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Afrique - 11 avril 2021

Cameroun > Diplomatie parlementaire: Jean Michel Nintcheu se désolidarise de la lettre écrite à Anthony Blinken

La lettre écrite par les députés de l’Assemblée nationale au Secrétaire d’Etat américain dont la copie qui nous est parvenue n’est pas datée, encore moins signée, suscite une vive protestation du patron du Sdf dans le Littoral.  

« Je me désolidarise totalement et sans réserve de cette déchetterie pitoyable pompeusement intitulée « Lettre au Secrétaire d’Etat américain », et dont les auteurs n’ont même eu le courage encore moins la décence de mentionner leurs noms en bas de page »,

réagit Jean Michel Nintcheu, patron du Sdf dans le Littoral vivement courroucé par cette lettre ouverte des députés au Secrétaire d’Etat américain sur la crise anglophone au Cameroun.

Le papier porte l’en-tête de l’Assemblée nationale, et ne porte aucune signature au nom des députés de l’Assemblée. «Nous, les députés de l’Assemblée nationale du Cameroun, en référence à la lettre ouverte du 6 avril 2021 adressée à votre auguste institution sur la crise anglophone par un collectif d’organisations basées aux Etats-Unis d’Amérique, savoir, Cameroon humanitarian initiative, Coalition for dialogue and négociations; Consortium of Ethiopian Human right organizations, Juventudes X Lapas, Neustra agenda/Our dialogue, Presbytérian Church Usa, Refugee council Australia, Sam Soya Center for democracy and human right, the Global campaign for peace and justice in  Cameroon, Torture abolition and survivors support coalition international (Tasssc international) et le World council of churches,   

« voudrions apporter des informations complémentaires et des clarifications sur la situation qui prévaut dans les régions anglophones du Cameroun, et réfuter les inexactitudes et contre-vérités contenues dans la lettre ouverte susmentionnée ».

La suite de cette lettre est une description des différentes initiatives prises par le gouvernement pour juguler cette crise.

En parcourant la lettre on comprend que l’Assemblée nationale et le gouvernement convergent les points de vue sur la gestion de la crise anglophone. La conviction est grande que dans le sillage de la première lettre écrite au parlement américain par une frange des députés suivi d’un tollé surtout dans les rangs du Sdf né du fait que Joshua Osih avait osé apposé sa signature au bas de cette lettre, voici maintenant une réplique grandeur nature de presque toute l’Assemblée nationale qui vient de récidiver, un peu comme pour laver l’affront que subit Joshua Osih dans sa base du Littoral.

On sait que le 8 (2) lui a été appliqué dans cette région où il est député tout simplement parce qu’il avait signé une telle lettre et s’était de ce fait auto exclu.  Maintenant que l’Assemblée nationale joue dans le sens de Joshua Osih, que faut-il en attendre ? A Douala, on crie au scandale.

« Avaient-ils besoin de remuer encore le couteau dans la plaie ? Ce qui est marrant pour eux est qu’ils citent le nombre d’organisations de la société civile qui ont écrit au département d’Etat américain à propose de la crise anglophone. Pourtant plusieurs Camerounais n’étaient pas au courant de ce nombre et de leurs dénominations. Effet boomerang garanti »,

clame un militant Sdf du Littoral, visiblement désabusé par cette nouvelle lettre adressée aux autorités américaines.

A ce rythme, on est en droit de se demander si la succession au Chairman ne se jouera pas aussi dans les dédales de l’Assemblée nationale.

La diaspora aux Usa, le nœud gordien dans la crise

  « Cette diaspora camerounaise continue à exercer des pressions à travers les processus décisionnels démocratiques de votre pays afin de nuire à l’image du Cameroun et de contrarier l’action menée par nos dirigeants pour le retour à la paix et au développement de notre pays », rappellent les députés aux autorités américaines comme pour mettre en exergue leur rôle nocif dans a crise anglophone. Et ce n’est pas nouveau, car le régime a toujours indiqué que sa diaspora aux Etats-Unis, qui le plus souvent, a la nationalité américaine, était constituée des plus grands financiers de la crise dans les régions troublées du pays. Washington consentira-il un jour à sanctionner cette diaspora ou à la mettre à la disposition de Yaoundé ? Difficile de répondre, difficile de l’envisager, car là aussi est l’enjeu de cette lettre. Le régime à travers sa représentation nationale fait savoir aux autorités américaines que le gouvernement a joué sa partition, toute sa partition pour un retour à la paix, mais il reste que la source du mal, à bien examiner cette lettre, est à l’extérieur dans les pays amis qui encadrent cette diaspora qui finance la guerre ou plus. « Nous continuons à solliciter l’appui et la collaboration des pays amis afin d’enrayer  les activités de certains membres de la diaspora camerounaise  qui cherchent à déstabiliser notre système politique à travers la désinformation, tels la violence, les attaques armées, les enlèvements avec demande de rançons, la terreur et le crime transnational »,

lit-on de la lettre de cinq pages comme reproches au sujet de l’action de la diaspora camerounaise, précisément aux Etats-Unis, devine-t-on.

Léopold DASSI NDJDJOU

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