Par Sandra Embollo
Le divorce est désormais consommé entre le Mrc et Laure Noutchang. Le Directoire du parti a entériné, mardi 11 août 2026, son exclusion définitive ainsi que celle d’Abraham Toukam, selon une communication rendue publique ce mercredi par Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint et secrétaire national à la communication par intérim.
Selon le communiqué, le Directoire a approuvé les décisions prises précédemment par le Comité national de médiation et d’arbitrage : la décision n°002/2026 du 22 juillet concernant Abraham Toukam et la décision n°003/2026 du 5 août concernant Georgette Laure Kamegne épouse Noutchang.
Les griefs retenus contre les deux militants sont particulièrement lourds. La direction du Mrc évoque un « acte de trahison », un « refus manifeste de se conformer à la ligne politique et à la discipline du parti », une « violation manifeste et répétée des textes du parti », ainsi qu’une « insubordination manifeste » et un « manque de loyauté répété envers les instances dirigeantes du parti ».
La décision marque une nouvelle étape dans les fortes tensions internes qui secouent le Mrc. Laure Noutchang s’était retrouvée ces derniers mois en conflit ouvert avec la direction du parti et faisait partie des militants ayant engagé une bataille judiciaire contre le Mrc et ses dirigeants. Des publications récentes relatives à cette procédure font notamment état du contentieux opposant Laure Noutchang, Willy Mengue et Sébastien Mbala Wouria II au parti.
Laure Noutchang a elle-même largement exposé sur les médias sociaux ses différends avec son ancienne formation politique. Cette rupture intervient dans une période de profondes recompositions au sein du MRC, après les turbulences politiques et judiciaires qui ont marqué le parti autour de Maurice Kamto.
Le Mrc dispose d’un mécanisme interne de médiation et d’arbitrage chargé notamment de traiter les différends et les questions disciplinaires. Dans le cas de Laure Noutchang et Abraham Toukam, les exclusions avaient donc été prononcées séparément avant d’être soumises au Directoire, qui vient de les approuver.
La décision du 11 août ferme ainsi, sur le plan disciplinaire interne, la porte du MRC aux deux militants. Elle ne met cependant pas nécessairement un terme aux contentieux judiciaires opposant certains anciens ou actuels cadres du parti à sa direction, plusieurs procédures ayant accompagné la crise interne ces derniers mois.
