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Afrique - Afrique - 3 semaines ago

Cameroun / Dossier Opération épervier 20 ans après > Recouvrement des fonds détournés: C’est le bilan qui manque le plus

Deux décennies après le lancement de l’opération, difficile de savoir ce qui est rentré dans les caisses du Trésor public.

Par Joseph OLINGA N.

Les années passent, le discours sur la lutte contre les détournements des deniers publics restent constant, mais les résultats attendus tardent à arriver. Certes de nombreuses personnes ont été interpellées depuis le lancement officiel de l’Opération épervier. De nombreuses audiences, les unes plus médiatisées que les autres s’en sont suivies.

Ministère en charge du contrôle supérieur de l’Etat (Consupe), Commission national anti-corruption (Conac), Agence nationale d’investigation financière (Anif), Cour des comptes…les institutions et organes de lutte et recouvrements des biens volés se sont multipliés, mais difficile de savoir, plus de vingt ans après ce que les caisses du Trésor public ont reçus de cette chasse aux milliards détournés qui se multiplient à l’exponentiel.
Solliciter des chiffres relatifs aux différentes initiatives de recouvrement des fonds liés aux détournements des deniers publics n’est pas une sinécure.

Se retrouver dans cet exercice résulte souvent à la longue énonciation des stratégies mises en place. Généralement, seule l’énumération des personnes interpellées fait office de réponse. A sein de la Conac, c’est le rapport 2016 qui fait foi. Un document qui met en exergue une quarantaine de décisions rendues par le Conseil de discipline budgétaire et financière du contrôle supérieur de l’Etat. Des décisions qui auraient permis le retour de 12 milliards de Francs Cfa dans les caisses du Trésor public.

Maigre moisson

Un montant bien en dessous des chiffres invoqués par les différentes en charge de l’évaluation des préjudices causés par les prévaricateurs de la fortune publique. L’Agence nationale d’investigation financière indique avoir enregistré 474 flux financiers illégaux au cours de sa traque. L’investigation menée par l’Anif révèle que les 474 transactions indiquées correspondent à près de 95 milliards de Francs Cfa. Pour sa part, la Commission nationale anti-corruption affirme avoir favorisé le prononcé de 25 décisions au Tribunal criminel spécial. «Cinq procès ont donné lieu à la confiscation des comptes saisis pour un préjudice financier estimé à 79 milliards 209 millions de Francs Cfa.»

A l’exercice de la calculette, le chapelet de faits d’arme invoqué par la Conac laisse déduire que les débiteurs sanctionnés par la Cour suprême ont reversé 75 millions 382 et 644 Francs Cfa dans les caisses du Trésor public. Dans le même temps, le président de la Conac, le pasteur Dieudonné Massi Gams soulignait en 2016 que «La Cour suprême a reconnu qu’il soit reversé respectivement à l’Etat du Cameroun et à la Beac les sommes de 23 milliards 012 millions et 964 991 Francs Cfa et 26 milliards 402 millions et 153 257 Francs Cfa à titre de dommages-intérêts

Les victoires invoquées par les institutions et autres organes en charge de la lutte contre les détournements de deniers publics entendent, certes, souligner la multiplication des initiatives visant à combattre la pandémie financière camerounaise, mais elles illustrent aussi la capacité réelle de la kyrielle qu’elles constituent à recouvrer les fonds polémiqués. Au moment où le Conseil supérieur de l’Etat, la Conac, l’Anif, la Cour des comptes et le Tribunal criminel spécial entendent donner des gages, l’opinion interroge leur efficacité.

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