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Cameroun > Diplomatie: Ces ambassadeurs américains qui ont donné les insomnies au pouvoir de Yaoundé

Par panorama
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par Yves Junior Ngangue

A quelques exceptions près, les  chefs de mission diplomatique des États-Unis mutés au Cameroun ont presque toujours la particularité d’avoir un caractère trempé et surtout la langue bien pendue. Contrairement à leurs autres collègues, ils ne s’encombrent pas des circonvolutions du langage diplomatique, lorsqu’il s’agit d’aborder les questions de respect des droits de l’homme, de démocratie, de bonne gouvernance et parfois même d’alternance au sommet de l’État du Cameroun. 

Quatre d’entre eux  l’ont   fait avec une désinvolture qui heurtait de tout temps,  la sensibilité des thuriféraires du régime.

Frances D  Cook (1989-1992)

Elle était passée par le Zaïre de Mobutu où la diplomate avait été déclarée persona non grata, par le maréchal,  avant d’être mutée à Yaoundé. Au Cameroun, Frances D Cook était clairement soupçonnée par le régime de rouler pour l’opposition. Son nom restera étroitement lié aux premières élections pluralistes organisées dans le pays en octobre 1992 et remportées officieusement par l’opposant Ni John Fru Ndi, candidat de la coalition à ce scrutin.

Niels Marquardt  (2004-2007)

Son passage à Yaoundé coïncida avec le lancement de l’opération épervier. Réputé avoir fourni des tuyaux à Paul Biya sur certains dignitaires de son régime, ce diplomate muté après Yaoundé à Antananarivo fut à l’origine de la chute de Marc Ravamalomanana dans la grande île. Considéré comme un expert des questions d’intelligence, on le dit apparenté à la célèbre agence de renseignements américains la Cia.

Janet Elizabeth Garvet (2007-2010)

La presque totalité des câbles diplomatiques sur le Cameroun révélés par Wikileaks portent la signature de Janet Elizabeth Garvet. Au sujet de la marche des affaires de l’État voire sur  la succession de Paul Biya;  cette diplomate madrée a soigneusement  récolté les confidences de plusieurs dignitaires du régime, en commençant par le premier d’entre eux.

Peter Henry Barlerin (2017-2020)

Quand il quittait  le Cameroun, Peter Henry Barlerin était  traité de tous les noms d’oiseaux par une certaine presse, à la solde du régime. The demon, comme le surnomment ces confrères, fut  accusé d’avoir donné des milliards aux opposants pendant la dernière élection présidentielle d’octobre 2018. Mais surtout, de s’être officiellement prononcé sur la candidature de Paul Biya, en l’invitant clairement à passer le témoin, pour entrer dans l’histoire.  En visite au Cameroun, il avait accompagné l’ancien  sous-secrétaire d’État américain en charge des questions africaines Tibor Nagy,  venu pensent les observateurs, narguer le dirigeant camerounais,  en lui offrant en guise de présent,  un tableau où le locataire du palais d’Etoudi en voyage à Washington,  posait avec  des ex Présidents américains Reagan et Bush, aujourd’hui décédés.  A la sortie de cette audience, M. Nagy avait d’ailleurs relevé , après avoir visiblement été approché par le Dcc Mvondo Ayolo, que Peter Henry Barlerin était l’un des meilleurs ambassadeurs américains dans le monde.

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