et des effectifs pléthoriques de passagers enregistrés au départ du train de Yaoundé, les camerounais étaient tous sous le choc.

Bien que le président de la République Paul Biya n’avait pas décrété une journée de deuil national en hommage à ces âmes brutalement arrachées à la vie, les camerounais dans leur grande majorité ont pleuré ces frères, sœurs, mères et pères qui sont morts si tragiquement. Alors que chacun apprenait déjà à s’y faire et à oublier cet épisode sombre de la vie de la nation, dans la nuit du 28 au 29 octobre 2019, soit 3 ans plus tard, une autre catastrophe a violemment frappé le pays. C’était au quartier Gouache, dans la ville de Bafoussam, région de l’Ouest.

Carnage de Kumba

A la suite d’une pluie torrentielle qui s’est abattue dans cette ville, 43 personnes ont perdu la vie lors d’un glissement de terrain. Le drame a replongé les citoyens du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, dans le chagrin, la tristesse, la mélancolie. Beaucoup se demandaient si ce ne sont pas les signes de la fin du monde. Le choc était tellement lourd que le chef de l’Etat a décidé de décréter le 09 novembre 2020, journée de deuil national. Un an plus tard, notamment demain, 31 octobre 2020, les drapeaux du vert-rouge-jaune seront encore en berne sur l’ensemble du territoire national.

Rostand Tchami, Journaliste. Chef service Société, Panorama papers

Pour cause, les camerounais vont faire le deuil des 7 enfants qui ont été froidement assassinés le 24 octobre dernier à Kumba, région du Sud-ouest par des individus non encore identifiés. A l’occasion, ils profiteront pour élever des prières à l’effet de demander au seigneur d’accorder un prompt rétablissement aux 14 enfants qui ont été grièvement blessés lors de ce carnage. C’est tout dire, depuis 2016, le mois d’octobre est, si on peut le dire ainsi, le mois de tous les dangers. A cette allure, octobre 2021 doit certainement rendre inquiet plus d’un.

Rostand TCHAMI


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