Afrique Politique panorama 26 octobre 2020 (0) (112)

Cameroun > Drame de Kumba: Des leaders politiques haussent le ton

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Depuis la survenue du drame de Kumba le week-end dernier, la classe politique camerounaise et les entrepreneurs de la société civile s’indignent et condamnent, sans ambages, l’acte crapuleux d’assassinat des six enfants. Synthèse des déclarations publiques des leaders et acteurs sociopolitiques

Les scribes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) ont déjà identifié et criblé de balles ceux qui ont commis l’acte crapuleux de Kumba. Jacques Fame Ndongo les qualifie de “terroristes sans conscience”, qui répondront de leurs actes sanguinaires aujourd’hui, demain et après demain”. Pour le secrétaire national à la communication du comité central du Rdpc,

l’histoire retiendra que ces illuminés moyenâgeux ont voulu assassiner le Cameroun; ils ont plutôt tué leurs desseins macabres et rétrogrades. Leur combat est voué à l’échec, la nation est mobilisée contre ces sadiques sanguinaires”,

conclut J.Fame Ndongo.

Tout en condamnant cet acte barbare de Kumba, Bello Bouba Maigari pense qu’en ces moments de douleurs et d’interrogation, nous nous rappelons et nous approprions les paroles de Rabin Yitzhak selon lesquelles:

il faut combattre le terrorisme comme s’il n’y avait pas de négociation et négocier comme s’il n’y avait pas de terrorisme. Le président national de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès partage la douleur des familles éprouvées et déplore la disparition gratuite et insensée de ces enfants en zone de conflits qui sont, tous, plus que nous tous, les pupilles de la nation.

Cabral Libii Li Ngué Ngué, président national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), interpelle le chef de l’Etat, commandant des forces armées camerounaises et lui demande d’appliquer l’article 9 de la Constitution camerounaise contre les terroristes qui assassinent la progéniture scolaire. En rappel, cet article 9 postule que le président de la république peut, lorsque les circonstances l’exigent, proclamer, par décret, l’État d’urgence, qui lui confère des pouvoirs spéciaux dans les conditions fixées par la loi.

Six enfants ont été massacrés et une dizaine de blessés dans l’attaque d’une école à Kumba. C’est une horreur absolue, clame Maurice Kamto. Pour le président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), sa peine est sans borne et condamne cet acte odieux avec la dernière énergie. Combien de morts faut-il encore pour qu’une solution politique ramène la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, s’interroge le leader national du Mrc.

Au-delà de cette question cruciale, Cyrille Sam Mbaka fait un constat selon lequel le crime survenu à Kumba a pour enjeu de créer la sidération. Ces enfants, qui sont aussi les nôtres, explique l’ancien 1er vice-président national de l’Union démocratique du Cameroun (Udc), ont été aussi visés pour créer la sidération dans l’opinion publique. L’homme politique relève, en outre, que cette tuerie est inqualifiable, car elle vise l’avenir de ce pays. Et c’est le Cameroun qui est frappé au cœur.

Au-delà de Kumba, remarque l’honorable Jean-Michel Nintcheu, c’est notre pays tout entier qui vient d’être frappé par un acte d’une barbarie épouvantable contre la Mother Francisca international academy (Mofriba), une école qui représente un des biens les plus précieux de la république: l’éducation.

Le député Sdf du Wouri-Est ne manque pas, lui aussi, de se poser une question fondamentale: comment une telle abomination a-t-elle pu se produire en plein centre ville de Kumba alors que le régime de Yaoundé a, depuis près d’un mois, donné des assurances que la sécurité allait être garantie pour le retour des élèves à l’école dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest? Pour J.-M. Nintcheu, à cause de ce seul manquement, qui a, de facto, transformé les élèves en boucliers humains, la responsabilité du régime en place est, formellement, établie.

Au regard du caractère insoutenable et impardonnable des images des enfants, Maximilienne Ngo Mbe exige une enquête impartiale, indépendante et internationale aux fins d’établir des faits dans les zones anglophones. Aussi la directrice exécutive du Réseau de défense des droits humains en Afrique centrale(Redhac) mentionne-t-elle qu’aucune revendication ne peut justifier les actes barbares tels que les assassinats de femmes, des enfants et des bébés. M. Ngo Mbe propose comme piste de solution la mise en place d’une commission Vérité-Justice-Réconciliation.

Mais avant d’y parvenir, Alice Sadio exige l’imposition d’un temps mort. Selon l’ancienne présidente nationale de l’Alliance des forces progressistes (Afp), il est urgent d’additionner les voix pour appeler, tous comme un seul homme, à la fin de l’horreur. Le dessein consiste, au demeurant, à

débusquer tous les coupables directs et indirects et à contribuer à installer un processus de fin de la “sale guerre” qui n’aurait jamais dû commencer”,

conclut A. Sadio,

Serge Aimé Bikoi


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